Environ une semaine après la publication des résultats d'Ontex, l'on a pu lire que son actionnaire de référence, GBL, envisage de faire une offre sur l'entreprise, dont la valorisation est très faible. Le groupe serait en discussion avec des partenaires (de capital-investissement) potentiels. Nous en saurons probablement davantage le 10 mars, jour où GBL publiera ses résultats annuels.
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Environ une semaine après la publication des résultats d'Ontex, l'on a pu lire que son actionnaire de référence, GBL, envisage de faire une offre sur l'entreprise, dont la valorisation est très faible. Le groupe serait en discussion avec des partenaires (de capital-investissement) potentiels. Nous en saurons probablement davantage le 10 mars, jour où GBL publiera ses résultats annuels. L'explosion des cours des matières premières et les perturbations que connaissent les chaînes d'approvisionnement font souffrir le producteur belge de solutions d'hygiène personnelle. Ses résultats de2021 en témoignent. Cependant, sans les nouvelles mesures de réduction des coûts qu'a prises Esther Berrozpe, à la tête d'Ontex depuis le début de2021, l'exercice aurait été catastrophique. Mi-décembre, la direction a présenté un plan pragmatique, New Ontex, qui vise à augmenter structurellement la rentabilité de l'entreprise. Jugeant insuffisantes les initiatives prises par la précédente équipe de direction (développement de marques propres et expansion en Amérique latine, qui avaient davantage endetté Ontex et réduit sa rentabilité) en vue d'accroître la marge d'Ebitda, soit le rapport entre le cash-flow opérationnel et le chiffre d'affaires, à 12,5-13,5 d'ici à 2023, elle a décidé qu'Ontex se limiterait aux marques de distributeur et à l'Europe et l'Amérique du Nord, ses marchés d'origine. Pour autant, atteindre cet objectif ne sera pas aisé. Car l'entreprise n'est pas positionnée au mieux sur ses marchés pour pouvoir répercuter rapidement et intégralement l'envolée des coûts des matières premières sur les consommateurs. Mi-décembre toujours, la direction avait averti qu'en 2021 les ventes à périmètre comparable diminueraient de 1,5 % et que la marge d'Ebitda s'établirait autour de 8,5%. Et ce fut le cas: le chiffre d'affaires s'est élevé à 2,026 milliards d'euros (2,087 milliards en 2020) et, après un plongeon de 27% de l'Ebitda, de 236 à 172 millions d'euros, la marge d'Ebitda s'est contractée, de 11,3 à 8,5% (-280 points de base), malgré la réalisation d'économies à hauteur de 75 millions d'euros bruts (60 millions nets). La hausse des coûts a gommé 510 points de base (5,1% ) de la marge d'Ebitda. Au 4e trimestre, cette dernière n'a pas dépassé 5,9% (10% au 4e trimestre de 2020, 7,8% au 3e trimestre de 2021); l'Ebitda a diminué de 40,6%, de 52,5 à 31,2 millions d'euros. Le résultat ajusté par action s'est contracté, de 1,01 à 0,07 euro. La dépréciation de 121 millions d'euros sur les activités brésiliennes (pour lesquelles aucun repreneur n'a encore été trouvé) a enfoncé le résultat net dans le rouge (-0,76 euro par action). Dans ce contexte, nous saluons la réduction de la dette financière nette, de 847,6 millions d'euros fin 2020 à 726 millions d'euros un an plus tard; grâce à un contrôle strict des coûts et des investissements, le cash-flow disponible n'a diminué que de 7 millions d'euros, à 53 millions d'euros. En outre, les anciens propriétaires de la chaîne brésilienne Hypermarcas ont versé à Ontex 81 millions d'euros. Le plongeon de l'Ebitda récurrent a hélas fait remonter le taux d'endettement (dette financière nette/Rebitda), de 3,6 fin 2020 à 4,2 fin 2021. S'il porte ses fruits, le plan d'Esther Berrozpe le ramènera sous 3 d'ici à 2023. La CEO assure qu'après un premier trimestre difficile (coût croissant des matières premières), la situation s'améliorera progressivement. Le marché a bien réagi à la rumeur d'une offre à venir de GBL et ses futurs partenaires sur Ontex. En 2018, l'offre de PAI Partners avait été rejetée. Nous espérons que la prochaine sera d'au moins neuf euros par action; si elle devait être moindre, nous ne l'accepterions pas. Le cas d'Ontex est selon nous loin d'être désespéré. Si l'entreprise n'est pas rachetée, son titre devrait pouvoir se redresser dans les 18 à 24 mois qui viennent. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 6,33 eurosTicker: ONTEX BBCode ISIN: BE0974276082Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 532 millions EURC/B 2021: -C/B attendu 2022: -Perf. cours sur 12 mois: -26%Perf. cours depuis le 01/01: -13%Rendement du dividende: -