Le groupe est éclaboussé par des scandales liés à la confidentialité des données et à des accusations d'ingérence politique. En outre, certains membres de la direction seraient en conflit et l'insatisfaction des salariés est grande. Depuis les chiffres décevants du deuxième trimestre, inférieurs aux prévisions pour la première fois depuis 2015, les actionnaires ont eux aussi jeté l'éponge et le titre est en chute libre.
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Le groupe est éclaboussé par des scandales liés à la confidentialité des données et à des accusations d'ingérence politique. En outre, certains membres de la direction seraient en conflit et l'insatisfaction des salariés est grande. Depuis les chiffres décevants du deuxième trimestre, inférieurs aux prévisions pour la première fois depuis 2015, les actionnaires ont eux aussi jeté l'éponge et le titre est en chute libre. Facebook combine quatre plateformes: le réseau social homonyme, Instagram (racheté pour un milliard de dollars en 2012), WhatsApp (acquis pour 19 milliards de dollars en 2014) et le service de messagerie Messenger. Actuellement, l'essentiel du chiffre d'affaires (CA) provient du réseau social. WhatsApp compte 1,5 milliard d'utilisateurs, mais il semble difficile de générer un revenu sur ce service. Instagram est plus lucratif, mais il reste du travail. Facebook doit éviter d'inonder ses utilisateurs de publicités. Au troisième trimestre, le groupe a réalisé un CA de 13,73 milliards de dollars, soit un tiers de plus qu'un an plus tôt, mais seulement 3,7% de plus qu'au deuxième trimestre. Depuis plusieurs trimestres, les coûts, surtout liés aux questions juridiques et de sécurité, augmentent nettement plus vite que les recettes (+53% sur la période), notamment du fait des nombreux scandales liés à une possible ingérence dans la sphère des médias et de la politique. L'augmentation du bénéfice opérationnel (5,78 milliards de dollars) s'est ainsi limitée à 13% au troisième trimestre, en repli de 1,4% en glissement trimestriel. La marge opérationnelle s'est tassée pour le troisième trimestre consécutif et s'élève à présent à 42%, contre 44% au deuxième trimestre et 50% un an plus tôt. Le bénéfice net s'est inscrit en hausse de 11%, à 1,76 dollar par action, manquant les prévisions de 20 centimes de dollar. Au troisième trimestre, Facebook comptait 1,495 milliard d'utilisateurs actifs quotidiennement, soit 9% de plus que l'an dernier et 1,6% de plus qu'un trimestre plus tôt. Toutes les plateformes du groupe cumulées recensent désormais plus de deux milliards d'utilisateurs actifs quotidiennement; l'Europe accuse un léger recul, mais les Etats-Unis et le Canada affichent des chiffres stables. La croissance se concentre dans les régions où le CA par utilisateur est encore faible. Ce dernier atteint en moyenne 6,09 dollars à l'échelle mondiale (8,82 dollars en Europe, 27,61 dollars aux Etats-Unis). L'augmentation du CA devrait encore ralentir au quatrième trimestre; le consensus attend 25%. Les marges vont encore être sous pression, compte tenu de la hausse attendue des dépenses, qui représenteront 40 à 50% du CA environ en 2019. Malgré la hausse des coûts, le groupe a réalisé un cash-flow disponible de 4,1 milliards de dollars, ce qui porte le total depuis le début de l'exercice courant à un peu plus de 12 milliards de dollars. Facebook n'a quasiment pas de dettes et disposait à la fin du troisième trimestre de 41,2 milliards de dollars de liquidités. Facebook traverse une passe difficile: la croissance ralentit et le sentiment des investisseurs est négatif. L'action pourrait donc encore céder du terrain à court terme. Facebook est cependant toujours apprécié des annonceurs, génère des flux de trésorerie élevés et est financièrement robuste. Un positionnement sur la valeur nous semble toutefois prématuré. Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2BCours : 132,43 dollarsTicker : FB USCode ISIN : US30303M1027Marché : NasdaqCapit. boursière : 381,1 milliards USD C/B 2017 : 18C/B attendu 2018 : 15Perf. cours sur 12 mois : -27%Perf. cours depuis le 01/01 : -27%Rendement du dividende : -