Le mois dernier, le groupe technologique américain Hewlett-Packard (HP) a publié ses derniers résultats trimestriels sous la forme d'une unique entreprise cotée en Bourse. Le groupe sera en effet scindé le 1ernovembre. L'histoire de HP ces dernières années est celle d'une succession d'échecs dans des tentatives d'acquisitions et d'un déclin constant du coeur d'activité de l'entreprise, les PC et les imprimantes. Le fait que le chiffre d'affaires (CA) ait baissé au cours de 15 des 16 derniers trimestres en dit long. Les derniers résultats trimestriels du groupe furent à nouveau médiocres. Le CA du groupe a reculé de 8%, à 25,3 milliards USD au 3e trimestre de l'exercice fiscal 2015 (période ...

Le mois dernier, le groupe technologique américain Hewlett-Packard (HP) a publié ses derniers résultats trimestriels sous la forme d'une unique entreprise cotée en Bourse. Le groupe sera en effet scindé le 1ernovembre. L'histoire de HP ces dernières années est celle d'une succession d'échecs dans des tentatives d'acquisitions et d'un déclin constant du coeur d'activité de l'entreprise, les PC et les imprimantes. Le fait que le chiffre d'affaires (CA) ait baissé au cours de 15 des 16 derniers trimestres en dit long. Les derniers résultats trimestriels du groupe furent à nouveau médiocres. Le CA du groupe a reculé de 8%, à 25,3 milliards USD au 3e trimestre de l'exercice fiscal 2015 (période de trois mois se terminant le 31 juillet), soit environ 150 millions USD sous les prévisions moyennes des analystes. Hors effets de change (appréciation du dollar) et cessation d'une série de petites activités opérationnelles, le recul se réduit à 2%. Le bureau de recherches IDC a calculé que les ventes mondiales de PC s'étaient contractées de 10% entre avril et juin, le plus mauvais trimestre en deux ans. HP a vu le CA sur les PC diminuer de 13%. Le nombre d'unités vendues a baissé de 11%, les ordinateurs de bureau (-20%) faisant nettement moins bien que les portables (-3%). C'est surtout la croissance des marchés émergents qui a beaucoup ralenti. En outre, la hausse des ventes de tablettes et de smartphones pèse sur les ventes de PC. HP reste cependant numéro deux mondial derrière Lenovo. Le bénéfice net a reculé de 985 millions USD à 854 millions USD sur base annuelle. Un rapport trimestriel pro forma sera encore publié fin novembre pour clore l'exercice 2015, mais deux entreprises distinctes auront déjà leur propre cotation en Bourse à ce moment. Concrètement, Hewlett-Packard cessera d'exister et sera remplacé par HP Inc. et HP Enterprise. HP Inc. comprendra les activités classiques. Outre les PC et les imprimantes, elle hébergera également le pôle de croissance qu'est l'impression en 3D. Les actifs de HP Inc. représentent aujourd'hui à peu près la moitié du CA du groupe. HP Enterprise aura droit notamment aux serveurs, aux logiciels, au cloud computing et aux services connexes. En préparation de la scission, HP a organisé une dernière journée des analystes la semaine dernière. A cette occasion, une nouvelle restructuration a été annoncée. Etalée sur les quatre prochaines années, elle coûtera la bagatelle de 30.000 emplois, soit un dixième des effectifs actuels. Les licenciements auront lieu surtout dans la division Enterprise. Depuis le début de la réorganisation en 2012, 54.000 emplois ont déjà disparu. HP Inc. doit devenir une machine à cash-flows stable. Pour l'exercice fiscal 2016, on table sur des cash-flows libres de 2,5 à 2,8 milliards USD, dont. 75% seront distribués aux actionnaires. Ces objectifs étaient supérieurs aux attentes. Ce n'était pas le cas du côté de HP Enterprise, où les 2 à 2,2 milliards USD de cash-flows libres prévus ont plutôt déçu le marché. HP Enterprise distribuera la moitié de ce montant au cours du prochain exercice.ConclusionLa scission imminente de HP est avant tout une transaction financière qui ne résoudra pas les problèmes opérationnels auxquels est confronté le groupe. Un gros point d'interrogation plane ainsi sur la revalorisation annoncée. A moins de 11 fois les bénéfices attendus, HP affiche cependant une valorisation nettement inférieure à la moyenne du secteur.Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2B