Les investisseurs s'étaient déjà plus ou moins faits à l'idée qu'en l'absence de grands événements sportifs, les années impaires, comme 2017, seraient décevantes: le numéro 1 de la production de matériel et de logiciels destinés au traitement d'images professionnelles pour l'industrie télévisée ne peut en effet, faute de rencontres extraordinaires, tirer profit de la location exceptionnelle de matériel. Reste qu'il pourrait bien clore l'exercice 2018 (année paire) sur des résultats en baisse également. L'entreprise liégeoise pronostique que le chiffre d'affaires (CA) se situera entre 115 et 130 millions d'euros (118,8 millions d'euros en 2017). Or jusqu'à présent, les années paires avaient été nettement meilleures que les autres, sur les plans du CA et...

Les investisseurs s'étaient déjà plus ou moins faits à l'idée qu'en l'absence de grands événements sportifs, les années impaires, comme 2017, seraient décevantes: le numéro 1 de la production de matériel et de logiciels destinés au traitement d'images professionnelles pour l'industrie télévisée ne peut en effet, faute de rencontres extraordinaires, tirer profit de la location exceptionnelle de matériel. Reste qu'il pourrait bien clore l'exercice 2018 (année paire) sur des résultats en baisse également. L'entreprise liégeoise pronostique que le chiffre d'affaires (CA) se situera entre 115 et 130 millions d'euros (118,8 millions d'euros en 2017). Or jusqu'à présent, les années paires avaient été nettement meilleures que les autres, sur les plans du CA et des bénéfices. Mais EVS a entamé l'exercice sur un faux départ: le CA du 1er trimestre n'a pas dépassé 22,8 millions d'euros, soit une baisse de 6,9% en glissement annuel (24,5 millions d'euros au 1er trimestre de 2017). Compte non tenu de la mise en location de matériel supplémentaire à l'occasion des deux grands événements sportifs de2018 que sont les Jeux olympiques d'hiver (février) et la Coupe du Monde de football (juin-juillet), le repli atteint même 20%. La concurrence acharnée de Netflix, principalement, pesant sur leurs revenus publicitaires, les entreprises médiatiques et les chaînes de télévision investissent toujours très peu. Le recul du CA enregistré entre janvier et mars fait dégringoler de 62,4% le bénéfice d'exploitation (Ebit passé de 4,9 à 1,9 million d'euros). Quant à la marge d'Ebit, elle n'est plus que de 8,1%, au lieu de 20,1%, soit bien en deçà du consensus. Quoique moins inquiétante que celle du bénéfice d'exploitation, l'évolution du résultat net est peu réjouissante (passage de 3,6 à 2,1 millions d'euros, soit une chute qui frôle les 40%). Le bénéfice par action plonge donc de 0,26 à 0,16 euro. Les perspectives, pour le 2e trimestre, ne sont pas plus encourageantes. Peu fourni (32,3 millions d'euros, soit -9% en glissement annuel), le carnet de commandes dit tout. L'entreprise s'apprêtant à mettre sur le marché plusieurs nouveaux produits - ce qui explique qu'elle ait tant de difficultés à décrocher des commandes pour l'instant -, Muriel De Lathouwer (CEO) se dit davantage optimiste pour le 2e semestre. Reste que nous ne nous risquerions pas, pour l'heure, à anticiper un véritable rebond. Alors qu'ils avaient toujours suivi une courbe ascendante, les résultats d'EVS sont orientés à la baisse depuis 2012. Les marges bénéficiaires, jadis très élevées, cèdent elles aussi du terrain année après année. La marge d'Ebit de l'exercice 2018 menace d'ailleurs d'être la plus faible de l'actuelle décennie. Pour l'exercice 2017, les actionnaires percevront, outre l'acompte sur dividende de 0,50 euro brut par action, un dividende final du même montant. EVS ne parvient pas à renouer avec la croissance. L'exercice 2018 sera lui aussi décevant et 2019 ne s'annonce pas nécessairement meilleur. Les entreprises du secteur mettent en effet un frein à leurs investissements. La valorisation a naturellement chuté, pour plafonner à sept fois le rapport valeur de l'entreprise (EV)/cash-flow d'exploitation (Ebitda) escompté pour l'exercice. Si le rendement du dividende est attrayant, nous n'oserions l'affirmer tenable. En l'absence, à nos yeux, de réelles perspectives de redressement avant 2020, nous revoyons une nouvelle fois notre conseil à la baisse. La chute du cours est, malheureusement, justifiée.Conseil : vendreRisque : moyenRating : 3BCours : 21,25 eurosTicker : EVS BBCode ISIN : BE0003820371Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 289 millions EURC/B 2017 : 12,5C/B attendu 2018 : 18Perf. cours sur 12 mois : -38 %Perf. cours depuis le 01/01 : -27 %Rendement du dividende : 4,7 %