L'action du Groupe Jensen a au départ cruellement souffert de la pandémie. Mais les résultats 2021, publiés mi-mars, traduisent une progression de plus de 12% en glissement journalier, et le rattrapage d'une partie du retard par rapport au marché.
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L'action du Groupe Jensen a au départ cruellement souffert de la pandémie. Mais les résultats 2021, publiés mi-mars, traduisent une progression de plus de 12% en glissement journalier, et le rattrapage d'une partie du retard par rapport au marché. La crise sanitaire a frappé de plein fouet l'ensemble du secteur du tourisme, et en particulier le segment des voyages d'affaires, qui est d'ailleurs toujours loin d'avoir renoué avec ses niveaux d'avant-crise. Dans les grandes villes, le taux d'occupation des hôtels reste en moyenne bien en deçà du chiffre habituel; or les hôtels forment une clientèle essentielle pour le producteur de systèmes de blanchisserie industriels qu'est Jensen.Entre le premier semestre de 2020 (en Europe et en Amérique du Nord, les trois premiers mois de 2020 avaient été presque normaux) et le premier semestre de 2021, le chiffre d'affaires (CA) a cédé 4,5%, à 124,3 millions d'euros. La reprise, beaucoup plus vigoureuse que prévu, au second semestre, explique qu'il ait atteint 259,7 millions d'euros, en hausse de 5,9% par rapport à 2020. Comparée au second semestre de 2020, l'augmentation s'établit à 17,7% (de 115 millions à 135,4 millions d'euros). Une partie du manque à gagner dû à la pandémie est donc d'ores et déjà comblée; mais le reste sera plus long à récupérer.La direction vise toujours une répartition à 50/50 du CA entre l'Union européenne et le reste du monde. C'est la rentabilité, davantage que le CA, qui s'est améliorée. Soutenu par la stricte maîtrise des coûts, par la stabilisation du fonds de roulement et par la réduction des dépenses de restructuration, le cash-flow opérationnel (Ebitda) a grimpé de 19,8 à 30,8 millions d'euros (passage de 2,5 à 3,9 euros par action, et de 8,1% à 11,8% de la marge d'Ebitda). Le résultat opérationnel (Ebit) a quant à lui bondi de 12,8 à 21,3 millions d'euros. L'Ebit a été favorablement influencé par les aides publiques distribuées dans plusieurs pays (2,1 millions d'euros). La marge d'Ebit est dès lors passée de 5,2% à 8,2%, contre un peu plus de 9% avant la crise sanitaire. Les tensions dans les chaînes d'approvisionnement ayant fait s'envoler les prix des composants, notamment, égaler cette marge cette année ne sera pas facile.Le résultat net s'établit à 14,6 millions d'euros (1,9 euro par action), contre 7,6 millions d'euros (1 euro) en 2020, dont 1,5 million seulement au premier semestre. Une chose est sûre: le groupe, que contrôle la famille danoise Jensen à travers Jensen Invest (53%), est financièrement très solide. Sa trésorerie nette s'élevait fin 2021 à 41 millions d'euros (5,2 euros par action), contre 25,9 millions fin juin et 28,3 millions fin 2020. D'où la proposition d'augmenter le dividende de 0,25 (exercice 2020) à 0,50 euro brut par action (2021); une décision qu'explique également le montant de 345 millions d'euros de commandes enregistré l'an passé (+54% en glissement annuel et le deuxième volume de commandes, en importance, de l'histoire du groupe). L'exercice 2022 devrait être au minimum satisfaisant. Nous sommes agréablement surpris par l'ampleur de la reprise des ventes et des bénéfices en 2021, alors que l'on ne peut même pas encore parler d'une normalisation des voyages internationaux (tourisme et affaires). La multiplication par deux du dividende et le programme de rachats d'actions propres (jusqu'à 10%), récemment entamé, sont d'excellentes nouvelles également, que rend possibles la trésorerie nette. L'action devrait se redresser davantage encore, fût-ce progressivement. Conseil: acheterRisque: faibleRating: 1ACours: 31 eurosTicker: JEN BBCode ISIN: BE0003858751Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 244,7 millions EURC/B 2021: 16C/B attendu 2022: 15Perf. cours sur 12 mois: +8%Perf. cours depuis le 01/01: +13%Rendement du dividende: 1,6%