7,08 EUR - 4C ↓ A conserver
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7,08 EUR - 4C ↓ A conserver Le secteur des énergies renouvelables traverse une période difficile. La politique de subsides versatile des Etats occidentaux rend le climat d'investissement incertain. Ce n'est donc pas un hasard si Gamesa (ticker : GAM en Bourse de Madrid; code ISIN : ES0143416115) de même que Vestas, Alstom et Dong Energy, ait récemment réclamé la création d'un cadre européen contraignant pour un objectif d'au moins 30% de contribution des énergies renouvelables d'ici à 2030. Un cadre juridique plus précis contribuerait positivement à la confiance dans le secteur, ce qui permettrait de réduire les investissements et de rendre le secteur moins dépendant des subsides. Cette situation a incité Gamesa, il y a un certain temps déjà, à opérer une diversification géographique en direction des pays émergents. Cette décision porte ses fruits. Pendant les neuf premiers mois, les Espagnols ont réalisé 70% des volumes vendus de turbines à vent dans les pays émergents : 51% en Amérique latine, 18% en Inde et 1% en Chine. Au cours de la même période en 2012, la contribution de ces pays atteignait seulement 49%. L'augmentation en Amérique latine est particulièrement notable. Sur les neuf premiers mois, Gamesa a vendu 1.432 mégawatts (MW) de turbines à vent, 13,8% de moins qu'en 2012. Après six mois, le retard atteint encore 16,7%. La société prévoit désormais pour 2013 de vendre environ 2000 MW, contre une fourchette préalablement estimée de 1800 à 2.000 MW et 2.119 MW en 2012. Les prix par MW vendu sont en baisse depuis plusieurs années mais semblent à présent sortir du plancher autour de 1 million EUR par MW vendu. En témoigne le fait que le chiffre d'affaires (CA) du 3etrimestre a baissé moins largement (-4%) par rapport au 3etrimestre 2012 que les volumes vendus (-7,1%). Après neuf mois, le repli du CA de -2,08 milliards EUR en 2012 à 1,66 milliard EUR ou -20,3% est cependant plus prononcé que la baisse des volumes (-13,8%). Mais la bonne nouvelle de l'année concerne toujours l'évolution positive de la marge opérationnelle (marge d'EBIT). L'année dernière, cette marge évoluait très défavorablement, ce qui a poussé l'entreprise à prendre des mesures radicales : le business plan 2013-2015 a été établi, dont l'objectif est d'atteindre à partir de 2015 le break-even (ni bénéfice ni perte) à partir d'un volume annuel de 1.300 MW. Des réductions de coûts importantes, une baisse de la capacité de production, l'optimisation du processus de production et la limitation du fonds de roulement doivent y contribuer. La société est assurément sur la bonne voie, puisque malgré la baisse du CA, la marge d'EBIT s'élève, après neuf mois, à 5,4%, contre un modeste 0,2% sur la même période l'an dernier. Au 3e trimestre, la marge d'EBIT s'élevait à 4,5%. Gamesa a relevé son objectif annuel à au moins 5% (contre 3 à 5% précédemment). La division la plus rentable, Entretien, continue aussi de progresser. La capacité totale gérée s'est inscrite en hausse de 9,6% par rapport aux neuf premiers mois de 2012, à 19.539 MW. Les revenus ont connu une augmentation plus sensible encore, à 269 millions EUR (+18,2%), avec une marge d'EBIT de 12,6%. En octobre, le carnet de commandes a sensiblement augmenté : de 470 MW à 1750 MW, contre 1505 MW fin octobre 2012. Les Espagnols annonceront en février 2014, lors de la publication des résultats annuels, leurs objectifs pour 2014. Cette année, l'action Gamesa a déjà accompli un parcours enviable. Pour une amélioration ultérieure de la marge d'EBIT vers le niveau espéré de 10%, il faudra attendre l'accroissement des volumes. Les prévisions des analystes ont été relevées sensiblement ces derniers mois. L'action est loin d'être bon marché, à 38 et 22 fois le bénéfice 2013 et 2014 respectivement, et est vulnérable à une correction, vu sa récente hausse. Nous abaissons notre conseil à "alléger" (rating 4C).