Balta est de nouveau boudée par des investisseurs rebutés par l'évolution en ordre dispersé des résultats semestriels: le chiffre d'affaires (CA) poursuit son redressement, mais le bénéfice ne suit pas.
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Balta est de nouveau boudée par des investisseurs rebutés par l'évolution en ordre dispersé des résultats semestriels: le chiffre d'affaires (CA) poursuit son redressement, mais le bénéfice ne suit pas. Balta achève le semestre sur un CA en hausse de 9,2% (de 321,9 à 351,4 millions d'euros) sur un an, dont 7,5% par croissance organique et 1,6% imputable à l'évolution des cours de change. C'est à la division Tapis tissés (Rugs), qui a su regagner du terrain aux Etats-Unis (surtout grâce aux tapis d'extérieur commercialisés par deux chaînes de bricolage), que le groupe doit l'essentiel de l'augmentation de son CA à périmètre comparable (+18,9%, de 100,8 à 119,8 millions d'euros). Le redressement du CA de la division commerciale (+14,2%) s'accélère aussi (croissance à deux chiffres outre-Atlantique, mais faiblesse persistante en Europe). Le recul de la division résidentielle (CA en baisse de 4,3%) ralentit grâce aux stocks que constitue la clientèle britannique dans la perspective du Brexit. Malheureusement, le cash-flow opérationnel (Ebitda) ajusté n'a pas suivi: il reste stable à 37,3 millions d'euros (mais augmente de 9,1% si l'on tient compte de la nouvelle norme IFRS 16 relative aux contrats de location). Le redressement de la marge d'Ebitda à périmètre comparable du 2e semestre de 2018 ne s'est pas confirmé: cette dernière est passée de 11,6% au premier semestre de 2018 à un décevant 10,6% un an plus tard. Balta avait pourtant achevé l'exercice sur une marge de Rebitda de 11,2% (12,2% au dernier trimestre de l'année). Mais les matières premières restent onéreuses et le groupe investit dans NEXT, un programme destiné à améliorer sa rentabilité axé sur trois grands piliers: croissance durable, rayonnement commercial et réduction des coûts. Comme prévu, Tom Debusschere, remercié au mois d'août après la publication des semestriels décevants, est remplacé par Cyrille Rgoucy; c'est donc au président du conseil d'administration, ex-CEO par intérim, qu'incombent désormais la direction de l'entreprise et la mission d'inverser l'évolution de son cours, en baisse depuis qu'elle est entrée sur le marché principal d'Euronext Bruxelles en juin 2017. La direction s'en tient à l'Ebitda à périmètre comparable inchangé pour 2019 annoncé lors de la publication des résultats annuels. Les analystes apprécient peu les résultats semestriels et, moins que tout, l'évolution de la rentabilité du groupe. Aucun dividende n'a été distribué au titre de l'exercice 2018 (0,08 euro brut par action pour 2017): c'est normal, puisque l'endettement net a continué de s'alourdir, à 311,8 millions d'euros fin juin, à la suite de l'application de la norme IFRS 16. A périmètre comparable (hors contrats de leasing), l'endettement, de 3,7 fois l'Ebitda, reste élevé et a à peine reculé par rapport à la mi-2018 (3,8 fois l'Ebitda).Les chiffres du premier semestre ne traduisent pas encore le retour espéré à la rentabilité, même si l'on ne peut que saluer l'interruption de la chute du CA. Le pire semble passé: nous espérons que les prochains résultats le confirmeront. Cela légitimerait un redressement du cours, même si l'endettement élevé laisse peu de marge aux bonnes surprises. A plus de 5 fois le rapport escompté valeur de l'entreprise/Ebitda, la valorisation est très raisonnable. Pour une entreprise rentable, une valorisation à 0,4 fois la valeur comptable est intéressante, ce qui fait de Balta une proie possible pour une reprise. Le risque est supérieur à la moyenne.Conseil: acheterRisque: élevéRating: 1CCours: 2,66 eurosTicker: BALTA BBCode ISIN: BE0974314461Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 95,5 millions EURC/B 2018: 9C/B attendu 2019: 9Perf. cours sur 12 mois: -43%Perf. cours depuis le 01/01: -20%Rendement du dividende: -