Sans surprise, l'armateur pétrolier anversois Euronav a publié des résultats phénoménaux pour le 2e trimestre. La combinaison unique d'une production de pétrole débridée en raison du conflit russo-saoudien et de la baisse brutale de la demande du fait de l'épidémie de Covid-19 a généré des stocks record de pétrole. La demande d'installations de stockage en mer a fait exploser les tarifs de location des pétroliers. Au deuxième trimestre, les VLCC (320.000 tonnes) se sont ainsi loués à 81.500 dollars par jour en moyenne, contre 72.750 dollars au 1er trimestre et 23.250 dollars au 2e trimestre de 2019. Pour les Suezmax, le tarif journalier moyen s'est établi à 60.750 dollars, contre 59.250 dollars au trimestre précédent et 17.250 dollars au 2e trimestre de 2019.
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Sans surprise, l'armateur pétrolier anversois Euronav a publié des résultats phénoménaux pour le 2e trimestre. La combinaison unique d'une production de pétrole débridée en raison du conflit russo-saoudien et de la baisse brutale de la demande du fait de l'épidémie de Covid-19 a généré des stocks record de pétrole. La demande d'installations de stockage en mer a fait exploser les tarifs de location des pétroliers. Au deuxième trimestre, les VLCC (320.000 tonnes) se sont ainsi loués à 81.500 dollars par jour en moyenne, contre 72.750 dollars au 1er trimestre et 23.250 dollars au 2e trimestre de 2019. Pour les Suezmax, le tarif journalier moyen s'est établi à 60.750 dollars, contre 59.250 dollars au trimestre précédent et 17.250 dollars au 2e trimestre de 2019. Le chiffre d'affaires du groupe a plus que doublé, à 851,4 millions de dollars, au 1er semestre, et la perte nette de 19 millions de dollars essuyée en 2019 s'est transformée en un bénéfice net de 485,2 millions de dollars (259,6 millions, au 2e trimestre), soit 2,26 dollars par action. Or, malgré ces chiffres exceptionnels, le deuxième trimestre ne s'est pas déroulé comme prévu. Début mai, les analystes et le CEO Hugo De Stoop estimaient encore que les énormes réserves de pétrole mobiliseraient, pour du stockage temporaire, au minimum 100 VLCC sur les 823 disponibles dans le monde, pendant au moins 12 mois. Mais la réduction rapide de la production a ramené ce nombre à 35-40 VLCC depuis avril.Les tarifs sont retombés plus tôt que prévu à moins de 20.000 dollars par jour, des niveaux non rentables, et le marché pétrolier cherche un nouvel équilibre, avec une offre réduite de navires adaptée à la baisse de la demande de pétrole provoquée par l'épidémie de Covid-19. Selon le CEO d'Euronav, les tarifs de location seront relativement bas ces prochaines années. A un peu plus long terme, les perspectives restent très favorables vu la faible quantité de pétroliers en construction (au plus bas depuis 20 ans) et l'incertitude relative aux exigences environnementales à partir de 2030. La visibilité sur le 2e semestre est plus faible que de coutume, mais Euronav a surpris positivement en annonçant que 48% de ses capacités disponibles de VLCC et de Suezmax étaient réservées pour le 3e trimestre à des tarifs journaliers élevés de respectivement 60.250 dollars et 36.500 dollars. L'an dernier à la même époque, 65% des capacités disponibles de VLCC étaient louées à un tarif moyen de 20.600 dollars et 58% des capacités de Suezmax à 15.800 dollars. Selon sa politique de dividende, qui prévoit une distribution de 80% du bénéfice net récurrent chaque trimestre, Euronav distribuera quelque 196 millions de dollars, soit 10,7% de sa valeur boursière totale, au 2e trimestre. Contrairement au trimestre précédent (dividende brut de 0,87 dollar par action), la distribution des bénéfices s'effectuera pour 100 millions de dollars par le rachat d'actions propres (dont les 25 millions restants avant fin septembre) et pour moitié via un dividende brut de 0,47 dollar par action (date ex-dividende: 18 août). A seulement 0,7 fois la valeur intrinsèque, Euronav est trop faiblement valorisé. Toutefois, l'action, malgré les superdividendes et les importants programmes d'achat d'actions propres, n'a guère réagi à la publication des résultats. Vu la nette baisse de tarifs de location, nous allons revendre les 150 actions rachetées fin juin à 7,21 euros. Le marché a digéré plus vite qu'attendu la brutale hausse des réserves de pétrole, et les rachats d'actions propres ont déjà produit l'essentiel de leurs effets. Les résultats et les distributions de bénéfices vont fortement baisser ces prochains trimestres. Nous conservons le solde de notre position. Euronav pourrait mettre à profit le creux attendu en 2021 et, probablement aussi, en 2022, pour mener des acquisitions. Nous abaissons dès lors le conseil à conserver. Conseil: conserver/attendre Risque: moyenRating: 2BCours: 8,35 eurosTicker: EURN BBCode ISIN: BE0003816338 Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 1,84 milliard EURC/B 2019: 21C/B attendu 2020: 3Perf. cours sur 12 mois: +18%Perf. cours depuis le 01/01: -24%Rendement du dividende: 20,3%