Le géant du secteur du luxe qu'est Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH) continue de présenter d'excellents chiffres de croissance. La réaction du marché, elle, a changé. Le trimestre dernier, le cours de l'action avoisinait encore le record atteint en mai, mais il ne l'a pas battu, en dépit des résultats impressionnants. Le marché demeure inquiet. La guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine, et la forte baisse qui en résulte sur les marchés d'actions chinois, lui font craindre que les consommateurs chinois aisés se détournent du secteur du luxe. De surcroît, le directeur financier (CFO), Jean-Jacques Guiony, a confirmé que les autorités chinoises soumettent à des contrôles frontaliers les voyageurs quittant la Chine.
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Le géant du secteur du luxe qu'est Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH) continue de présenter d'excellents chiffres de croissance. La réaction du marché, elle, a changé. Le trimestre dernier, le cours de l'action avoisinait encore le record atteint en mai, mais il ne l'a pas battu, en dépit des résultats impressionnants. Le marché demeure inquiet. La guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine, et la forte baisse qui en résulte sur les marchés d'actions chinois, lui font craindre que les consommateurs chinois aisés se détournent du secteur du luxe. De surcroît, le directeur financier (CFO), Jean-Jacques Guiony, a confirmé que les autorités chinoises soumettent à des contrôles frontaliers les voyageurs quittant la Chine. Durant les neuf premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires (CA) de LVMH a gagné 10%, à 33,13 milliards d'euros. La croissance organique (qui exclut les rachats ou désinvestissements) est plus élevée encore, à 11%. Le troisième trimestre n'est pas en reste, avec un CA en hausse de 10%. Au regard de cette croissance, un CA de 50 milliards d'euros en 2020 est donc envisageable, alors qu'il s'établissait à 20 milliards en 2010. Le CA organique a crû de 10% lors du troisième trimestre, conformément aux attentes des analystes. Les chiffres du troisième trimestre n'incluaient en réalité aucun bénéfice. Les bénéfices, justement, avaient explosé lors du premier semestre: le bénéfice d'exploitation (Ebit) s'est hissé à 4,65 milliards d'euros (+28%). Les analystes et investisseurs continuent de se focaliser sur le pôle Mode et maroquinerie, le plus grand et le plus rentable du groupe, qui a une nouvelle fois surpris agréablement avec une croissance organique du CA de 14% (consensus:+12%). Ce pôle est un pilier de la maison LVMH. Il a contribué à hauteur de 39,4% à son CA global pendant les neuf premiers mois de l'année, et de 60% au bénéfice opérationnel récurrent (Rebit) lors du premier semestre grâce à un bénéfice de 2,77 milliards d'euros (+27%). S'agissant du Rebit, le pôle Vins et spiritueux est le deuxième du groupe. Comme lors du premier semestre, la croissance organique s'est établie à 7%. Si les ventes de champagne n'ont pas augmenté, celles de cognac Hennessy se sont appréciées (+4%). Le pôle Distribution sélective regroupe, outre les magasins Sephora, le groupe DFS (la plus grande chaîne de magasins de luxe au monde destinée aux voyageurs). En raison de l'arrêt de la concession de l'aéroport de Hong Kong, ce pôle n'a vu le CA gagner que 2%, dont 8% de croissance organique, cependant. Sephora a bénéficié des très bonnes ventes de la nouvelle marque de maquillage (Fenty Beauty) de la star de la pop Rihanna, avec laquelle le groupe a conclu un contrat d'exclusivité. Enfin, les deux derniers pôles du groupe, Montres et joaillerie et Parfums et cosmétiques, ont fait état d'une croissance organique de 14% au terme des neuf premiers mois. Les chiffres publiés à l'issue des neuf premiers mois de l'exercice 2018 confirment une fois de plus que LVMH est le champion du secteur du luxe. Or la réaction du marché n'a vraiment plus rien d'euphorique: le cours a perdu du terrain, cette fois (-7,5%). En conséquence, à 20,5 fois le bénéfice attendu pour 2018 et 12 fois le rapport valeur d'entreprise (EV)/cash-flow d'exploitation (Ebitda) attendu, la valorisation de LVMH est redevenue raisonnable. Pas encore suffisamment pour que nous recommandions d'acheter le titre, mais assez, de notre point de vue, pour ne plus s'en défaire! Conseil : conserver/attendreRisque : faibleRating : 2ACours : 259,85 eurosTicker : MC FPCode ISIN : FR0000121014Marché : Euronext ParisCapit. boursière : 131,2 milliards EURC/B 2017 : 22C/B 2018 attendu : 20,5Perf. cours sur 12 mois : +10%Perf. cours depuis le 01/01 : + 6%Rendement du dividende : 2,1%