Investisseurs et analystes avaient espéré beaucoup plus, cette année, d'EVS Broadcast Equipment. EVS a en effet un profil spécifique : il réalise ses pics de chiffre d'affaires (CA) lors des grands événements sportifs, comme les Jeux Olympiques ou la Coupe du Monde de football. Lors de ces méga-événements, EVS peut en effet louer beaucoup de matériel supplémentaire. Pourtant, l'entreprise liégeoise ne parvient absolument pas à concrétiser les prévisions d'un solide 2014. Le CA a progressé au 1er semestre de seulement 3,7%, à 64,7 millions EUR. Ce chiffre comprend en effet 6,6 millions EUR de revenus locatifs liés aux Jeux Olympiques d'hiver en Russie et à la Coupe du Monde de Football au Brésil. Sans ces revenus locatifs, le CA aurait ...

Investisseurs et analystes avaient espéré beaucoup plus, cette année, d'EVS Broadcast Equipment. EVS a en effet un profil spécifique : il réalise ses pics de chiffre d'affaires (CA) lors des grands événements sportifs, comme les Jeux Olympiques ou la Coupe du Monde de football. Lors de ces méga-événements, EVS peut en effet louer beaucoup de matériel supplémentaire. Pourtant, l'entreprise liégeoise ne parvient absolument pas à concrétiser les prévisions d'un solide 2014. Le CA a progressé au 1er semestre de seulement 3,7%, à 64,7 millions EUR. Ce chiffre comprend en effet 6,6 millions EUR de revenus locatifs liés aux Jeux Olympiques d'hiver en Russie et à la Coupe du Monde de Football au Brésil. Sans ces revenus locatifs, le CA aurait baissé de 3,8 millions EUR (-6% ou -5% à taux de change constants). Par ailleurs, compte tenu des investissements lourds en technologie, la marge de bénéfice opérationnel (marge d'EBIT) a faibli de 38,5% au 1er semestre de l'an dernier à 35,3% cette année, de sorte que l'EBIT a reflué de 24,1 à 22,9 millions EUR. Le bénéfice net s'est replié de 17 à 16 millions EUR (ou de 1,26 à 1,19 EUR par action; -5,8%). EVS occupe une position unique dans le secteur du commentaire sportif en direct. Sa position de marché enviable lui permet de réaliser des marges bénéficiaires très élevées. L'inconvénient est que ce marché n'est pas énorme (environ 350 millions EUR), que sa part de marché ne pourra jamais plus connaître d'augmentation spectaculaire. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle EVS tente depuis quelque temps de grappiller des parts de marché dans le segment de l'Entertainment, News & Media (ENM). Ce marché est quatre fois plus grand (1,3 milliard EUR), mais pour l'instant, EVS n'est parvenu à s'en approprier qu'une poignée de pour cent. Sur les 6 premiers mois, EVS a pu enregistrer une croissance de 2,3% dans ce segment (à 16,1 millions EUR). Quant au CA de la division Sport, il a fléchi de 9% sur la même période (à 42,2 millions EUR). La grande déception de ces chiffres semestriels tient au fait que malgré les revenus locatifs complémentaires perçus grâce à la Coupe du Monde, la direction prévoit une hausse du CA de seulement 1 à 5% par rapport à 2013 pour l'ensemble de l'exercice 2014. Après le 1er trimestre, la direction tablait encore sur une "légère" hausse de 10%, ou un CA proche de 140 millions EUR. Désormais, nous devrons nous contenter d'un chiffre compris entre 130 et 135 millions EUR. La direction pointe du doigt la faiblesse du marché des serveurs de production pour justifier les moins bonnes perspectives à court terme. Compte tenu des efforts d'investissement supplémentaires, qui se traduiront par une augmentation des coûts opérationnels de 10 à 13% cette année, le bénéfice baissera peut-être cette année, ce qui est pour le moins exceptionnel pour une année paire. Nous escomptons pour l'heure un bénéfice situé entre 2,1 et 2,2 EUR par action, proche du dividende (brut) de 2,16 EUR par action pour l'exercice 2013. Autrement dit, si la direction entend maintenir le dividende à niveau, elle devra distribuer la totalité de son bénéfice. Un abaissement du dividende n'est donc pas exclu, mais sur la base du cours de Bourse actuel (ayant baissé), nous tablons tout de même sur un rendement de dividende brut d'environ 5%.ConclusionLe cours traverse une mauvaise passe. EVS n'en demeure pas moins une société occupant une position de marché solide grâce à une technologie supérieure. Grâce notamment à un rendement de dividende attendu de 5% brut, nous maintenons notre conseil positif, même s'il est possible que nous devions attendre une année ou deux pour obtenir un return confortable.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B