Elia est de ces actions capables de promettre des résultats à la fois prévisibles et croissants. Cette certitude est attribuable au cadre réglementé qui détermine ses bénéfices, et qui est fixé jusqu'en 2023.
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Elia est de ces actions capables de promettre des résultats à la fois prévisibles et croissants. Cette certitude est attribuable au cadre réglementé qui détermine ses bénéfices, et qui est fixé jusqu'en 2023.Cette année par exemple, le gestionnaire du réseau à haute tension belge et d'une partie du réseau à haute tension allemand peut garantir un rendement sur ses capitaux propres compris entre 6,5% et 7,5%. L'orientation à la hausse de ses résultats s'explique par la transition d'Elia vers une économie bas carbone: pour pouvoir relier la production d'énergie renouvelable, par exemple en mer du Nord, aux consommateurs d'électricité, le groupe va devoir investir la somme colossale de 2,3 milliards d'euros en Belgique et 4,2 milliards d'euros en Allemagne entre 2020 et 2024, ce qui gonflera ses actifs de 7% à 8% par an et donc, ses résultats. Or plus il investit, plus il est autorisé à acter de bénéfices.Ces caractéristiques uniques se paient certes au prix fort. Même le krach provoqué par la crise sanitaire n'a ouvert que très brièvement une petite fenêtre d'entrée, l'action ayant rapidement renoué avec des niveaux records. Pour un cours de 104 euros, le ratio cours/bénéfice a grimpé à 25 et le rendement du dividende, chuté à 1,65%. L'investisseur voit donc manifestement en Elia presque une obligation, de surcroît assortie d'un coupon croissant et d'une protection contre l'inflation. Un rendement bénéficiaire de 4% est du reste beaucoup plus intéressant que les taux d'intérêt négatifs des obligations souveraines. Les perspectives à long terme demeurent extrêmement favorables, ce dont le cours tient déjà largement compte.Malgré quelques fluctuations, les chiffres de 2019 confirment le caractère prévisible des résultats. Le bénéfice net du groupe a augmenté de 9%, grâce essentiellement au passage à 80% de la participation dans la filiale allemande 50Hertz, dont les résultats sont désormais entièrement consolidés. Le bénéfice opérationnel à périmètre comparable d'Elia a fléchi de 6%, ce qu'expliquent en grande partie les résultats exceptionnellement bons sur lesquels la reprise d'une importante provision avait permis à 50Hertz d'achever l'exercice 2018. Le bénéfice net réservé aux actionnaires a diminué de 7,6%, en raison de ces mêmes résultats 2018 de 50Hertz. Le phénomène n'existant plus cette année, les bénéfices d'Elia vont repartir à la hausse.La tendance sous-jacente est incontestablement positive. L'évolution des bénéfices de la filiale belge Elia Transmission étant similaire au reste, l'augmentation de 6,4%, à 122 millions d'euros, des bénéfices, est un indicateur fiable. Chez 50Hertz, le résultat exceptionnel de 2018 a biaisé la comparaison, mais le bénéfice net à périmètre comparable a bondi de 13,7%. En Belgique et en Allemagne, les investissements élevés expliquent l'augmentation des bénéfices. Tout cela restera tel quel ces prochaines années. Les investissements ont porté l'endettement net à 5,5 milliards d'euros, soit plus de cinq fois le cash-flow opérationnel; ce qui, grâce à la nature prévisible des revenus, ne pose aucun problème.Elia est loin d'être bon marché. Ses résultats, à la fois prévisibles et en hausse, font de lui un titre très demandé, surtout quand la Bourse est chahutée. L'envolée du cours de l'action a propulsé la valorisation à la hausse, au détriment du rendement du dividende, ce qui limite le potentiel d'augmentation. Le titre peut néanmoins être conservé, pour son rôle hautement défensif au sein du portefeuille. Conseil: conserverRisque: faibleRating: 2ACours: 102 eurosTicker: ELI:BBCode ISIN: BE0003822393Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 7,1 milliards EURC/B 2019: 19C/B attendu 2020: 25Perf. cours sur 12 mois: +70%Perf. cours depuis le 01/01: +28%Rendement du dividende: 1,65%