Comme de nombreuses entreprises technologiques classiques, IBM peine à s'adapter aux nouveaux modèles d'affaires. Traditionnellement, la majeure partie de ses bénéfices provenait de gros contrats de matériel et de logiciel, l'entreprise commercialisant également des services connexes supplémentaires. Mais l'essor du cloud computing, qui consiste à fournir les produits et services via l'Internet, a bouleversé ce modèle d'affaires classique. C'est l'évolution du chiffre d'affaires (CA) du groupe qui l'illustre le mieux. IBM a enregistré son quatorzième recul consécutif au cours du 3e trimestre écoulé. Soit près de quatre ans sans croissance. IBM a longtemps pu compenser cette évolution par des racha...

Comme de nombreuses entreprises technologiques classiques, IBM peine à s'adapter aux nouveaux modèles d'affaires. Traditionnellement, la majeure partie de ses bénéfices provenait de gros contrats de matériel et de logiciel, l'entreprise commercialisant également des services connexes supplémentaires. Mais l'essor du cloud computing, qui consiste à fournir les produits et services via l'Internet, a bouleversé ce modèle d'affaires classique. C'est l'évolution du chiffre d'affaires (CA) du groupe qui l'illustre le mieux. IBM a enregistré son quatorzième recul consécutif au cours du 3e trimestre écoulé. Soit près de quatre ans sans croissance. IBM a longtemps pu compenser cette évolution par des rachats d'actions propres qui ont permis d'accroître ou au moins de stabiliser le bénéfice par action. D'autres entreprises, comme Oracle et Cisco Systems, éprouvent également beaucoup de difficultés dans ce domaine. Microsoft est un peu plus avancée dans son évolution vers un nouveau modèle opérationnel basé sur le cloud. IBM a identifié une série d'activités stratégiques qui doivent générer de la croissance à l'avenir. Il s'agit, outre le cloud computing, de l'analyse avancée de données (projet d'intelligence artificielle Watson), des services mobiles et de la sécurité. Cette dernière activité a enregistré une croissance de 27% (hors écarts de changes) au 3e trimestre. La division Cloud a gagné 45%, alors que les ventes de logiciels d'analyse ont progressé de près de 10%. Selon IBM, ces activités stratégiques représenteront 40% du CA du groupe d'ici à 2018. En revanche, la plupart des autres activités se contractent. Entre juillet et septembre, le CA du groupe a reculé de 13,9%, à 19,28 milliards USD, soit environ 300 millions USD en deçà des prévisions. L'impact du renchérissement du dollar (USD) se monte à 9%, IBM générant environ deux tiers de son CA en dehors des Etats-Unis. A 3,34 USD par action, le bénéfice du groupe dépassait légèrement les prévisions moyennes des analystes. La plus grande division dans les services, Global Technology Services, a déçu avec un recul de 10,2%. Les dégâts restent limités hors écarts de changes, mais Global Business Services a également essuyé une baisse de 13,1%. L'évolution du carnet de commandes (contrats conclus) est plus positive, puisque sa valeur totale a augmenté de 1%, à 118 milliards USD. Le CA des logiciels est stable sur base annuelle (-10% y compris écarts de changes), mais celui réalisé sur le hardware a chuté de près de 40%. Au 3e trimestre, IBM a dépensé 1,3 milliard USD en dividendes et 1,5 milliard USD en rachats d'actions propres. Mais cela n'a pas suffi pour endiguer la fuite des investisseurs : l'action est retombée à son niveau d'octobre 2010. IBM table sur un bénéfice de 15,25 USD action (plus ou moins 50 centimes) pour l'exercice complet alors que la fourchette précédente s'établissait entre 15,75 et 16,5 USD. Le groupe a clos le trimestre avec environ 17 milliards USD en cash et placements de trésorerie, pour une dette de 32,1 milliards USD. ConclusionLa révision à la baisse des prévisions de bénéfice a ramené l'action à son niveau d'il y a cinq ans. IBM affiche une valorisation apparemment intéressante à 9 fois les bénéfices attendus, mais enregistre toujours une croissance négative. La transition vers les nouveaux pôles de croissance est compliquée et le marché n'accorde que peu de crédit au groupe. La valorisation et le dividende justifient cependant une note positive.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B