L'année 2014 pourrait être une année charnière pour GDF Suez. La société énergétique est confrontée depuis plusieurs années à un repli de son cash-flow opérationnel (EBITDA) en Europe. Pourtant cette année, ce repli pourrait être largement compensé par l'augmentation des cash-flows produits par les activités sur les marchés émergents et sa présence de plus en plus tangible au niveau de la chaîne mondiale du gaz naturel et du GNL. En Europe, le chiffre d'affaires (CA) pourrait encore baisser de 200 à 400 millions EUR, voire davantage en raison des nouveaux problèmes rencontrés par les réacteurs nucléaires Tihange 2 et Doel 3, ainsi que par l'hiver particulièrement doux. Mais hors Europe, la direction espère 400 à 800 millions EUR d'EBITD...

L'année 2014 pourrait être une année charnière pour GDF Suez. La société énergétique est confrontée depuis plusieurs années à un repli de son cash-flow opérationnel (EBITDA) en Europe. Pourtant cette année, ce repli pourrait être largement compensé par l'augmentation des cash-flows produits par les activités sur les marchés émergents et sa présence de plus en plus tangible au niveau de la chaîne mondiale du gaz naturel et du GNL. En Europe, le chiffre d'affaires (CA) pourrait encore baisser de 200 à 400 millions EUR, voire davantage en raison des nouveaux problèmes rencontrés par les réacteurs nucléaires Tihange 2 et Doel 3, ainsi que par l'hiver particulièrement doux. Mais hors Europe, la direction espère 400 à 800 millions EUR d'EBITDA supplémentaires en comparaison avec l'an dernier. En fin de compte, l'EBITDA devrait donc être situé entre 12,3 et 13,3 milliards EUR, à comparer à 13 milliards EUR en 2013. En 2012, cet EBITDA s'élevait encore à 14,6 milliards EUR, mais le cours relativement faible du dollar (USD) et du réal brésilien (BRL) d'une part, et la vente d'actifs d'autre part, ont affecté le groupe l'an dernier. L'EBITDA attendu pour cette année devrait se traduire en un bénéfice net récurrent (hors éléments exceptionnels) compris entre 3,3 et 3,7 milliards EUR, ce qui est légèrement plus élevé que les précédentes prévisions, et contraste par rapport aux 3,4 milliards EUR de bénéfice net récurrent de l'an dernier. Ce bénéfice a cependant reçu un coup de pouce de 350 millions EUR cette année sous la forme de coûts d'amortissement moins élevés. En termes sous-jacents, le bénéfice par action sera donc tout juste inférieur à celui de 2013. Ces coûts d'amortissement moins élevés découlent de l'importante réduction de valeur appliquée l'an dernier par GDF Suez aux centrales thermiques européennes, principalement. Au total, le groupe a procédé à des réductions de valeur à hauteur de 15 milliards EUR car la direction considérait la faible rentabilité des marchés énergétiques européens comme un facteur "sérieux et persistant". Cette année, GDF Suez prévoit une légère amélioration des prix de l'électricité mais bien en desous de leur moyenne historique. Hélas, actuellement, la demande d'électricité ne montre pas encore de signes de redressement et la surcapacité est encore trop grande sur le marché européen. En outre, la percée de l'énergie verte a affecté la rentabilité des centrales au gaz, surtout. Jusqu'à nouvel ordre, le groupe suspend donc les investissements en Europe dans les centrales classiques. Au cours des années à venir, le centre de gravité du groupe devrait glisser de l'Europe vers les marchés émergents. Cela dit, GDF Suez enregistre toujours la moitié de son CA en Belgique et en France, et seulement 15% dans les pays émergents. GDF Suez a par ailleurs dévoilé sa nouvelle politique en matière de dividende. Pour 2013, le groupe devrait octroyer un dividende de 1,5 EUR brut par action, dont la moitié a déjà été versée l'an dernier au titre de dividende intérimaire. GDF Suez reverse donc plus de 100% de son bénéfice récurrent, ce qui n'est pas tenable à terme. A partir de cette année, 65% à 75% du bénéfice net récurrent sera reversé, avec un minimum de 1 EUR par action. Pour 2014, cela impliquerait l'octroi d'un dividende légèrement supérieur à 1 EUR, portant le rendement de dividende à environ 6%ConclusionLe rendement de dividende brut intéressant de 10% a fondu, mais ce n'est que logique. Les résultats semblent se stabiliser, même si les circonstances de marché demeurent particulièrement difficiles en Europe. La valorisation, compte tenu des conditions, est honnête, malgré le rallye des dernières semaines.Conseil: conserverRisque: faibleRating: 2A