Investisseurs et analystes avaient espéré beaucoup plus, cette année, d'EVS Broadcast Equipment. EVS a en effet un profil spécifique : il réalise ses pics de chiffre d'affaires (CA) lors des grands événements sportifs, comme les Jeux Olympiques ou la Coupe du Monde de football. Lors de ces méga-événements, EVS peut louer beaucoup de matériel supplémentaire. Pourtant, l'entreprise liégeoise ne parvient absolument pas à concrétiser les prévisions d'un solide 2014. Le CA a progressé sur les 9 premiers mois, de 11,4%, à 100,9 millions EUR, mais si l'on en exclut les revenus locatifs liés aux Jeux Olympiques d'Hiver en Russie et à la Coupe du Monde de Football au Brésil, en plus des variat...

Investisseurs et analystes avaient espéré beaucoup plus, cette année, d'EVS Broadcast Equipment. EVS a en effet un profil spécifique : il réalise ses pics de chiffre d'affaires (CA) lors des grands événements sportifs, comme les Jeux Olympiques ou la Coupe du Monde de football. Lors de ces méga-événements, EVS peut louer beaucoup de matériel supplémentaire. Pourtant, l'entreprise liégeoise ne parvient absolument pas à concrétiser les prévisions d'un solide 2014. Le CA a progressé sur les 9 premiers mois, de 11,4%, à 100,9 millions EUR, mais si l'on en exclut les revenus locatifs liés aux Jeux Olympiques d'Hiver en Russie et à la Coupe du Monde de Football au Brésil, en plus des variations de change, le CA accuse en réalité un repli de 3%. Par ailleurs, compte tenu des investissements lourds en technologie, la marge de bénéfice opérationnel (marge d'EBIT) est sous pression depuis quelque temps. On constate certes une amélioration à ce niveau au 3etrimestre, avec une marge d'EBIT de 39,8%. En conséquence, après 3 trimestres, on note un léger redressement, de 35,9 à 36,9% grâce à une hausse de l'EBIT au cours de la période janvier-septembre, de 32,5 à 37,2 millions EUR, ce qui représente une progression de 14,5%. Le bénéfice net s'est hissé de 23,3 à 27,3 millions EUR (ou de 1,73 à 2,02 EUR par action; +16,8%). EVS occupe une position unique dans le secteur du commentaire sportif en direct. Sa position de marché enviable lui permet de réaliser des marges bénéficiaires très élevées. L'inconvénient est que ce marché n'est pas énorme, que sa part de marché ne pourra jamais plus connaître d'augmentation spectaculaire. Raison pour laquelle EVS tente depuis quelque temps de grappiller des parts de marché dans le segment de l'Entertainment, News & Media (ENM). Ce marché est quatre fois plus grand, mais pour l'instant, EVS n'est parvenu à s'en approprier qu'une poignée de pour cent. Malgré un 3e trimestre meilleur que prévu, la direction s'en tient à une prévision de croissance modeste de son CA ('low single digit') entre 0 et 5%, ce qui correspond à un CA situé entre 130 et 135 millions EUR. La direction pointe du doigt la faiblesse du marché des serveurs de production pour justifier les moins bonnes perspectives à court terme. Ce qui se traduit par un très faible carnet de commandes. En novembre et décembre, de nouvelles commandes devront rentrer et être traitées pour que les prévisions annuelles soient atteintes. Compte tenu des efforts d'investissement supplémentaires, le bénéfice baissera peut-être cette année, ce qui est pour le moins exceptionnel pour une année paire. Nous escomptons pour l'heure un bénéfice situé entre 2,1 et 2,2 EUR par action. Reste la question du dividende. Le bénéfice escompté est proche du dividende (brut) de 2,16 EUR par action pour l'exercice 2013. L'abaissement du dividende intérimaire de 1,16 à 1 EUR suppose que nous pourrons compter au maximum sur 2 EUR par action. Sur la base du cours de Bourse actuel (qui a baissé), c'est somme toute un rendement de dividende brut d'environ 7,5%.ConclusionLe cours traverse une mauvaise passe. EVS n'en demeure pas moins une société occupant une position de marché solide grâce à une technologie supérieure. Grâce notamment à un rendement de dividende attendu de 7,5% brut, nous maintenons notre conseil positif, même s'il est possible que nous devions attendre un an ou deux pour obtenir un return confortable. A moins bien sûr d'une offre d'achat.