Après seulement quatorze mois à la tête du groupe, John Flannery a été démis de ses fonctions chez General Electric ("GE"). L'intermède ne sera pourtant pas passé inaperçu. L'ex-CEO n'avait pas la verve de son prédécesseur, Jeffrey Immelt, certes. Mais surtout, sa communication était trop négative: il a affirmé que GE allait mal. Il a par ailleurs réduit le dividende de moitié (à 12 centimes par action) - il n'est que le deuxième CEO de GE à avoir utilisé cette arme, depuis la Grande Récession de 1930. Récemment, l'action a quitté le prestigieux Dow Jones qu'elle avait intégré plus d'un siècle plus tôt....

Après seulement quatorze mois à la tête du groupe, John Flannery a été démis de ses fonctions chez General Electric ("GE"). L'intermède ne sera pourtant pas passé inaperçu. L'ex-CEO n'avait pas la verve de son prédécesseur, Jeffrey Immelt, certes. Mais surtout, sa communication était trop négative: il a affirmé que GE allait mal. Il a par ailleurs réduit le dividende de moitié (à 12 centimes par action) - il n'est que le deuxième CEO de GE à avoir utilisé cette arme, depuis la Grande Récession de 1930. Récemment, l'action a quitté le prestigieux Dow Jones qu'elle avait intégré plus d'un siècle plus tôt. Fin juin dernier pourtant, Flannery a présenté le "nouveau" GE, plus simple, plus fort et plus spécialisé. Le groupe est ainsi censé, comme par le passé, exceller dans les domaines de l'aéronautique (GE Aviation; chiffre d'affaires: 27 milliards de dollars en 2017), l'énergie (35 milliards) et l'énergie renouvelable (neuf milliards). La division GEHealthcare (soins de santé; chiffre d'affaires: 19 milliards) sera autonome dans les 12 à 18 prochains mois et Baker Hughes GE (pétrole et gaz; 22 milliards USD) fera l'objet d'une scission dans trois ans au plus tard. John Flannery a perdu la confiance des investisseurs et des analystes, cependant. Wall Street n'a cessé de se défaire de l'action. Ainsi GE a-t-il accusé sa plus grave contreperformance par rapport à la Bourse américaine en 125 ans d'existence (-35% cette année, -45% l'an dernier). Il n'est plus question de gloire, désormais, pour ce groupe qui brillait encore lorsqu'il était emmené par Jack Welch - la capitalisation boursière avait explosé de 15 à 600 milliards de dollars en août 2000. Fin septembre de l'exercice 2018, la capitalisation était en deçà de 100 milliards. Il faut dire que John Flannery a revu à la baisse les prévisions annuelles de bénéfice; par action, il ne faut plus compter sur 1 à 1,07 dollar. L'ancien CEO laisse aussi à son successeur une division GE Power en difficulté, dont la comptabilité est à revoir. Ce successeur est Lawrence ("Larry") Culp. L'homme âgé aujourd'hui de 55 ans a emmené de main de maître le groupe industriel et technologique Danaher Corp, de 2000 à 2014. Si le CEO a choisi d'entamer son mandat en commentant la situation du groupe en termes plus élogieux que son prédécesseur, il n'a pas manqué d'ajouter qu'il n'y a pas une minute à perdre, vu la quantité de pain sur la planche. Wall Street a apprécié ce changement au sein de la direction et semble vouloir donner sa chance à Larry. Nous aussi. Nous maintenons que GE vaut (bien) plus que 100 milliards, sa valeur de marché actuelle, et continuons de croire que l'action affichera des niveaux de cours "différents", d'ici deux, trois ans. C'est pourquoi elle est digne d'achat. Conseil : acheterRisque : moyenRating : 1BCours : 13,18 dollarsTicker : GE USCode ISIN : US369604103Marché : NYSECapit. boursière : 114,50 milliards USDC/B 2017 : 13,5C/B attendu 2018 : 14,5Perf. cours sur 12 mois : -44 %Perf. cours depuis le 01/01 : -24 %Rendement du dividende : 3,6 %