Après un excellent exercice 2017, durant lequel le titre a gagné 36%, les actionnaires du géant du secteur des fruits et légumes ont connu un premier semestre catastrophique. Pourtant, le cours s'était redressé au début de cette année, lorsque le marché a appris que les négociations portant sur l'acquisition par Greenyard du groupe américain Dole avaient échoué. Si la nouvelle a soulagé les actionnaires, c'est parce que, certes sensé d'un point de vue stratégique, ce rachat, très coûteux, aurait nécessité une augmentation de capital importante.
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Après un excellent exercice 2017, durant lequel le titre a gagné 36%, les actionnaires du géant du secteur des fruits et légumes ont connu un premier semestre catastrophique. Pourtant, le cours s'était redressé au début de cette année, lorsque le marché a appris que les négociations portant sur l'acquisition par Greenyard du groupe américain Dole avaient échoué. Si la nouvelle a soulagé les actionnaires, c'est parce que, certes sensé d'un point de vue stratégique, ce rachat, très coûteux, aurait nécessité une augmentation de capital importante. Fin janvier, la directrice (CEO) du groupe, Marleen Vaesen, a été mise sur la touche et l'actionnaire principal, Hein Deprez, a repris le flambeau. Début mai, la baisse du cours s'est accélérée après l'annonce, qui avait surpris tout le monde, que le chiffre d'affaires et le bénéfice pour l'exercice 2017/2018 (date de clôture: le 31 mars) seraient moins bons qu'espéré; en base annuelle, le chiffre d'affaires a reculé de 1,7% à 4,175 milliards d'euros, et les cash-flows d'exploitation récurrents (Rebitda, soit l'Ebitda dont sont exclus les éléments exceptionnels) - et c'est principalement cet aspect qui a déplu - ont cédé 3,8%, à 140,2 millions d'euros. La marge de Rebitda s'est effritée de 3,4 à 3,3%. Une baisse des volumes dans la division Fresh (en Allemagne essentiellement, l'un des marchés clés du groupe, mais aussi, dans une moindre mesure, en Belgique) a affecté le chiffre d'affaires et la rentabilité. Par ailleurs, l'endettement du groupe a augmenté: l'acquisition du producteur de substrats de champignons Mykogen (valeur de l'entreprise: 90 millions d'euros) et des charges uniques à hauteur de 29,2 millions, notamment, l'ont porté à 419,1 millions, ce qui correspond à 2,8 fois le Rebitda (en ce compris la contribution annuelle de Mykogen), alors qu'à la fin de l'exercice précédent, le multiple était encore 2,2, et fin septembre 2017, 2,4. La nouvelle direction de Greenyard entend accélérer le processus décisionnel interne et se rapprocher des clients. Elle continue de rechercher de la croissance externe pour consolider sa position. Lors de la présentation des résultats annuels, les dirigeants n'ont pas confirmé leurs prévisions de croissance pour cette année, parmi lesquelles une hausse du Rebitda de 10%. La valorisation de Greenyard est pour l'heure attrayante, à moins de 0,8 fois la valeur comptable et un rapport entre la valeur de l'entreprise (EV) et le Rebitda de 5,9. Le potentiel d'appréciation du cours est grand. Mais pour cela, Greenyard devra renouer avec la croissance cette année. Conseil : acheterRisque : moyenRating : 1BCours : 12,4 eurosTicker : GREEN BBCode ISIN : BE0003765790Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 550 millions EURC/B 2017 : 234C/B attendu 2018 : 17Perf. cours sur 12 mois : -41 %Perf. cours depuis le 01/01 : -38 %Rendement du dividende : 1,6 %