Depuis début septembre, nous savons que Serge Van Herck prendra la tête d'EVS début 2020, mettant un terme au long (18 mois) mandat par intérim de Pierre de Muelenaere, qui avait lui-même repris les rênes de l'entreprise mi-2018 après la démission de Muriel De Lathouwer. Et à en juger par le communiqué de presse annonçant les résultats du 3e trimestre, la tâche du nouveau CEO sera loin d'être aisée.
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Depuis début septembre, nous savons que Serge Van Herck prendra la tête d'EVS début 2020, mettant un terme au long (18 mois) mandat par intérim de Pierre de Muelenaere, qui avait lui-même repris les rênes de l'entreprise mi-2018 après la démission de Muriel De Lathouwer. Et à en juger par le communiqué de presse annonçant les résultats du 3e trimestre, la tâche du nouveau CEO sera loin d'être aisée. Le groupe spécialisé dans les diffusions en direct d'événements sportifs, qui peut se targuer d'un positionnement unique, vient une nouvelle fois de revoir à la baisse les prévisions de chiffre d'affaires (CA), d'une fourchette de 100-120 millions d'euros à 100-110 millions d'euros pour 2019; le consensus attendait 112 millions. Les conditions de marché restent difficiles, contraignant le groupe à faire preuve d'une prudence extrême dans ses investissements. La direction a indiqué que l'avertissement sur CA n'était pas la conséquence d'une perte de parts de marché. Ces derniers temps, les ventes semblaient toutefois pouvoir amorcer un redressement grâce à la transition vers la 4K/UHD et le redécollage des remplacements de projecteurs. Mais l'adoption de cette nouvelle définition semble être plus lente qu'escompté par la direction. Si le CA de 2019 atteint le milieu de la fourchette (105 millions d'euros), il aura une nouvelle fois stagné, exception faite des revenus supplémentaires provenant de la location de matériel pour les grandes manifestations sportives. Le résultat du 1er semestre avait déjà été sauvé par les économies de coûts. L'évolution du CA n'a pas impressionné, avec un recul de 44,1 à 41,0 millions d'euros (-6,9%). Certes, 2019 est une année impaire, donc moins riche sur le plan sportif. Le 1er semestre de 2018 avait été marqué par deux événements majeurs: les Jeux olympiques d'hiver en Corée du Sud et la Coupe du monde de football en Russie. En excluant ces derniers, le CA a augmenté de 12%. Mais les ventes du 1er semestre de 2018 avaient été jugées "faibles" - et le chiffre des six premiers mois de cette année a manqué le consensus de 5%. Le bénéfice d'exploitation (Ebit) a en revanche été plus réjouissant, avec une hausse de 46%, de 2,3 à 3,4 millions d'euros, alors que les analystes tablaient sur un recul de 1,8 million d'euros - le chiffre réel est donc ressorti 90% au-dessus du consensus. Les efforts consentis ont permis une baisse des coûts opérationnels de 7,1%, faisant passer la marge d'Ebit de 5,3 à 8,3%. Le résultat net a en revanche reculé de 10,6 à 3,7 millions d'euros, ou de 0,78 à 0,26 euro par action, même s'il faut préciser qu'un avantage fiscal exceptionnel de 6,6 millions d'euros avait été enregistré au 1er semestre de 2018. Le retard qu'accuse le carnet de commandes a amené EVS à revoir à la baisse ses prévisions de CA pour l'exercice en cours. L'embauche d'un nouveau CEO témoigne cependant de la volonté d'indépendance de la direction d'EVS, qui ne se porte pas candidate à un rachat - un souhait confirmé par l'augmentation de capital menée en décembre 2018 et souscrite par Ackermans & van Haaren et Belfius Insurance. Pour la période 2018-2021, un dividende stable d'un euro brut (réparti à parts égales entre un acompte sur dividende et un dividende à la clôture) a été proposé afin de mettre en avant le profil de dividende stable de l'action EVS. Les actionnaires ont donc récemment perçu 0,50 euro brut par action. EVS possède des technologies de pointe et se distingue par la solidité de sa situation financière, avec une trésorerie nette de 40,9 millions d'euros fin juin 2019. Le CA n'évolue toutefois pas de manière favorable, ce qui tempère notre enthousiasme vis-à-vis de l'action, malgré sa valorisation raisonnable (à 9,5 fois le rapport attendu entre la valeur de l'entreprise et le cash-flow opérationnel) et le beau rendement du dividende. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 20,35 eurosTicker: EVS BBCode ISIN: BE0003820371Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 294 millions EURC/B 2018: 8C/B attendu 2019: 14,5Perf. cours sur 12 mois: +4%Perf. cours depuis le 01/01: -12%Rendement du dividende: 4,9%