Après trois années de vaches maigres, la société d'investissement Gimv peut offrir une année " grasse " à ses actionnaires. A l'exercice écoulé (qui s'est étendu d'avril 2014 à mars 2015 inclus), le groupe a dégagé un bénéfice de 136 millions EUR ou 5,35 EUR par action, ce qui signifie qu'il affiche un rendement sur fonds propres de 13,7% contrastant nettement avec le chiffre de l'année précédente (1,5%). Mais l'hirondelle ne fait pas le printemps, et Gimv devra confirmer au fil des prochaines années qu'il est capable de maintenir ce chiffre au-delà de la moyenne historique de 10% à travers le cycle conjoncturel. Les investisseurs n'en sont pas encore totalement co...

Après trois années de vaches maigres, la société d'investissement Gimv peut offrir une année " grasse " à ses actionnaires. A l'exercice écoulé (qui s'est étendu d'avril 2014 à mars 2015 inclus), le groupe a dégagé un bénéfice de 136 millions EUR ou 5,35 EUR par action, ce qui signifie qu'il affiche un rendement sur fonds propres de 13,7% contrastant nettement avec le chiffre de l'année précédente (1,5%). Mais l'hirondelle ne fait pas le printemps, et Gimv devra confirmer au fil des prochaines années qu'il est capable de maintenir ce chiffre au-delà de la moyenne historique de 10% à travers le cycle conjoncturel. Les investisseurs n'en sont pas encore totalement convaincus. C'est pourquoi l'action est en retrait, malgré son ascension des derniers mois. Au cours des 12 derniers mois - et surtout des 6 derniers -, la société a pu tirer profit du redressement économique en Europe et d'un climat boursier favorable, ce qui a ouvert la voie à des désinvestissements lucratifs. Pour Gimv, les valorisations en hausse suggèrent surtout que le moment est venu de récolter ce qu'on a semé - un principe dont l'investisseur particulier peut d'ailleurs s'inspirer lui aussi. A l'exercice écoulé, Gimv a vendu des participations pour 367,5 millions EUR. Ces désinvestissements ont eu lieu à 45% au-dessus de la valeur comptable et au double du prix de la valeur d'achat. Ces plus-values réalisées ont assuré, avec 102,6 millions EUR, l'essentiel du bénéfice. Il s'agit notamment de participations dans Barco, Prosensa et Trustteam. Cela dit, Gimv ne perd pas des yeux la croissance future et les plus-values potentielles. Il a donc investi 191 millions EUR, notamment dans Melijoe.com, Almaviva Santé, Europlasma et Ecochem. Sa trésorerie est passée à 185 millions EUR, ce qui lui permettra de verser cette année le dividende de 2,45 EUR brut en espèces. De son côté, le portefeuille devrait lui aussi porter des fruits. Les valorisations relativement élevées en Bourse et la vague de fusions et d'acquisitions doivent permettre à la direction d'empocher plusieurs plus-values sur les actifs de son portefeuille. L'élément perturbateur pourrait être un revirement conjoncturel, mais rien ne trahit son imminence actuellement. Le portefeuille de Gimv totalise toujours 920 millions EUR et est comptabilisé de manière assez conservative : la valeur d'entreprise de la moitié du portefeuille non coté (88% du portefeuille) représente 6,1 fois le cash-flow opérationnel (EBITDA), ce qui est nettement inférieur à la moyenne boursière. De meilleurs résultats de ces participations non cotées ont assuré l'essentiel des plus-values non réalisées de 45,9 millions EUR. La qualité de ces plus-values est donc bonne, car elle provient essentiellement d'une amélioration des résultats opérationnels et non de l'augmentation de la valorisation.ConclusionLe portefeuille de Gimv recèle suffisamment de valeur pour réitérer la performance de l'exercice écoulé. Les investisseurs peuvent acheter ce portefeuille à sa valeur comptable nette environ, qui est par ailleurs estimée de manière conservative. Si vous ne trouvez plus de bonnes affaires en Bourse, vous pouvez donc fouiner dans le portefeuille de Gimv. Son rendement de dividende demeure en outre attrayant. D'où notre relèvement de conseil et notre intégration en Sélection.Conseil: digne d'achatRisque: faibleRating: 1A