Après le retrait d'une première demande de cotation en Bourse (IPO) sur le New York Stock Exchange (NYSE; ticker EURN) en octobre, la double cotation est désormais effective depuis fin janvier. L'IPO s'accompagne de l'émission de 18,7 millions de titres au prix de 12,25 USD par action. Avec le produit de cette émission, le groupe remboursera une obligation de 235,5 millions USD. Cette obligation avait été émise en 2014 dans le cadre du financement de l'acquisition de 15 pétroliers VLCC (Very Large Crude Carriers d'une capacité maximale de 320.000 tonnes). Les conditions stipulaient que 60 jours après une cotation en Bourse du NYSE, le taux d'intérêt - qui s'élève à...

Après le retrait d'une première demande de cotation en Bourse (IPO) sur le New York Stock Exchange (NYSE; ticker EURN) en octobre, la double cotation est désormais effective depuis fin janvier. L'IPO s'accompagne de l'émission de 18,7 millions de titres au prix de 12,25 USD par action. Avec le produit de cette émission, le groupe remboursera une obligation de 235,5 millions USD. Cette obligation avait été émise en 2014 dans le cadre du financement de l'acquisition de 15 pétroliers VLCC (Very Large Crude Carriers d'une capacité maximale de 320.000 tonnes). Les conditions stipulaient que 60 jours après une cotation en Bourse du NYSE, le taux d'intérêt - qui s'élève à 5,95% la première année - augmenterait à 11%. Dans la mesure où l'émission a eu lieu sous le pair (85), Euronav accuse 36 millions USD (31,9 millions USD en 2014, et 4,1 millions USD en 2015) de perte sur le remboursement. En échange des 9,5 millions de nouvelles actions, 30 titres préférentiels perpétuels ont été apportés au capital. Le total des titres en circulation a en conséquence triplé depuis novembre 2013, à 159,2 millions. Des 19 VLCC achetés en 2014, fin décembre, 17 avaient été livrés, et les deux derniers suivront au 1er trimestre. Le fait que le timing était idéal est attesté par l'augmentation de la valeur des navires neufs comme de ceux de deuxième main depuis début 2014, de respectivement 5% et 20% environ. A partir de cette année, Euronav doit pouvoir profiter pleinement de sa flotte étendue, dans la mesure où les tarifs journaliers sont à nouveau en hausse depuis plusieurs mois. Ce ne fut cependant encore le cas qu'en partie au 4etrimestre : son chiffre d'affaires (CA) a progressé de manière spectaculaire, à 144,9 millions USD (+80%). Le tarif journalier moyen des VLCC s'est élevé à 31.665 USD, contre 27.900 USD au 4etrimestre 2013 et 25.000 USD au 3etrimestre. Sur base annuelle, la moyenne journalière a atteint 27.625 USD, contre 20.450 USD en 2013. Pour les navires Suezmax, la moyenne journalière s'est élevée à 24.248 USD au 4etrimestre, contre 17.600 USD en 2013, et sur base annuelle à 23.382 USD en 2014 et à 16.575 USD en 2013. Le cash-flow opérationnel (EBITDA) a augmenté dans une plus large mesure encore au 4etrimestre, de 20,9 à 67,6 millions USD. Cependant, en raison d'amortissements (+39%) et de charges financières plus élevés (+178%), le groupe accuse encore une perte nette de 3,9 millions USD (à comparer à 23,3 millions USD au 4etrimestre 2013). En rythme annuel, la perte nette a régressé de 89,7 millions USD en 2013 à 45,8 millions USD, ou par action, de -1,79 USD à -0,39 USD. Pour 2015, Euronav table sur un break-even (ni perte ni bénéfice), avec un tarif journalier de 27.700 USD pour les VLCC et de 22.700 USD pour les navires Suezmax. Cela promet pour les résultats du 1er trimestre, car pour les VLCC, 53% de la capacité totale est déjà louée, à une moyenne de 59.400 USD par jour, et pour les Suezmax, ce chiffre atteint 69%, à 40.300 USD par jour.ConclusionEuronav a utilisé à bon escient son IPO à New York pour renforcer son bilan. La société est idéalement positionnée pour tirer profit de la reprise du marché des pétroliers, mue par la hausse de la demande de pétrole et les itinéraires de navigation plus longs, d'une part, et la stagnation de la capacité d'autre part.Conseil: digne d'achatRisque: élevéRating: 1C