Après des années de baisse ou de stagnation, Gilead Sciences est en quête de croissance. Son chiffre d'affaires (CA) avait atteint le montant record de 32,6 milliards de dollars en 2015, grâce au succès de la franchise sur le virus de l'hépatite C. Dans les années qui ont suivi, la diminution du nombre de patients, due à l'émergence d'une génération de médicaments plus efficaces, avait rapidement érodé les ventes dans ce segment.
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Après des années de baisse ou de stagnation, Gilead Sciences est en quête de croissance. Son chiffre d'affaires (CA) avait atteint le montant record de 32,6 milliards de dollars en 2015, grâce au succès de la franchise sur le virus de l'hépatite C. Dans les années qui ont suivi, la diminution du nombre de patients, due à l'émergence d'une génération de médicaments plus efficaces, avait rapidement érodé les ventes dans ce segment.En 2019, la franchise VIH (SIDA), en pleine expansion, avait permis au laboratoire de relancer le moteur, dans une mesure certes modeste (+1,5%, à 22,4 milliards de dollars). Au 1er semestre de 2020, le CA a cédé 2,5%, à 10,7 milliards. La franchise VIH a généré un CA de 8,1 milliards de dollars, soit 6% de plus qu'au 1er semestre de 2019. La crise sanitaire a provoqué au 2e trimestre une chute de 10%, à 5,1 milliards de dollars, des ventes. En début d'année, la direction misait sur un CA de 21,8-22,2 milliards pour l'exercice; malgré la baisse accusée entre janvier et juin, le rapport semestriel annonce 23-25 milliards de dollars de CA. Le bénéfice prévisionnel ajusté passe de 6,05-6,45 à 6,25-7,65 dollars par action (consensus: CA de 24,2 milliards et bénéfice net ajusté de 6,92 dollars, soit +4,37% et +7,97% respectivement par rapport à 2019). Contre toute attente en effet, le remdesivir, un antiviral que Gilead avait testé en vain sur les virus Ebola et Marburg et sur des coronavirus comme le SRAS et le MERS, s'est révélé efficace contre le Covid-19. Il a d'ailleurs obtenu des autorisations (provisoires) pour certains groupes de patients aux Etats-Unis, au Japon et en Europe. L'enthousiasme est aujourd'hui retombé mais des études visant à évaluer les effets de la molécule à un stade plus précoce de la maladie, ainsi qu'en combinaison avec d'autres médicaments, sont en cours. L'on sait depuis le 18 août que le filgotinib, candidat médicament contre les maladies inflammatoires développé avec Galapagos, est temporairement privé d'autorisation de vente aux Etats-Unis pour l'indication rhumatismale. L'immunologie est une nouvelle franchise dont Gilead espère beaucoup depuis l'extension, l'an dernier, de l'accord de collaboration avec Galapagos. Loin de se laisser décourager, Daniel O'Day, le CEO du groupe, a récemment annoncé plusieurs acquisitions et accords de collaboration. Le fil rouge: l'immunologie du cancer, franchise relativement nouvelle pour Gilead. Le labo avait acquis en 2017 le spécialiste de la thérapie cellulaire Kite Pharma; si les transactions suivantes ont été plus modestes, sept autres ont déjà été annoncées cette année. La première fut l'acquisition, en avril, de Forty Seven, pour 4,9 milliards en espèces. Cette firme dispose, grâce au magrolimab, d'une molécule clinique prometteuse contre plusieurs cancers du sang. La dernière transaction, qui remonte au 13 septembre, est l'acquisition d'Immunomedics, pour 21 milliards de dollars (108% de prime). Cette société développe le Trodelvy, approuvé en avril aux Etats-Unis dans un type de cancer du sein et testé pour d'autres cancers encore. La hausse due au remdesivir, qui avait propulsé en avril l'action à 85,97 dollars, son niveau le plus élevé depuis janvier 2018, est de l'histoire ancienne. L'échec du filgotinib est un nouvel obstacle à la quête de croissance de Gilead, qui dispose par ailleurs de 20 milliards de dollars pour conclure de nouvelles transactions. Sa valorisation, à neuf fois le bénéfice escompté pour 2020, reste intéressante pour l'investisseur patient. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 63,40 dollarsTicker: GILD USCode ISIN: US3755581036Marché: New YorkCapit. boursière: 79,5 milliards USDC/B 2019: 10C/B attendu 2020: 9Perf. cours sur 12 mois: +1%Perf. cours depuis le 01/01: -2%Rendement du dividende: 4,3%