Le spécialiste des matières premières avait supprimé son dividende l'an dernier, après que sa dette avait dépassé son propre objectif. La suspension aura toutefois été brève: Glencore va payer 1,6 milliard de dollars de dividende cette année. C'est moins que les 2,6 milliards accordés en 2019, mais plus que le 1,3 milliard pronostiqué. Si les cours des matières premières restent élevés et que la dette diminue suffisamment, le dividende pourrait même être relevé, voire complété par des rachats d'actions. On en saura davantage au plus tôt en août, lors de la publication des chiffres semestriels. La dette nette n'était plus, fin décembre, que de 15,84 milliards de dollars, dans la fourchette des 10 à 16 milliards visée (17,6 milliards en 2019, plus de 3...

Le spécialiste des matières premières avait supprimé son dividende l'an dernier, après que sa dette avait dépassé son propre objectif. La suspension aura toutefois été brève: Glencore va payer 1,6 milliard de dollars de dividende cette année. C'est moins que les 2,6 milliards accordés en 2019, mais plus que le 1,3 milliard pronostiqué. Si les cours des matières premières restent élevés et que la dette diminue suffisamment, le dividende pourrait même être relevé, voire complété par des rachats d'actions. On en saura davantage au plus tôt en août, lors de la publication des chiffres semestriels. La dette nette n'était plus, fin décembre, que de 15,84 milliards de dollars, dans la fourchette des 10 à 16 milliards visée (17,6 milliards en 2019, plus de 30 milliards en 2014). Ce chiffre correspond à 1,4 fois le cash-flow opérationnel (Ebitda) ajusté. La dette de Glencore est traditionnellement plus élevée que celle de Rio Tinto et de BHP, car sa division Trading (activité anticyclique, qui sert d'amortisseur en cas de ralentissement du cycle économique) mobilise beaucoup de capitaux. La direction vise une dette inférieure à 13 milliards de dollars avant d'envisager des versements plus importants; les cash-flows disponibles s'élevant à 7 milliards de dollars par an, tout reste possible. Outre des métaux (cuivre, cobalt, nickel, zinc, plomb), Glencore produit du charbon et, dans une moindre mesure, du pétrole. Il détient 49,99% de Viterra (ex-Glencore Agricultural), spécialisée dans le stockage, la transformation et le transport de matières premières agricoles.Le groupe a achevé l'exercice 2020 sur une perte nette de 1,9 milliard de dollars, contre une perte de 400 millions un an plus tôt. Le bénéfice de 700 millions acté au 2e semestre n'a pas suffi à compenser la perte du 1er (2,6 milliards). Cette chute est principalement due aux dépréciations dont ont fait l'objet plusieurs actifs miniers, pour un total de 5,9 milliards de dollars. La mine de Mopani, en Zambie, sera vendue au gouvernement local, ce qui engendre une moins-value. La valeur de plusieurs actifs houillers en Colombie et installations pétrolières en Afrique a également dû être revue. L'Ebitda de 2020 (11,56 milliards) est pratiquement identique à celui de 2019, et bien supérieur au consensus (10,7 milliards). Trading, qui ne s'était pas si bien portée depuis 2008, a vu son bénéfice bondir de 41%, à 3,3 milliards de dollars. Plus de 50% de ce résultat provient du commerce du pétrole. Le négoce du cobalt a été très rentable lui aussi; le bénéfice du pôle minier a chuté de 13% en glissement annuel, à 7,8 milliards de dollars. Après 18 ans passés à la tête de l'entreprise, Ivan Glasenberg cède son fauteuil à Gary Nagle. Celui qui avait fait entrer Glencore en Bourse en 2011 conservera 9% des actions. Son nom reste toutefois associé à l'enquête pour corruption dont le groupe fait toujours l'objet aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Brésil. La restauration du dividende a été bien accueillie, et les mesures pourraient ne pas s'arrêter là. Après la forte hausse du cours de plusieurs matières premières, une consolidation ou un repli n'est pas à exclure. Glencore, dont le profil de risque est plus marqué, affiche une nette décote par rapport à BHP et Rio Tinto. A 1,5 fois la valeur comptable, il est tout sauf cher. Compte tenu du supercycle des matières premières et de l'augmentation de la rémunération des actionnaires, nous recommandons d'acheter. Le risque est supérieur à la moyenne, cependant. Conseil: acheterRisque: élevéRating: 1CCours: 2,80 livres sterlingTicker: GLEN LNCode ISIN: JE00B4T3BW64Marché: London Stock ExchangeCapit. boursière: 37,3 milliards GBPC/B 2020: -C/B attendu 2021: 14Perf. cours sur 12 mois: +149%Perf. cours depuis le 01/01: +20%Rendement du dividende: 3%