Le géant nord-américain des engrais a surpris en relevant, à deux reprises, sa production prévisionnelle de potasse. La première annonce, datée du 7 juin, évoquait une augmentation de 500.000 tonnes par an. Elle suivait de quelques jours celle, faite par son compatriote Mosaic, de l'arrêt de la production des deux anciens puits de la mine d'Esterhazy neuf mois plus tôt que prévu, en raison de l'aggravation des risques d'inondation. Mosaic produira donc 1 million de tonnes de potasse de moins qu'escompté ces 12 prochains mois. Mais c'est principalement à l'accélération inattendue de la demande mondiale de potasse, qui elle-même s'explique par les prix élevés des récoltes, qui incitent les agriculteurs à produire plus, qu'est due l'augmentation chez Nutri...

Le géant nord-américain des engrais a surpris en relevant, à deux reprises, sa production prévisionnelle de potasse. La première annonce, datée du 7 juin, évoquait une augmentation de 500.000 tonnes par an. Elle suivait de quelques jours celle, faite par son compatriote Mosaic, de l'arrêt de la production des deux anciens puits de la mine d'Esterhazy neuf mois plus tôt que prévu, en raison de l'aggravation des risques d'inondation. Mosaic produira donc 1 million de tonnes de potasse de moins qu'escompté ces 12 prochains mois. Mais c'est principalement à l'accélération inattendue de la demande mondiale de potasse, qui elle-même s'explique par les prix élevés des récoltes, qui incitent les agriculteurs à produire plus, qu'est due l'augmentation chez Nutrien. Une nouvelle hausse de 500.000 tonnes a été annoncée le 21 juin. Les récentes tensions politiques entre l'Union européenne et la Biélorussie, qui ont notamment conduit à une interdiction des importations de potasse biélorusse, n'y sont probablement pas pour rien. Nutrien vise désormais des ventes annuelles de 13,3-13,8 millions de tonnes de potasse, un record; le précédent record, de 13 millions de tonnes, remonte à 2018. Le bénéfice net ajusté devrait par conséquent passer de 2-2,2 dollars à 2,3-2,5 dollars par action au 1er semestre (1,28 dollar un an plus tôt). Sans doute les prévisions pour l'ensemble de l'exercice, qui avaient précédemment été portées de 2,05-2,75 dollars à 2,55-3,25 dollars par action, seront-elles une nouvelle fois relevées à l'occasion de la publication du rapport semestriel. Le bénéfice net ajusté s'établissait au 31 mars à 0,29 dollar par action, un résultat rendu possible par l'augmentation de 11%, à 4,66 milliards de dollars, du chiffre d'affaires, augmentation à laquelle toutes les divisions ont contribué. Le cash-flow opérationnel récurrent (qui exclut les éléments exceptionnels - Rebitda) a bondi à 806 millions de dollars (+59%), répartis comme suit: 380 millions (+33%) pour l'activité Potasse, 300 millions (+27%) pour les Nitrates, 109 millions pour la division Retail (7 millions en 2020) et 97 millions (+111%) pour les Phosphates. Nutrien table sur un Rebitda de 4,4 à 4,9 milliards par an, harmonieusement réparti entre les trois principales divisions (Retail, Potasse et Nitrates) et complété par un Rebitda de 275 à 375 millions pour le pôle Phosphate.Selon la rumeur et bien que les deux parties s'en défendent, Nutrien négocierait avec le géant des matières premières BHP un partenariat relatif au projet Jansen. Enorme projet de construction dans la province minière du Saskatchewan, au Canada, Jansen plane comme une ombre sur le marché de la potasse depuis plusieurs années, pour sa capacité à générer une offre excédentaire. Nutrien lui était jusqu'ici, comme bien d'autres, fortement opposé, mais Mayo Schmidt, qui remplace Chuck Magro à la tête du groupe depuis avril, est plus pragmatique: il estime qu'à condition d'adopter une approche disciplinée de la production, le marché est apte à absorber le surcroît de volumes. BHP, qui a déjà investi 4,5 milliards de dollars dans Jansen, statuera définitivement au 2e semestre. L'action Nutrien s'est très bien comportée ces derniers mois, grâce à l'augmentation des prix des engrais et aux excellents chiffres prévisionnels. Un accord sur le projet Jansen serait à terme profitable aux producteurs de potasse. A 18 fois le bénéfice et à 8,65 fois le ratio valeur de l'entreprise (EV)/Ebitda escomptés pour 2021, nous conseillons de conserver le titre. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 61,30 dollarsTicker: NTR USCode ISIN: CA73755L1076Marché: New YorkCapit. boursière: 34,95 milliards USDC/B 2020: 34C/B attendu 2021: 18Perf. cours sur 12 mois: +86%Perf. cours depuis le 01/01: +27%Rendement du dividende: 3%