Ce spécialiste américain des matières premières a été plus sévèrement sanctionné encore que ses pairs du secteur. D'une capitalisation boursière de 55 milliards USD en 2010, il ne reste plus que 5 milliards USD à peine, alors que sa position d'endettement s'est alourdie de 5 à 20,4 milliards USD fin 2015. Les problèmes ont commencé en 2013, année marquée par l'acquisition controversée de Plains Explorations pour 9 milliards USD. Le groupe étendait ainsi (à nouveau) son champ d'activités au secteur américain du pétrole et du gaz. Le groupe envisage la scission de sa division Pétrole & Gaz. Mais lors de la publication des résultats annuels, le CEO Richard Atkerson a fait marche arrière en indiquant que d'autres...

Ce spécialiste américain des matières premières a été plus sévèrement sanctionné encore que ses pairs du secteur. D'une capitalisation boursière de 55 milliards USD en 2010, il ne reste plus que 5 milliards USD à peine, alors que sa position d'endettement s'est alourdie de 5 à 20,4 milliards USD fin 2015. Les problèmes ont commencé en 2013, année marquée par l'acquisition controversée de Plains Explorations pour 9 milliards USD. Le groupe étendait ainsi (à nouveau) son champ d'activités au secteur américain du pétrole et du gaz. Le groupe envisage la scission de sa division Pétrole & Gaz. Mais lors de la publication des résultats annuels, le CEO Richard Atkerson a fait marche arrière en indiquant que d'autres actifs étaient également en vente. Son objectif est de réduire le plus rapidement possible la dette de 5 à 10 milliards USD. Sur le seul Plains Explorations, pas moins de 3,7 milliards USD ont été amortis aux 3e et 4e trimestres. L'an dernier, la production pétrolière et gazière a totalisé 51,3 millions de barils d'équivalent pétrole. Freeport-McMoRan (FCX) est avant tout l'un des plus grands producteurs de cuivre indépendants cotés en Bourse au monde, avec un volume de ventes de 4 milliards de livres de cuivre en 2015. Le prix du cuivre a cependant baissé de moitié en l'espace de quatre ans. En 2011, il réalisait encore un bénéfice de 5 USD par action. Son cours de Bourse actuel est plus bas ! Par ailleurs, Freeport est un producteur aurifère de taille respectable avec 1,26 million d'onces produites en 2015. Mais FCX est aussi le premier producteur mondial de molybdène (métal crucial pour rendre l'acier plus solide et plus résistant à la corrosion aux fluctuations de température), avec 92 millions de livres en 2015. L'un des principaux atouts de FCX est sa belle diversification géographique, avec des activités sur les quatre continents. Le groupe américain dont le siège est établi à Phoenix, Arizona, dispose avant tout de sept mines de cuivre et d'une mine spécifique de molybdène (Henderson au Colorado) aux États-Unis. En Amérique latine, FCX possède les mines de cuivre de Cerro Verde au Pérou et d'El Abra au Chili. En Asie, toutes les activités sont concentrées en Indonésie, et plus précisément dans un complexe minier. Il s'agit du projet Grasberg, un complexe d'envergure mondiale, avec notamment les plus grandes réserves de cuivre et d'or au monde. Grasberg fournit d'ailleurs la presque totalité de la production d'or. Le groupe n'est actif en Afrique que depuis quelques années, avec le projet de Tenke Fungurume au Congo. On y trouve par ailleurs une production limitée de cobalt. Pour cette année, il table sur une production de cuivre de 5,1 milliards de livres, une production d'or de 1,8 million d'onces d'or et une production de 73 millions de livres de molybdène. La production de pétrole et de gaz devrait atteindre 57,6 millions de barils d'équivalent pétrole. L'année dernière fut catastrophique. En raison notamment des lourds amortissements, le groupe a accusé une perte nette de 13,38 milliards USD ou 11,31 USD par action, contre -1,26 USD par action pour 2014. Le chiffre d'affaires s'est replié de 26%, à 15,88 milliards USD. ConclusionLe repli de cours de 70% en seulement douze mois a ramené Freeport-McMoRan à un niveau de valorisation très faible : 0,5 fois la valeur comptable, 0,4 fois le chiffre d'affaires et 6 fois le rapport valeur d'entreprise/cash-flow opérationnel (EBITDA) 2016. Mais sa dette élevée réserve l'action aux investisseurs très conscients du risque.Conseil : digne d'achatRisque : élevéRating : 1C