Les centrales nucléaires belges ont nettement soutenu les résultats d'Engie en 2021. Après trois années de résultat opérationnel négatif, la division nucléaire, qui englobe les centrales belges et un certain nombre de droits de tirage sur des centrales françaises d'EDF, a dégagé un résultat opérationnel de 970 millions d'euros. Cette envolée s'explique à la fois par la disponibilité accrue des centrales et par la hausse des prix de l'électricité. Les centrales belges ont affiché une disponibilité de 91%; l'électricité ainsi produite a été écoulée au prix moyen de 59 euros par mégawattheure (MWh), contre 42 euros en 2020. Pour cette année, le groupe a d'ores et déjà vendu, au prix de 60 euros par MWh, 80% de l'électricité produite par ses sites nucléa...

Les centrales nucléaires belges ont nettement soutenu les résultats d'Engie en 2021. Après trois années de résultat opérationnel négatif, la division nucléaire, qui englobe les centrales belges et un certain nombre de droits de tirage sur des centrales françaises d'EDF, a dégagé un résultat opérationnel de 970 millions d'euros. Cette envolée s'explique à la fois par la disponibilité accrue des centrales et par la hausse des prix de l'électricité. Les centrales belges ont affiché une disponibilité de 91%; l'électricité ainsi produite a été écoulée au prix moyen de 59 euros par mégawattheure (MWh), contre 42 euros en 2020. Pour cette année, le groupe a d'ores et déjà vendu, au prix de 60 euros par MWh, 80% de l'électricité produite par ses sites nucléaires et hydroélectriques.Doel 3 fermera en octobre et toutes les autres centrales suivront en principe d'ici fin 2025. L'Etat pourrait décider en mars d'en conserver deux, mais Engie martèle que la fermeture est définitive; peut-être tente-t-elle par ce biais d'accéder à une position de force pour négocier le maintien de l'impôt sur les bénéfices du nucléaire à un niveau aussi bas que possible. La conservation de deux centrales au-delà de 2025 lui rapporterait en tout cas plusieurs centaines de millions d'euros de bénéfice opérationnel supplémentaires chaque année.Les projections sur un horizon plus long ne tiennent donc pas compte du nucléaire. Le bénéfice opérationnel des autres activités devrait croître de 5% à 6% l'an entre 2022 et 2024, ce qui se traduirait par une augmentation de 1,5% à 3,5% par an du résultat consolidé. Engie mise surtout sur une contribution accrue aux bénéfices de ses divisions énergies renouvelables et solutions pour les entreprises. Ce qui devrait donner, en 2024, un bénéfice net récurrent de 3,3 à 3,5 milliards d'euros, contre 3,1 milliards en 2021. Ces perspectives sont d'autant plus encourageantes qu'elles s'appuient sur la dynamique observée l'an dernier - rebond de 30% du chiffre d'affaires et de 36% du bénéfice opérationnel, grâce à la reprise de l'économie, à la hausse des prix de l'électricité et au froid qui a régné en France au premier trimestre. Ce bénéfice constitue en outre une base solide sur laquelle asseoir la politique d'octroi de dividende. Engie versera dans ce cadre de 65% à 75% de son bénéfice net récurrent, soit un dividende de 0,85 euro par action pour 2021.Equans, la division des services aux entreprises cédée à Bouygues pour 7,1 milliards d'euros, a contribué à hauteur de 200 millions d'euros au bénéfice. La vente des actifs autres que les énergies renouvelables, les réseaux et les solutions énergétiques pour les entreprises (les actifs clés) doit permettre d'alléger la dette et de simplifier la structure du groupe. Au cours des années qui viennent, près de la moitié des investissements seront consacrés à l'extension de la capacité dans les renouvelables, capacité qui devrait atteindre 50 gigawatts d'ici 2025.Les prix de l'électricité et la disponibilité des centrales nucléaires dopent les résultats d'Engie. Même en l'absence du nucléaire, les actionnaires pourront à l'avenir compter sur une croissance modeste mais assez prévisible des bénéfices. A un ratio cours/bénéfice de 12 et une valeur de l'entreprise (EV) de 6 fois le cash-flow opérationnel, la valorisation reste ténue. Bien qu'elle s'engage de plus en plus dans la transition énergétique, Engie n'est pas encore valorisée par les investisseurs comme une spécialiste du renouvelable. Nous recommandons toujours d'acheter. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 14,2Ticker: ENGICode ISIN: FR0010208488Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 35 milliards EURC/B 2021: 11C/B attendu 2022: 12Perf. cours sur 12 mois: +18%Perf. cours depuis le 01/01: +9%Rendement du dividende: 6%