Le groupe technologique américain Hewlett-Packard (HP) continue d'en faire voir de toutes les couleurs aux investisseurs. A l'étape finale de la restructuration, en novembre, la société sera scindée en deux. Cette opération doit créer deux entités plus flexibles qui puissent réagir plus rapidement aux conditions de marché changeantes. Les frais qui accompagnent la scission seront cependant bien plus élevés que prévu. La direction table sur environ 2 milliards USD répartis sur deux exercices. Concrètement, les divisions Personal Systems (PC et portables pour consommateurs) seront réunies en HP Inc. La deuxième branche sera HP Enterprise, qui regroupera toutes les activi...

Le groupe technologique américain Hewlett-Packard (HP) continue d'en faire voir de toutes les couleurs aux investisseurs. A l'étape finale de la restructuration, en novembre, la société sera scindée en deux. Cette opération doit créer deux entités plus flexibles qui puissent réagir plus rapidement aux conditions de marché changeantes. Les frais qui accompagnent la scission seront cependant bien plus élevés que prévu. La direction table sur environ 2 milliards USD répartis sur deux exercices. Concrètement, les divisions Personal Systems (PC et portables pour consommateurs) seront réunies en HP Inc. La deuxième branche sera HP Enterprise, qui regroupera toutes les activités liées au matériel pour entreprises (serveurs, systèmes de sauvegarde et de réseau), prestations de services (consultancy) et logiciels. La reprise annoncée de la société technologique Aruba Networks est étrange de par le moment de l'opération, et aussi sa valeur ajoutée. Il y a un mois, le groupe prétendait n'avoir aucun besoin d'une extension. HP a cependant une enchère de 2,7 milliards USD pour Aruba, qui a dégagé l'an dernier un chiffre d'affaires (CA) de 729 millions USD. Aruba fournit de l'infrastructure au segment des réseaux wifi et HP espère pouvoir renforcer sa position de marché en Asie avec cette acquisition. Le rapport trimestriel était peu intéressant, dans la mesure où en termes opérationnels, il y avait peu de surprises. Pour autant, le dollar fort (USD) a offert un vent contraire. Sur l'exercice fiscal 2014, HP a réalisé pas moins de 65% de son CA en dehors des Etats-Unis. Depuis l'été dernier, la valeur de la devise américaine a progressé en moyenne d'environ un cinquième par rapport aux devises de ses principaux partenaires commerciaux. HP peut compenser partiellement cet obstacle par des hausses de prix mais il ne peut pas s'aventurer trop loin dans cette voie sans compromettre sa position concurrentielle. Au cours de la période de trois mois clôturée le 31 janvier, c'est-à-dire le premier trimestre du nouvel exercice fiscal, le bénéfice comme le CA étaient légèrement inférieurs aux prévisions. Le bénéfice net a reflué de 4,2% sur base annuelle, à 1,37 milliard USD ou 0,73 USD par action. Le bénéfice net ajusté, à 0,92 USD par action, est légèrement plus élevé, grâce à l'effet du rachat d'actions propres. A l'exercice écoulé, HP a déjà acheté 3 milliards USD d'actions propres et a poursuivi sur cet élan au nouvel exercice avec 1,57 milliard USD de rachats. Grâce aux économies de coûts, la marge brute s'est améliorée de 0,55%, à 23,4%. La vague de licenciements, qui a coûté leur poste à 55.000 salariés, sera finalisée en novembre. Le CA du groupe de HP a reculé de 4,7%, à 26,8 milliards USD, ce qui représente tout de même un demi-milliard de moins que le consensus. La division Printing, surtout, et le pôle Services, sont restés en retrait. Les prévisions de bénéfice pour l'ensemble de l'année ont été revues à la baisse, de 3,83 à 4,03 USD par action à 3,53 à 3,73 USD par action.ConclusionLa révision à la baisse des prévisions annuelles et les frais bien plus élevés que prévu liés à la scission ont été mal reçus par les actionnaires. En outre, l'acquisition coûteuse d'Aruba Networks pose question. Dans l'attente de la scission de l'entreprise, peu d'arguments justifient encore un investissement dans HP.Conseil: vendreRisque: moyenRating: 3B