Après l'invasion de l'Ukraine, Kinross Gold n'a eu d'autre choix que de revendre ses actifs russes. Cette décision a une énorme incidence sur le plan opérationnel, car la mine souterraine de Kupol a produit près d'un demi-million d'onces troy d'or en 2021. Le groupe l'a cédée, ainsi que son projet prometteur Udinsk, lequel devait entrer en production en 2026, à Highland Gold Mining Group, l'un des plus grands exploitants miniers aurifères russes, pour 680 millions de dollars; 400 millions pour Kupol et 280 millions pour Udinsk, payables par tranches, dont la dernière fin 2025 pour Kupol et, pire, fin 2027 pour Udinsk. Bref, une vente à des conditions qui sont loin d'être idéales, d'autant que Highland Gold entretient un lien étroit avec la banque russe...

Après l'invasion de l'Ukraine, Kinross Gold n'a eu d'autre choix que de revendre ses actifs russes. Cette décision a une énorme incidence sur le plan opérationnel, car la mine souterraine de Kupol a produit près d'un demi-million d'onces troy d'or en 2021. Le groupe l'a cédée, ainsi que son projet prometteur Udinsk, lequel devait entrer en production en 2026, à Highland Gold Mining Group, l'un des plus grands exploitants miniers aurifères russes, pour 680 millions de dollars; 400 millions pour Kupol et 280 millions pour Udinsk, payables par tranches, dont la dernière fin 2025 pour Kupol et, pire, fin 2027 pour Udinsk. Bref, une vente à des conditions qui sont loin d'être idéales, d'autant que Highland Gold entretient un lien étroit avec la banque russe VTB, à l'encontre de laquelle l'Occident a pris des mesures. Kinross a par ailleurs vendu sa participation dans Chirano (90%), au Ghana, à Asante Gold pour 225 millions de dollars. En 2021, les mines du groupe ont produit 2,07 millions d'onces troy. Une forte progression était prévue pour cette année, avec le retour à la pleine production, à 600.000 onces troy, de Tasiast, en Mauritanie; en raison de l'incendie survenu l'an passé dans l'usine de traitement, seules 170.000 onces troy en avaient été extraites. Pour l'heure, Tasiast traite 21.000 tonnes de minerai par jour; en 2023, ce sera 24.000 tonnes, et les teneurs en minerai seront plus élevées. Au 1er trimestre de 2022, le groupe a produit quelque 506.000 onces troy (sans les actifs russes: 410.000 onces, ou 6% de moins qu'à la même période un an plus tôt). Le chiffre d'affaires (CA) est resté stable en glissement annuel (768 millions de dollars en 2021) grâce à la hausse du prix de l'or. Avec près de 134.000 onces troy, Tasiast a produit plus que jamais. La construction d'une centrale solaire y a démarré, qui devrait être terminée en 2023. La facture d'énergie de la mine diminuera alors considérablement. L'activité a repris à La Coipa, au Chili. La mine atteindra sa vitesse de croisière cet été. Elle devrait produire 250.000 onces troy d'or par an à un coût inférieur à 600 dollars. Au 1er trimestre, le coût de production moyen s'est élevé à 1.245 dollars; c'est 18% de plus qu'un an auparavant, parce que les prix de l'énergie et de l'acier, et les dépenses de personnel ont augmenté. En 2022, il devrait passer à 1.125 dollars, un peu plus que l'année dernière. A l'avenir, une bonne part de la croissance proviendra du projet Dixie, dont le groupe a hérité en rachetant Great Bear Resources l'an passé. La mine devrait, à terme, produire pas moins de 400.000 onces troy d'or par an. Parmi les autres projets en cours de développement, il y a Lobo Marte, au Chili, et Manh Choh, en Alaska. Kinross disposait de 454 millions de dollars en numéraire à l'issue du 1er trimestre. Produit de la cession des actifs russes non pris en compte, l'ensemble de ses liquidités disponibles se montait à 1,7 milliard de dollars. Le groupe verse un dividende trimestriel de 0,03 dollar et rachètera pour 300 millions de dollars de ses actions cette année.Kinross en souffre dans un premier temps, mais son retrait de Russie se révélera une bénédiction à terme : son action devrait se défaire de son éternelle décote due au risque politique - elle s'échange à moins de 0,9 fois sa valeur comptable et le rapport entre la valeur de l'entreprise et le bénéfice d'exploitation est d'à peine 3,5. Pour l'heure, le plus grand risque, pour les investisseurs, est qu'un repreneur opportuniste se manifeste. Conseil: acheterRisque: élevéRating: 1CCours: 4,03 dollarsTicker: KGC USCode ISIN: CA4969024047Marché: New York Stock ExchangeCapit. boursière: 5,3 milliards USD C/B 2021: 25C/B attendu 2022: 10Perf. cours sur 12 mois: -47%Perf. cours depuis le 01/01: -28%Rendement du dividende: 2,9%