Le regard que porte un marché sur une entreprise en restructuration chronique dépend surtout du sentiment dominant. Or ce dernier est plutôt favorable aujourd'hui, puisque les Bourses sont à un niveau record. HP ne sort pas d'un trimestre brillant et ses perspectives sont très incertaines. Mais l'action a atteint son plus haut niveau depuis 2011. Depuis le début de l'année, HP a progressé d'environ 20%, contre un gain de quelques pour cent pour le Nasdaq. Ces derniers mois, on note d'ailleurs une rotation chez les investisseurs amateurs de valeurs technologiques. Les actions chères des segments de l'Internet et des médias sociaux subissent une correction, alors que les entreprises technologiques classiqu...

Le regard que porte un marché sur une entreprise en restructuration chronique dépend surtout du sentiment dominant. Or ce dernier est plutôt favorable aujourd'hui, puisque les Bourses sont à un niveau record. HP ne sort pas d'un trimestre brillant et ses perspectives sont très incertaines. Mais l'action a atteint son plus haut niveau depuis 2011. Depuis le début de l'année, HP a progressé d'environ 20%, contre un gain de quelques pour cent pour le Nasdaq. Ces derniers mois, on note d'ailleurs une rotation chez les investisseurs amateurs de valeurs technologiques. Les actions chères des segments de l'Internet et des médias sociaux subissent une correction, alors que les entreprises technologiques classiques, comme Microsoft, Cisco, Oracle et donc HP, se montrent bien plus performantes. Il est d'ailleurs difficile de faire plus classique que HP dans l'industrie informatique, puisque le chiffre d'affaires (CA) se compose des ventes de PC, de serveurs, d'imprimantes et de services connexes. Au 2e trimestre de l'exercice fiscal, le CA du groupe a reculé de 1%, à 27,3 milliards USD, quelque 100 millions USD de moins que les prévisions moyennes des analystes. Certes, cette légère baisse est presque entièrement imputable à des effets de change négatifs, mais elle constitue quand même le onzième recul consécutif des ventes sur base annuelle pour HP. Grâce à la baisse des coûts, le bénéfice net a progressé de 17%, à 1,27 milliard USD. Dopé par des éléments exceptionnels et uniques, le bénéfice était conforme aux attentes. La contraction du marché des PC a été freinée par l'abandon de Windows XP, qui a contraint de nombreuses entreprises, même celles qui n'en avaient pas l'intention, à renouveler leur parc de hardware. Cela explique notamment la performance de la division PC de HP, dont les ventes ont progressé de 7,4% sur base annuelle. Le marché professionnel s'est montré particulièrement performant, avec une hausse de 12%. Le marché Grand public a en revanche été marqué par une nouvelle baisse de 2%. Le rebond ne devrait donc pas être durable. De plus, HP devra faire face à la concurrence de Lenovo : le groupe chinois ne se limite plus à l'Asie, mais attaque de plus en plus HP sur son propre terrain. Les autres grandes divisions ont toutes enregistré un recul : le plus marqué concerne les services (applications et externalisation), qui ont abandonné 7%. La division Impression a vu son chiffre d'affaires baisser de 4%, et la division Enterprise (serveurs, mémoire et équipements de réseaux) n'est pas parvenue à inverser la tendance. Le fait le plus notable du rapport trimestriel a été l'annonce de la suppression de 11.000 à 16.000 emplois supplémentaires, qui viennent s'ajouter aux 34.000 licenciements annoncés précédemment. HP pense ainsi pouvoir économiser 1 milliard USD supplémentaires par an à partir de 2016. Une partie de ce montant sera réinvestie dans de nouveaux projets de croissance, comme l'impression 3D. Actuellement, seuls 3% du CA sont alloués à la recherche-développement, et c'est très peu par rapport à la concurrence. HP a clôturé le trimestre avec une position d'endettement nette de 2,3 milliards USD.Conclusion Hormis les nouvelles économies sur les coûts, HP ne dispose pas d'une véritable stratégie susceptible d'inverser la tendance. Le manque d'investissements en recherche-développement est particulièrement inquiétant. Les prévisions actuelles en matière de bénéfice sont trop optimistes à nos yeux. Le C/B attendu de 9 nous laisse dès lors sceptiques.Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2B