L'exercice 2019 est l'un des moins bons des cinq dernières années pour le groupe Jensen, marquant la poursuite de la tendance baissière amorcée au printemps 2018 après l'annonce de la fonte du carnet de commandes, qui avait suscité une onde de choc et fait plonger le titre de 15% mi-mai.
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L'exercice 2019 est l'un des moins bons des cinq dernières années pour le groupe Jensen, marquant la poursuite de la tendance baissière amorcée au printemps 2018 après l'annonce de la fonte du carnet de commandes, qui avait suscité une onde de choc et fait plonger le titre de 15% mi-mai. Rétrospectivement, toutefois, le spécialiste des systèmes de blanchisseries industrielles avait été trop prudent. Car le chiffre d'affaires (CA) avait augmenté de 1,7%, à 343,8 millions d'euros en 2018 - pour se contracter de 3,4% en 2019, à 332,2 millions d'euros, un chiffre aussi inférieur à celui de 2017, qui reflète l'intensification de la concurrence surtout sur les grands projets, sans que les petites commandes, pourtant nombreuses, ne puissent compenser. Le CA a été réalisé pour plus de 58% dans l'Union européenne, pour 23% aux Etats-Unis et pour 19% en Asie. La concurrence accrue sur les grands projets a aussi pesé sur la rentabilité en 2019. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) a fléchi de 6,8% (de 33,5 à 31,2 millions d'euros, soit de 4,29 à 3,99 euros par action), impliquant un tassement de la marge d'Ebitda de 9,7 à 9,4%. L'application de la norme IFRS16 (contrats de leasing) a eu un effet positif de 3,2 millions d'euros sur l'Ebitda. Le bénéfice opérationnel (Ebit) s'est replié de 14,6% (de 26,9 à 23 millions d'euros), entraînant une érosion de la marge d'Ebit de 7,8 à 6,9%. En octobre 2018, l'ouragan Michael a causé d'importants dégâts à la principale usine de production de Jensen aux Etats-Unis. Le versement partiel de l'assurance a eu une incidence positive de 2,7 millions d'euros sur l'Ebit en 2019. Une partie de l'indemnité d'assurance étant garantie, Jensen a déjà inclus ce revenu dans son résultat. L'Ebit est toutefois au plus bas depuis cinq ans. 2017 avait été une année record, à 29,9 millions d'euros, soit une marge d'Ebit de 8,8%. Deux ans plus tard, cette dernière a reculé de 1,9%. Le résultat net s'élève à 15,7 millions d'euros (2,01 euros par action), soit une baisse de 3,4 millions d'euros (17,8%) par rapport aux 19,1 millions d'euros de 2018 et un net retrait par rapport à 2017 (bénéfice net de 21,1 millions d'euros, soit 2,70 euros par action). La position nette de trésorerie de 5,4 millions d'euros fin 2018 s'est muée en une dette financière nette de 4,4 millions d'euros fin 2019 sous l'effet de la normeIFRS16 (-13,7 millions d'euros). Le dividende s'élève à un euro brut par action, comme en 2018. Le groupe Jensen est contrôlé par la famille danoise Jensen par l'entremise de Jensen Invest (53%). Au niveau mondial, le groupe n'a qu'un seul concurrent, la société allemande Kannegieser, non cotée. En 2019, les commandes atteignaient 326,3 millions d'euros (1,4% de plus qu'en 2018), mais elles portent sur de plus petits projets. L'exercice 2020 avait bien commencé, mais l'épidémie de coronavirus actuelle affectera sérieusement le tourisme international et pourrait donc entraîner une diminution des commandes sur l'année - même si l'incidence ne peut encore être estimée avec précision. Après un cru 2019 en berne, le groupe Jensen commence 2020 sur une note mitigée. Toutefois, le vieillissement important de la population (établissements de soins) reste un facteur favorable à long terme. La valorisation est acceptable, à 13 fois le bénéfice attendu pour 2020 et à 8 fois le ratio valeur de l'entreprise/Ebitda pour 2020. Pour l'instant, nous anticipons une baisse du CA et du bénéfice cette année. Le titre reste en portefeuille jusqu'à nouvel ordre. Conseil: acheterRisque: faibleRating: 1ACours: 21,80 eurosTicker: JEN BBCode ISIN: BE0003858751Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 191 millions EURC/B 2019: 12C/B attendu 2020: 13Perf. cours sur 12 mois: -25%Perf. cours depuis le 01/01: -28%Rendement du dividende: 4,1%