L'annonce, le 9 janvier, par le norvégien Frontline que contrôle le magnat John Fredriksen, qu'il renonçait à fusionner avec l'armateur de pétroliers Euronav a fait plonger de 18% l'action de ce dernier. On le sait, la famille Saverys, actionnaire d'Euronav par le biais de CMB, désapprouvait le projet. Elle a déboursé de septembre 2021 à décembre 2022 pas moins de 613,8 millions de dollars (dont 265 millions empruntés) pour acheter 50,4 millions d'actions Euronav (à un cours moyen de 12,17 dollars), de manière à atteindre la minorité de blocage de 25% lui permettant de rejeter la fusion. Frontline n'a, semble-t-il, plus jugé intéressante la solution qu'il avait envisagée, une participation majoritaire sous réserve du succès d'une offre d'échange volont...

L'annonce, le 9 janvier, par le norvégien Frontline que contrôle le magnat John Fredriksen, qu'il renonçait à fusionner avec l'armateur de pétroliers Euronav a fait plonger de 18% l'action de ce dernier. On le sait, la famille Saverys, actionnaire d'Euronav par le biais de CMB, désapprouvait le projet. Elle a déboursé de septembre 2021 à décembre 2022 pas moins de 613,8 millions de dollars (dont 265 millions empruntés) pour acheter 50,4 millions d'actions Euronav (à un cours moyen de 12,17 dollars), de manière à atteindre la minorité de blocage de 25% lui permettant de rejeter la fusion. Frontline n'a, semble-t-il, plus jugé intéressante la solution qu'il avait envisagée, une participation majoritaire sous réserve du succès d'une offre d'échange volontaire et conditionnelle (50% + 1 action) à lancer au 1er trimestre de 2023. Le plus grand acteur privé du marché des pétroliers reste donc en mains belges. Mais son avenir est incertain. Dans le dernier rapport en date, John Fredriksen en détenait 17,8%; se défera-t-il de cette participation? Et quelle stratégie adoptera désormais Euronav, dont CMB est à nouveau l'actionnaire principal? Rappelons que le conseil d'administration d'Euronav et Hugo De Stoop, son CEO, ont pleinement soutenu le projet de mariage. Alors que CMB rêve que l'entreprise belge, déjà pionnière en matière d'écologie dans son secteur, opère un revirement stratégique et se diversifie également dans l'écologisation du secteur maritime, par l'intermédiaire de la filiale CMB Tech.Simultanément, le marché du transport de produits pétroliers sort d'une période difficile. D'après de nombreux indicateurs, un cycle haussier pluriannuel s'est amorcé. Euronav avait d'ailleurs renoué avec les bénéfices au troisième trimestre de 2022 grâce à la hausse des tarifs d'affrètement journaliers: le chiffre d'affaires avait plus que doublé en glissement annuel, passant de 94,2 à 223,5 millions de dollars (au deuxième trimestre: 148,7 millions de dollars). Le taux d'affrètement moyen des VLCC (navires pouvant transporter 320.000 tonnes) s'était élevé à 22.250 dollars par jour, contre 9.000 dollars en 2021 et 17.000 dollars au deuxième trimestre de 2022. Celui des Suezmax (jusqu'à 165.000 tonnes) avait atteint 34.000 dollars, contre 10.250 dollars un an plus tôt et 20.000 dollars au deuxième trimestre de 2022. Euronav a ainsi réalisé un bénéfice net de 16,4 millions de dollars, ou 0,08 dollar par action, alors qu'un an auparavant il avait éprouvé une perte nette de 105,9 millions. Après neuf mois, la perte nette ne s'élevait plus qu'à 31,8 millions de dollars (266,6 millions de dollars, un an plus tôt). Les chiffres du quatrième trimestre seront dévoilés le 2 février. Début novembre, Euronav avait déjà loué 45% de la capacité des VLCC à 47.500 dollars en moyenne par jour et 48% de celle des Suezmax à 45.000 dollars en moyenne. Les analystes escomptent pour le dernier trimestre de 2022 un chiffre d'affaires de 324,9 millions de dollars et un bénéfice net de 0,75 dollar par action. Pour 2023, les perspectives sont très bonnes: un chiffre d'affaires de 1,07 milliard de dollars et un bénéfice net de 1,89 dollar par action. Après le désistement de Frontline, Euronav étudie toutes les manières de défendre ses intérêts. L'action belge se négocie à plus de 10% sous la valeur intrinsèque (environ 14,5 euros), depuis son dévissage. Compte tenu en outre des résultats attendus, nous aurions recommandé d'acheter, s'il n'y avait pas eu toutes ces incertitudes à court terme. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 12,65 eurosTicker: EURN BBCode ISIN: BE0003816338 Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 2,78 milliards EURC/B 2021: -C/B attendu 2022: 26Perf. cours sur 12 mois: +52%Perf. cours depuis le 01/01: -23%Rendement du dividende: 0,9%