Les revenus publicitaires de Facebook souffrent moins de la crise qu'attendu. Les répercussions de la pandémie ne s'étant fait sentir qu'en fin de trimestre, la situation est toutefois difficile à mesurer.
...

Les revenus publicitaires de Facebook souffrent moins de la crise qu'attendu. Les répercussions de la pandémie ne s'étant fait sentir qu'en fin de trimestre, la situation est toutefois difficile à mesurer. Facebook a dégagé un chiffre d'affaires de 17,74 milliards de dollars au 1er trimestre (+18% en glissement annuel, et 400 millions au-delà du consensus). L'essentiel (17,44 milliards) est composé des revenus publicitaires des plateformes Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp. Au cours des trois dernières semaines de mars, les secteurs de l'automobile et des voyages se sont fait particulièrement discrets, situation qui, selon la direction, s'est stabilisée durant les trois premières semaines d'avril (nouveau trimestre). La chute de ces investissements est compensée par d'autres segments, comme les jeux, la technologie et le commerce électronique. C'est en Asie que la croissance des recettes publicitaires est la plus soutenue (21%); ce n'est pas un hasard, puisque c'est là que le gaming est le plus répandu. En Europe et en Amérique du Nord, la croissance s'établit à 16%. A titre de comparaison, les revenus publicitaires de Google Search ont stagné à 9% au 1er trimestre, et chuté de 15% à 24% en avril. Cette différence s'explique notamment par le fait que Facebook vend aux annonceurs des données provenant de "groupes-cibles" entiers alors que dans le cas de Google, les annonces sont liées à des clés de recherche spécifiques: si les recherches sur un terme (voiture ou tourisme, par exemple) sont moins nombreuses, Google gagne également moins. Reste que l'avenir des budgets publicitaires demeure très incertain et que les reports et annulations d'événements majeurs affectent lourdement les sociétés dont le modèle est construit autour des revenus publicitaires. Le nombre d'utilisateurs quotidiennement actifs a bondi de 11%, à 1,73 milliard, au 1er trimestre. Comme Facebook s'était acquitté d'une amende de 5 milliards de dollars au 1er trimestre de 2019, l'augmentation du bénéfice opérationnel (+78%, à 5,9 milliards) n'en est pas une: il reste en réalité 4,9 milliards de dollars net, soit 1,71 dollar par action, ou 10% de moins qu'il y a un an. Facebook entend réduire de 2,5 milliards de dollars ses dépenses opérationnelles. Ses investissements s'allégeront par ailleurs de 3 milliards, à 14-16 milliards de dollars, cette année; il s'agira, principalement, de reports, parfois forcés de toute façon. Le groupe achève le trimestre sur une trésorerie de 60,3 milliards de dollars et une dette de 10,8 milliards. A sa trésorerie nette correspond un montant de 19 dollars par action. Il a racheté, entre janvier et mars, pour 1,2 milliard de dollars d'actions propres. Ses cash-flows disponibles demeurent élevés (7,3 milliards au 1er trimestre) et comme il ne paie pas de dividende, il a de quoi intensifier son programme. En début d'année, il avait d'ailleurs augmenté de 10 milliards de dollars son budget, mais le rendement de ces rachats opérés à des cours historiquement élevés est dérisoire.Le modèle publicitaire de Facebook s'avère rentable, même si le véritable test n'aura lieu qu'aux 2e et 3e trimestres. L'action est à nouveau proche du niveau record atteint en début d'année. Le rapport cours/bénéfice moyen historique du groupe s'élève à 25. Avec un bénéfice escompté de 8 dollars par action et compte tenu de l'importance de la trésorerie nette, il est peu probable que l'on assiste à une nouvelle hausse du cours si le marché de la publicité ne se redresse pas rapidement. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 219,92 dollarsMarché: NasdaqCode ISIN: US30303M1027Ticker: FB USCapit. boursière: 615 milliards USDC/B 2019: 26C/B attendu 2020: 27,5Perf. cours sur 12 mois: +18%Perf. cours depuis le 01/01: +6%Rendement du dividende: -