General Electric avait commencé à se redresser en 2019. Son cours avait à plusieurs reprises très bien réagi aux chiffres trimestriels - ainsi avait-il bondi de 10,3% (+1,21 dollar) à l'annonce des résultats du quatrième trimestre. Il avait même dépassé les 13 dollars en février, soit plus de deux fois le niveau plancher atteint fin 2018. L'immense navire semblait donc avoir réussi son changement de cap. Mais c'était compter sans le Covid-19, qui a tout particulièrement frappé GE Aviation: son chiffre d'affaires (CA) a baissé de -13%, de 7,95 à 6,89 milliards de dollars. Alors que les déboires du Boeing 737 Max n'avaient pas réussi à la faire descendre de son piédestal, cette division est, comme tout le secteur aérien, cruellement affectée par la pandémie. Enormément de commandes ont été...

General Electric avait commencé à se redresser en 2019. Son cours avait à plusieurs reprises très bien réagi aux chiffres trimestriels - ainsi avait-il bondi de 10,3% (+1,21 dollar) à l'annonce des résultats du quatrième trimestre. Il avait même dépassé les 13 dollars en février, soit plus de deux fois le niveau plancher atteint fin 2018. L'immense navire semblait donc avoir réussi son changement de cap. Mais c'était compter sans le Covid-19, qui a tout particulièrement frappé GE Aviation: son chiffre d'affaires (CA) a baissé de -13%, de 7,95 à 6,89 milliards de dollars. Alors que les déboires du Boeing 737 Max n'avaient pas réussi à la faire descendre de son piédestal, cette division est, comme tout le secteur aérien, cruellement affectée par la pandémie. Enormément de commandes ont été ajournées, sinon annulées, et ce n'est évidemment pas fini. Si plus de la moitié du CA de GE Healthcare est générée par des dispositifs liés au Covid-19 (respirateurs, CT scans, appareils de monitoring), tous les autres produits du pôle évoluent à la baisse, cédant parfois jusqu'à 50%. Le conglomérat achève le premier trimestre sur un CA de 20,52 milliards de dollars, en recul de 8% en un an (22,20 milliards à l'époque). Sur le plan organique (hors reprises et désinvestissements), le tassement atteint 5%. Le résultat est également inférieur au consensus. GE Power, en difficulté depuis des années, n'est toujours pas au bout de ses peines - son CA fléchit lui aussi de 13%, de 4,62 à 4,02 milliards de dollars. Principalement porté par le contrat de vente de 731 éoliennes terrestres livrables en trois mois, le CA de GE Renewable Energy a bondi de 26%, de 2,54 à 3,19 milliards de dollars. Si l'augmentation du CA de GE Healthcare (+1%, de 4,68 à 4,73 milliards) est supérieure à celle du reste du groupe, elle est en deçà des attentes. L'évolution du carnet de commandes (+7% fin mars) laisse toutefois présager une amélioration au deuxième trimestre. GE achève le premier trimestre sur un bénéfice ajusté consolidé de 5 cents par action, un chiffre inférieur au consensus et en baisse de 62% en glissement annuel (0,13 dollar 12 mois auparavant). En cause, principalement: le plongeon du bénéfice de GE Aviation, passé de 1,66 à 1 milliard de dollars (-39%). Tant GE Renewable Energy (malgré la nette progression de son CA) que GE Power essuient des pertes. Le bénéfice s'établit à 0,72 dollar par action contre, certes, 0,10 dollar un an plus tôt, mais ce chiffre intègre la plus-value exceptionnelle de 11,1 milliards de dollars réalisée sur la vente du pôle BioPharma (ainsi, par ailleurs, qu'une moins-value de 4,6 milliards sur la participation dans la parapétrolière américaine Baker Hughes). La pandémie est une sérieuse déconvenue pour Lawrence Culp: le CEO, qui semblait en passe de redresser le navire, est à présent contraint d'annoncer de lourdes répercussions sur les résultats de 2020. Les pronostics sont donc revus à la baisse, et les objectifs à long terme ne font plus l'objet d'aucun commentaire. Les coûts vont en tout état de cause diminuer de 2 milliards de dollars (GE Power remercie 700 personnes, par exemple) et 3 milliards de dollars resteront dans les caisses. GE continue de tenter d'alléger son endettement, de 7 milliards de dollars environ. L'acharnement avec lequel son CEO cherche à stabiliser le navire qui tangue et à lui rendre des perspectives d'avenir, se heurte aux répercussions de la pandémie. Le pessimisme qui régnait parmi les analystes avait pourtant fait place à un espoir qui, au vu de la chute du cours, est une nouvelle fois déçu. Lawrence Culp continue à axer ses efforts sur le désendettement. L'investisseur conscient du risque peut prendre une première position.Conseil: acheterRisque: élevéRating: 1CCours: 7,88 dollarsTicker: GE USCode ISIN: US369604103Marché: NYSECapit. boursière: 68,9 milliards USDC/B 2019: 16C/B attendu 2020: 25Perf. cours sur 12 mois: -21%Perf. cours depuis le 01/01 : -34%Rendement du dividende: 0,3%