0,85 CAD - 3D A conserver/attendre
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0,85 CAD - 3D A conserver/attendreNous écrivions récemment que les semaines à venir seraient cruciales pour le projet de mine d'or et d'argent de Rosia Montana, dans les Carpates roumaines (10,1 millions d'onces d'or et 47,6 millions d'onces d'argent). En septembre, un comité spécial, composé de représentants de la Chambre et du Sénat, a été créé au sein du Parlement roumain pour se pencher sur un "fast track" - une approbation rapide - du projet. Au début de l'année, le parti du Premier ministre Victor Ponta avait présenté un plan de relance économique pour le pays des Balkans. La Roumanie, confrontée à un taux de chômage élevé, souhaite attirer davantage d'investissements étrangers. Le plan semblait également prévoir un rôle important pour l'industrie minière. De bonnes nouvelles, à première vue, pour l'entreprise minière canadienne Gabriel Resources (GBU), actionnaire principal de Rosia Montana. Mais en Roumanie, il y a souvent un gouffre entre la théorie et la pratique. Sous l'influence des opposants au projet, Victor Ponta a brutalement changé de cap. On s'est rapidement aperçu que la législation "fast track" ne serait pas adoptée, et la semaine dernière, la proposition a été balayée en commission, avec 17 voix contre et deux abstentions. Les associations environnementales et ONG (organisations non gouvernementales) qui mènent l'opposition la plus vive entre le projet s'opposent notamment à l'utilisation de cyanure à Rosia Montana. Pourtant, la méthode de production proposée par GBU est conforme aux normes européennes les plus strictes. Nuance importante : le comité spécial ne s'est pas exprimé contre le projet en soi, mais contre son approbation accélérée. Le comité a également formulé des recommandations sur la révision de la législation roumaine sur les mines. Les lois actuelles ne sont pas adaptées à des projets de grande ampleur comme Rosia Montana, et il est indispensable de les moderniser. Reste à voir si ce dossier sera prioritaire pour le gouvernement actuel car de nouvelles élections sont programmées l'an prochain. Difficile également de déterminer l'impact du refus sur la répartition des droits de propriété. Il avait en effet été convenu que la participation de GBU via la Rosia Montana Gold Corporation (RMGC) serait réduite de 80,69% à 75%. Simultanément, la participation de l'Etat roumain, par le biais de l'entreprise publique Minvest, devait être relevée de 19,31% à 25%. En outre, les royalties (taxes) auraient dû être majorées de 4% à 6% du chiffre d'affaires (CA) brut à venir. Mais il est très possible que ces accords soient remis en cause à présent que les concessions accordées par GBU n'ont pas donné lieu à l'assouplissement attendu de la position du gouvernement. En septembre, le management de GBU avait déjà annoncé qu'il n'hésiterait pas, le cas échéant (lire : si l'opposition persistait), à s'adresser aux instances juridiques européennes pour préserver ses droits. GBU affichait le 30 septembre une trésorerie de 56,2 millions USD. L'entreprise a consommé en moyenne 3,5 millions USD de liquidités par mois au 3e trimestre, contre 3,2 millions USD au 2e trimestre. GBU table toujours sur un investissement total de 1,5 milliard USD pour le projet. Quatre cent millions USD ont déjà été dépensés.Les actionnaires ont vu s'éteindre le dernier espoir d'une approbation rapide du projet. Le flou règne à présent concernant la suite des événements. Attendre une nouvelle loi sur les mines engendrera quoi qu'il en soit un retard supplémentaire. Au final, l'action n'a guère évolué à l'annonce de la décision, mais le marché l'avait déjà anticipée depuis longtemps vu le discours adopté par Victor Ponta. La taille du projet et les faibles coûts de production font de GBU une action intéressante en soi. Mais l'incertitude persistante, combinée à la dilution inévitable des actions existantes, justifie de moins en moins un conseil d'achat. Nous abaissons donc la note à "à conserver/attendre" (3D).