La prévisibilité des résultats, un des atouts d'Engie, n'a pas résisté à la pandémie. La croissance organique du chiffre d'affaires a reculé de 5,7%, le bénéfice net récurrent a chuté de 34%; les services aux entreprises ont particulièrement souffert et la baisse des volumes et des prix sur les marchés de l'énergie n'a rien arrangé. Le résultat opérationnel récurrent a plongé de 1,2 milliard d'euros. Le groupe étant très actif au Brésil, la nette dépréciation du réal l'a contraint à acter pour 300 millions d'euros de pertes de change. Ces coups durs ont fait reculer le bénéfice net récurrent à 1,7 milliard d'euros en 2020 (2,7 milliards en 2019). Le nucléaire ne se porte guère mieux: estimant que Doel 4 et Tihange 3 ne resteront pas ouvertes au-del...

La prévisibilité des résultats, un des atouts d'Engie, n'a pas résisté à la pandémie. La croissance organique du chiffre d'affaires a reculé de 5,7%, le bénéfice net récurrent a chuté de 34%; les services aux entreprises ont particulièrement souffert et la baisse des volumes et des prix sur les marchés de l'énergie n'a rien arrangé. Le résultat opérationnel récurrent a plongé de 1,2 milliard d'euros. Le groupe étant très actif au Brésil, la nette dépréciation du réal l'a contraint à acter pour 300 millions d'euros de pertes de change. Ces coups durs ont fait reculer le bénéfice net récurrent à 1,7 milliard d'euros en 2020 (2,7 milliards en 2019). Le nucléaire ne se porte guère mieux: estimant que Doel 4 et Tihange 3 ne resteront pas ouvertes au-delà de 2025, Engie a acté une dépréciation de 2,9 milliards d'euros sur ses actifs nucléaires belges, ce qui lui a fait clore l'exercice sur une perte nette de 1,5 milliard d'euros. Avec des résultats identiques à ceux du deuxième semestre de 2019, le second semestre de 2020 a toutefois été moins mauvais que le premier. Pour autant que les revers subis l'an dernier ne se reproduisent pas, les chiffres retrouveront assez rapidement les niveaux prévisibles d'antan. Les énergies renouvelables et les réseaux internationaux devraient soutenir la croissance organique. Les prix de l'électricité sont orientés à la hausse, ce qui pourrait doper encore le taux de disponibilité du parc nucléaire belge. Le groupe évoque également un très bon début d'année 2021. Il mise sur un bénéfice net récurrent de 2,3 milliards à 2,5 milliards d'euros pour l'exercice (à condition, bien sûr, que la situation sanitaire s'y prête); c'est moins qu'en 2019, mais déjà beaucoup mieux que l'an passé. Avec un tel bénéfice récurrent, il pourrait annoncer un dividende d'environ 0,73 euro par action pour 2021 (0,53 euro cette année). L'endettement reste sous contrôle. Compte tenu des provisions établies pour le nucléaire, l'endettement net atteint quatre fois le cash-flow opérationnel. Engie poursuit ses ajustements stratégiques. Il met davantage encore l'accent sur les énergies renouvelables, les réseaux et l'énergie décentralisée, comme les réseaux de chaleur ou les panneaux solaires en entreprise. Il a vendu sa participation (29,9%) dans Suez et utilisé les 3,4 milliards d'euros que lui a rapporté l'opération pour alléger sa dette. Il envisage également de céder son activité services aux entreprises et aux ménages, éventuellement par le biais d'une introduction en Bourse, laquelle pourrait avoir lieu cette année encore. Sur les 6 milliards d'euros d'investissements prévus pour 2021, 40% iront aux énergies renouvelables et 38%, aux réseaux. Engie a augmenté sa capacité de production d'énergies renouvelables de 32% depuis 2018; l'environnement étant une de ses préoccupations majeures, il va poursuivre dans cette voie. Il simplifie par ailleurs sa structure géographique, en réduisant sa présence dans des pays où il détient des participations minoritaires.La crise sanitaire a pesé sur les résultats mais n'a pas ralenti les ajustements stratégiques. Engie continue de tabler sur la transition énergétique et climatique, en mettant un accent tout particulier sur les énergies renouvelables et les réseaux. Ce faisant, le groupe devrait renouer avec la prévisibilité et avec une légère croissance dès cette année. La patience des actionnaires est mise à rude épreuve, mais la valorisation reste très intéressante. Nous recommandons toujours d'acheter le titre. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 12,2 eurosTicker: ENGICode ISIN: FR0010208488Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 30,1 milliards EURC/B 2020: 15C/B attendu 2021: 12Perf. cours sur 12 mois: +28%Perf. cours depuis le 01/01: -3%Rendement du dividende: 5,8%