La nouvelle, la semaine dernière, selon laquelle Greenyard Foods avait entamé des discussions préparatoires concernant une possible combinaison d'entreprises avec Univeg Group et Peatinvest, a échauffé l'action. Depuis le début de cette année, la hausse totalise déjà 30%. Univeg est un spécialiste non coté des fruits et légumes, qui a dégagé en 2013 un chiffre d'affaires (CA) de 3,13 milliards EUR. Peatinvest, en revanche, fait partie des cinq premiers acteurs européens spécialisés dans le terreau, et a réalisé en 2013 un CA de 62 millions EUR. En 2013/2014, Greenyard Foods a réalisé un CA de 623 millions EUR. Le dénominateur commun de ces trois entreprises est le fa...

La nouvelle, la semaine dernière, selon laquelle Greenyard Foods avait entamé des discussions préparatoires concernant une possible combinaison d'entreprises avec Univeg Group et Peatinvest, a échauffé l'action. Depuis le début de cette année, la hausse totalise déjà 30%. Univeg est un spécialiste non coté des fruits et légumes, qui a dégagé en 2013 un chiffre d'affaires (CA) de 3,13 milliards EUR. Peatinvest, en revanche, fait partie des cinq premiers acteurs européens spécialisés dans le terreau, et a réalisé en 2013 un CA de 62 millions EUR. En 2013/2014, Greenyard Foods a réalisé un CA de 623 millions EUR. Le dénominateur commun de ces trois entreprises est le fait que Hein Deprez est leur actionnaire principal de contrôle, avec 46,15% des titres de Greenyard Foods, 52,1% d'Univeg et 95% de Peatinvest. Deprez a l'intention de créer un acteur mondial des fruits et légumes, qui proposerait à la fois des produits frais (Univeg), des surgelés (Pinguin) et des conserves (Noliko). Pour les actionnaires existants de Greenyard Foods, il est important de connaître les conditions de l'opération. A l'exercice 2013/2014, sur un CA de 623 millions, Greenyard Foods a en effet réalisé un cash-flow opérationnel (REBITDA) récurrent de 51,4 millions, ce qui représente une marge de REBITDA de 8,3%. Chez Univeg, en revanche, la marge d'EBITDA s'est élevée en 2013 - les derniers chiffres disponibles - à seulement 2,2% (71 millions EUR d'EBITDA sur un CA de 3,13 milliards EUR). Il fait dès lors moins bien que de grands acteurs tels que Chiquita (CA de 2,2 milliards EUR, marge d'EBITDA de 3,9%) et Fresh Del Monte (CA de 2,7 milliards EUR, marge d'EBITDA de 3%). Pour le groupe combiné, cela donne, pour 2013, un CA pro forma de 3,82 milliards EUR, 128 millions EUR de REBITDA, soit une marge de REBITDA de 3,4%. Univeg supporte du reste une charge de dette considérable, de plus de 300 millions EUR, dont une part importante a été refinancée fin 2013 par l'émission d'une obligation de 285 millions EUR à un taux d'intérêt élevé de 7,785% (échéance novembre 2020, possibilité de remboursement anticipé en novembre 2016). Divers scénarios de valorisation attribuent à Univeg une fourchette de valeur large comprise entre 200 et 781 millions EUR, contre une capitalisation boursière actuelle de 270 millions EUR. Sous la direction de la CEO Marleen Vaesen, l'accent placé sur la croissance interne et l'intégration des précédentes acquisitions porte progressivement ses fruits, reposant sur quatre priorités stratégiques (focus sur le client, améliorations opérationnelles, accroissement du cash-flow et plus grande efficience en termes d'organisation). Au 1er semestre de l'exercice 2014/2015 (date de clôture le 31 mars 2015), le CA a progressé de 0,7%, à 297,6 millions EUR. C'est cependant la hausse de 62% du REBITDA, à 39 millions EUR, qui a séduit le plus. La marge de REBITDA s'est hissée de 8,1% à 13,1%. La direction a cependant prévenu que la rentabilité augmenterait moins largement au 2e semestre.ConclusionNous nous réjouissons de la possible cotation en Bourse d'Euronext Bruxelles d'un acteur mondial du secteur des fruits et légumes. Reste à savoir si cette opération sera positive pour les actionnaires particuliers actuels de Greenyard Foods... D'où l'abaissement de conseil, après l'important rebond de cours.Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2B