L'armateur belge de pétroliers a publié un excellent rapport concernant le quatrième trimestre. Le marché s'y attendait, car la direction avait émis des perspectives très encourageantes, dans son rapport sur le trimestre précédent. Au cours des trois derniers mois de l'exercice 2019, 60% de ses VLCC (Very Large Crude Carriers; navires d'une capacité maximale de 320.000 tonnes) avaient été loués au prix unitaire moyen de 60.900 USD, par jour, et 48% des Suezmax, de plus petits navires, avaient été réservés au prix journalier de 27.300 USD. Sur la période, la location des VLCC a rapporté à Euronav en moyenne 61.700 dollars par jour - Hugo De Stoop, le CEO, avait vu un peu grand: 65.000-75.000 dollars par jour -, celle des Suezmax, 41.800 dollars par j...

L'armateur belge de pétroliers a publié un excellent rapport concernant le quatrième trimestre. Le marché s'y attendait, car la direction avait émis des perspectives très encourageantes, dans son rapport sur le trimestre précédent. Au cours des trois derniers mois de l'exercice 2019, 60% de ses VLCC (Very Large Crude Carriers; navires d'une capacité maximale de 320.000 tonnes) avaient été loués au prix unitaire moyen de 60.900 USD, par jour, et 48% des Suezmax, de plus petits navires, avaient été réservés au prix journalier de 27.300 USD. Sur la période, la location des VLCC a rapporté à Euronav en moyenne 61.700 dollars par jour - Hugo De Stoop, le CEO, avait vu un peu grand: 65.000-75.000 dollars par jour -, celle des Suezmax, 41.800 dollars par jour. Il s'agit des tarifs trimestriels les plus élevés depuis 2008. Au quatrième trimestre de 2018, les moyennes journalières s'élevaient à 34.959 USD pour les VLCC et à 20.553 USD pour les Suezmax. Le chiffre d'affaires s'est dès lors hissé à 355,2 millions de dollars, un record, au quatrième trimestre; soit une hausse de 50,4%, en glissement annuel. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) est pour sa part passé de 99,6 à 266,8 millions USD (+167,8%), à peine en deçà du consensus (267,3 millions). Alors qu'il n'avait pas dépassé 0,3 million de dollars au quatrième trimestre de 2018, le bénéfice net a littéralement explosé, à 161 millions. Ce chiffre comprend une plus-value de 9,3 millions de dollars sur la cession-bail de trois VLCC annoncée fin décembre. En 2019, Euronav a réalisé un bénéfice net de 118,9 millions de dollars (0,55 dollar par action); au terme de l'exercice précédent, le groupe déplorait une perte nette de 110,1 millions de dollars. L'année passée, Euronav a annoncé qu'il adopterait une nouvelle politique de dividende en 2020: il distribuera un dividende non plus semestriel mais trimestriel (celui du premier trimestre sera versé au deuxième), au total 80% des bénéfices nets hors plus-values non récurrentes, avec un minimum de 0,12 dollar par action. Compte tenu du très bon quatrième trimestre, le groupe versera pour 2019 un dividende brut de 0,35 dollar par action (soit 80% du bénéfice net ajusté de 0,44 dollar par action); il lui reste à s'acquitter de 0,29 dollar par action, ce qu'il fera en mai. Les perspectives pour le trimestre courant sont meilleures encore que celles émises pour les trois mois précédents: pour les VLCC, 60% de la capacité disponible sur le marché spot a été réservée au prix journalier moyen de 89.200 USD, et 51% des Suezmax, à 57.500 USD. Mais depuis deux semaines, ces tarifs dégringolent en raison des incertitudes quant à l'incidence du coronavirus sur l'économie mondiale. Le CEO d'Euronav a indiqué qu'il est trop tôt pour évaluer les effets de la crise sanitaire; il estime en tout cas qu'à court terme, elle nuira au marché des pétroliers. Soulignons que pour l'heure, les perspectives à long terme demeurent favorables.Euronav a bien fait de se constituer à moindre coût un stock important de carburant conforme avant l'adoption des normes environnementales OMI 2020 le 1er janvier dernier. Les prix des carburants pauvres en soufre ont en effet grimpé. Heureusement, nous nous sommes départis d'Euronav au bon moment. La nette correction de son cours (-24%) depuis le sommet atteint début janvier n'est pas déplaisante. Vu, en outre, les perspectives prometteuses à long terme, nous jugeons le titre à nouveau digne d'achat. Il pourrait regagner sa place dans le portefeuille modèle. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 8,92 eurosTicker: EURN BBCode ISIN: BE0003816338 Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 1,96 milliard EURC/B 2019: 22C/B attendu 2020: 5Perf. cours sur 12 mois: +30%Perf. cours depuis le 01/01: -22%Rendement du dividende: 3,6%