1,41 CAD - 1D Digne d'achat à titre spéculatif
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1,41 CAD - 1D Digne d'achat à titre spéculatifLe projet aurifère Rosia Montana, situé dans les Carpates en Roumanie, existe depuis déjà près de dix ans, mais uniquement sur papier. Compte tenu d'une succession de manoeuvres politiques et agendas cachés des opposants, on ne sait d'ailleurs toujours pas, à l'heure actuelle, si le feu vert sera un jour donné à ce qui pourrait pourtant devenir le plus important projet aurifère d'Europe. Le parti social-démocrate du Premier ministre Victor Ponta entend récolter cette année 10 milliards EUR d'investissements et créer 50.000 nouveaux emplois dans cinq domaines d'activités stratégiques. L'un d'entre eux est la construction minière et là, 7 projets ont été sélectionnés, dont Rosia Montana. Cette attitude soudainement plus souple du gouvernement n'est évidemment pas due au hasard. Ces derniers mois et semaines, les négociations concernant une adaptation des droits de propriété furent âpres. Le projet est aux mains de la Rosia Montana Gold Corporation ou RMGC. Jusqu'à récemment, la société minière canadienne Gabriel Resources (GBU) détenait 80,69% de RMGC. Le solde (19,31%) revenait au gouvernement roumain par l'intermédiaire de la société publique CNCAF Minvest. Il a été convenu que la part de l'Etat dans RMGC serait relevée à 25%. GBU dispose lui-même d'un actionnariat relativement stable, le hedge fund Paulson (16%) et Newmont Mining (13%) comptant parmi ses actionnaires les plus connus. Le flottant - ou nombre d'actions en circulation - est limité à 26%. Les royalties (taxe sur les revenus futurs) ont également été revus à la hausse, de 4% à 6%. Ce pourcentage est applicable sur le chiffre d'affaires (CA) brut futur. Notons que la Roumanie peut également demander à être payée en or physique. Cette taxe peut donc être considérée comme un écrémage de la production d'or physique de 6%. L'impôt sur le bénéfice reste pour l'instant inchangé à 16%. Cette concession de GBU devrait assouplir le processus d'obtention d'une autorisation. A la fin du mois dernier, le gouvernement Ponta proposait une loi temporaire qui règle notamment la suite à donner à ce processus. La licence environnementale semble constituer le plus important obstacle, mais GBU estime que d'ici trois mois, tout sera en ordre de ce point de vue. La loi temporaire doit encore être votée par le parlement roumain et ce vote pourrait avoir lieu ce mois-ci encore. Les ONG ne s'avouent pas aussi facilement vaincues, pour autant. La plus activiste, Alburnus Maior, ouvertement soutenue par George Soros, probablement le Hongrois ethnique le plus connu (et également le plus riche), a organisé plusieurs manifestations de protestations contre cette loi temporaire. L'ONG demande au parlement de la rejeter et espère même une interdiction complète de l'usage du cyanure dans l'industrie minière roumaine. Ponta envisage d'organiser un référendum national sur cette question, qui coïnciderait avec les élections européennes de mai 2014. L'issue serait contraignante si la moitié des habitants votaient, ce qui est très peu probable. Ce référendum pourrait dès lors devenir un "non-event". A la fin du 2e trimestre, GBU avait encore 62,8 millions USD en caisse. Au 1er semestre, il a consommé en moyenne 3,2 millions USD de liquidités par mois. Après l'obtention des autorisations nécessaires, la construction de la mine devrait encore durer 30 mois. Le coût de capital total est budgétisé à 1,5 milliard USD (dont 400 millions USD déjà dépensés) et les réserves de Rosia Montana sont estimées à 10,1 millions d'onces d'or et 47,6 millions d'onces d'argent.La dilution de leur participation n'est pas tout à fait une surprise pour les actionnaires, mais l'offre est certainement acceptable si le processus d'autorisation peut enfin avancer. Les récentes évolutions sont en tout cas un pas dans la bonne direction. La production ne sera pas envisageable avant fin 2016 et le chemin qui reste à parcourir d'ici sera certainement semé d'embuches. GBU demeure digne d'achat à titre spéculatif (1D).