La compagnie pétrolière belge a sans surprise achevé le semestre sur des résultats médiocres. Les tarifs records sur lesquels elle avait entamé l'exercice 2020 avaient fait place dès l'automne à des prix historiquement bas, la pandémie pesant d'une manière persistante sur la demande de pétrole, dont la reprise est en outre plus lente qu'espéré. La mise au rebut des pétroliers les plus anciens reste par ailleurs lente.
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La compagnie pétrolière belge a sans surprise achevé le semestre sur des résultats médiocres. Les tarifs records sur lesquels elle avait entamé l'exercice 2020 avaient fait place dès l'automne à des prix historiquement bas, la pandémie pesant d'une manière persistante sur la demande de pétrole, dont la reprise est en outre plus lente qu'espéré. La mise au rebut des pétroliers les plus anciens reste par ailleurs lente. Le déséquilibre entre le nombre de pétroliers et le nombre d'affrètements s'estompe toutefois depuis le début du mois de juin. Le tarif journalier moyen de location des VLCC (Very Large Crude Carriers, d'une capacité de 320.000 tonnes) s'est élevé à 11.250 dollars par jour au 2e trimestre, contre 81.500 dollars un an plus tôt (passage de 76.000 à 13.000 dollars par jour en six mois). Pour les Suezmax (150.000-165.000 tonnes), il s'est établi à 10.500 dollars (11.750 dollars après six mois), contre 60.750 dollars en 2020 (60.000 dollars). S'en est ensuivie une chute de 76% du chiffre d'affaires, à 104,2 millions de dollars (-74,4%, à 217,7 millions, en six mois). Alors qu'il avait clos le dernier exercice sur un bénéfice net de 485,2 millions de dollars, Euronav acte une perte nette de 160,7 millions, dont 89,7 millions au 2e trimestre. A 43%, le ratio d'endettement demeure bien en deçà du plafond de 50% fixé par la direction. Euronav a payé aux actionnaires 2,13 dollars par action (0,57 dollar dans le cadre de rachats) ces 18 derniers mois. Ses 905 millions de dollars de liquidités disponibles (183 millions en cash) lui permettent de faire face aux fluctuations du marché. Les facteurs susceptibles d'engendrer une remontée des tarifs de fret sont toujours bien présents, même si le calendrier de leur concrétisation est difficile à estimer. Le premier est le vieillissement (plus de 10% de la flotte mondiale est âgée de plus de 20 ans), combiné au carnet de commandes le plus vide par rapport à la flotte mondiale depuis deux décennies au bas mot. A cela s'ajoute l'envolée des prix de l'acier, qui rend les mises au rebut intéressantes. Ces 12 derniers mois, 12 VLCC et 6 Suezmax ont été déclassés (prévisions: 16 et 12 respectivement, mais une nette accélération a été constatée au 2e trimestre). Enfin, le nouvel assouplissement, à partir d'août, des restrictions de production imposées par l'Opep+, devrait se traduire par une augmentation des affrètements, puisque les stocks de pétrole sont passés sous la moyenne quinquennale. Très actif dans la préparation d'une législation environnementale plus stricte, Euronav a conclu un partenariat avec le plus grand constructeur dans le but d'accélérer le développement de pétroliers capables d'utiliser, en plus du GNL, l'ammoniac comme carburant. Il a investi en un an et demi 965 millions de dollars dans 12 navires respectueux de l'environnement, et cédé 8 pétroliers anciens, pour un total de 259 millions de dollars. Les tarifs journaliers moyens plafonnent au 3e trimestre à 8.000 dollars pour 43% de la capacité disponible des VLCC et à 8.250 dollars pour 48% de celle des Suezmax. La valeur des nouveaux bâtiments a augmenté de 9% au 2e trimestre, ce qui porte la valeur nette d'inventaire estimée à quelque 9 euros par action.L'action a chuté avant la publication du rapport semestriel, mais s'est globalement maintenue après. Si nul ne sait quand les tarifs de fret vont remonter, le cours ne devrait sans doute plus baisser. L'an prochain devant normalement être bien meilleur, nous envisageons de renforcer notre position. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 6,93 eurosTicker: EURN BBCode ISIN: BE0003816338 Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 1,53 milliard EURC/B 2020: 4C/B attendu 2021: -Perf. cours sur 12 mois: -16%Perf. cours depuis le 01/01: +1%Rendement du dividende: 1,5%