L'action de l'entreprise biotechnologique américaine Gilead Sciences avait atteint un sommet à 123,32 dollars, en juin 2015. Depuis, son cours recule constamment. En 2015, Gilead avait réalisé un chiffre d'affaires (CA) record de 32,6 milliards de dollars; extrêmement lucrative, la franchise hépatite C (VHC) en avait procuré 19,1 milliards. Mais la nouvelle génération de médicaments contre le VHC s'est révélée tellement efficace que le nombre de patients a diminué. Par ailleurs, dans ce segment, la concurrence s'est intensifiée - AbbVie a mis sur le marché une variante anti-VHC. Sans surprise, Gilead a donc vu le CA lié au VHC reculer, dès l'exercice 2016 : il a encore atteint 9,1 milliards de dollars en 2017, puis 3,7 milliards l'an dernier. Le CA consolidé est passé de 26,1 millia...

L'action de l'entreprise biotechnologique américaine Gilead Sciences avait atteint un sommet à 123,32 dollars, en juin 2015. Depuis, son cours recule constamment. En 2015, Gilead avait réalisé un chiffre d'affaires (CA) record de 32,6 milliards de dollars; extrêmement lucrative, la franchise hépatite C (VHC) en avait procuré 19,1 milliards. Mais la nouvelle génération de médicaments contre le VHC s'est révélée tellement efficace que le nombre de patients a diminué. Par ailleurs, dans ce segment, la concurrence s'est intensifiée - AbbVie a mis sur le marché une variante anti-VHC. Sans surprise, Gilead a donc vu le CA lié au VHC reculer, dès l'exercice 2016 : il a encore atteint 9,1 milliards de dollars en 2017, puis 3,7 milliards l'an dernier. Le CA consolidé est passé de 26,1 milliards de dollars en 2017 à 22,1 milliards en 2018. La franchise HIV (sida), elle, ne déçoit pas: elle a procuré 13 milliards de dollars en 2017 et 14,6 milliards l'an passé, soit une croissance de 12,8%, portée par le blockbuster (médicament dont les ventes annuelles dépassent le milliard de dollars; en l'occurrence, 1,18 milliard) Biktarvy.Le consensus table sur un CA consolidé de 22 milliards de dollars pour 2019 et de 22,3 milliards pour 2020. Au premier trimestre, Gilead a vu ses recettes augmenter pour la première fois en trois ans, de 3,8%, à 5,28 milliards de dollars (prévisions: 5,3 milliards). Pour autant, le titre n'est pas redevenu le chouchou des investisseurs en biotech. C'est Daniel O'Day (anciennement chez Roche), à la tête de l'entreprise depuis le 1er mars, qui tentera de changer la donne. Il a déjà défini ses priorités. Le renforcement du pipeline est le plus urgent, à ses yeux. Pour cela, il accélérera les programmes internes et procédera à des acquisitions ou conclura des partenariats. Le CEO projette en outre d'optimiser l'organisation des ventes. La tâche reviendra à Johanna Mercier (pour l'heure chez Bristol-Myers Squibb), qui assurera la fonction de directrice commerciale à compter du 1er juillet. L'amélioration de l'organisation interne figure aussi parmi les priorités. Dans un premier temps, Gilead entend se concentrer sur ses spécialités. Elle vise à consolider son leadership dans le traitement du HCV et du HIV, et à enregistrer des progrès dans le traitement de l'hépatite B et, surtout - parce qu'il est encore impossible de la traiter et qu'elle représente un marché attrayant -, de la maladie du foie gras (NASH). L'entreprise a d'ailleurs concédé cette année que deux études de phase III qu'elle a consacrées au traitement de la NASH avec l'inhibiteur ASK1 selonsertib n'ont pas été concluantes. Cela n'a surpris personne. Gilead attend beaucoup de son étude de phase II testant une trithérapie sur des patients atteints de la NASH, dont les résultats devraient être dévoilés au troisième trimestre. La biotech a en outre conclu plusieurs partenariats en vue de traiter cette maladie, notamment avec Novo Nordisk. Autre spécialité, plus récente, de Gilead, l'immunologie des tumeurs ; elle a acquis en 2017 Kite Pharma, l'une des pionnières dans la thérapie cellulaire CAR-T. Daniel O'Day ambitionne de créer une unité opérationnelle distincte pour cette technique de traitement. Enfin, il y a les maladies infectieuses, segment dans lequel elle a mis un pied en collaborant avec Galapagos sur le filgotinib. Selon les normes américaines, l'action est très faiblement valorisée, à 10 fois les bénéfices ajustés attendus en 2019. Une amélioration n'est pas à exclure, si la stratégie de croissance du directeur fraîchement nommé convainc. L'annonce de nouvelles acquisitions est très attendue; dans cette perspective, nous maintenons le conseil. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 68,28 dollarsTicker: GILD USCode ISIN: US3755581036Marché: New YorkCapit. boursière: 86,8 milliards USDC/B 2018: 10,2C/B attendu 2019: 10Perf. cours sur 12 mois: -4%Perf. cours depuis le 01/01: +9%Rendement du dividende: 3,7%