Pour Van de Velde aussi, il y aura un avant- et un après-confinement. L'hiver dernier, l'entreprise de lingerie nourrissait encore l'espoir d'endiguer la légère baisse des ventes constatée depuis plusieurs années. La crise sanitaire en aura décidé autrement.
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Pour Van de Velde aussi, il y aura un avant- et un après-confinement. L'hiver dernier, l'entreprise de lingerie nourrissait encore l'espoir d'endiguer la légère baisse des ventes constatée depuis plusieurs années. La crise sanitaire en aura décidé autrement.La mise sous cloche a frappé tous les marchés du groupe à partir du mois de mars. Les consommateurs ayant bien d'autres préoccupations, les ventes en ligne ont souffert elles aussi, de sorte que l'entreprise belge achève le semestre sur une chute de 32% de son chiffre d'affaires. A périmètre comparable toutefois, celui-ci n'a fléchi que de 26,5%, car la collection automne/hiver n'a, exceptionnellement, été livrée qu'en août. Le chiffre d'affaires à périmètre comparable assuré par les partenaires commerciaux, à l'origine de la majeure partie des ventes et du bénéfice opérationnel, a cédé 23,5%. Celui des boutiques de la marque a reculé de 42%, à cause, surtout, de la fermeture prolongée des points de vente aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Certaines des boutiques américaines les moins rentables pourraient d'ailleurs ne pas rouvrir.Reste à voir ce qu'il en sera du second semestre. La direction fait état d'une reprise régulière, en particulier dans les points de vente locaux (hors centres commerciaux et rues commerçantes très fréquentées), sans toutefois aller jusqu'à avancer des chiffres - le rythme auquel la demande redémarre sur plusieurs marchés est trop incertain et le risque d'un nouveau confinement, trop important. Si le commerce en ligne repart désormais, les boutiques restent l'alpha et l'oméga de la stratégie de Van de Velde. "Internet ne remplace pas les ventes physiques. Le conseil et l'essayage revêtent une importance cruciale. C'est la raison pour laquelle nous renforçons la collaboration numérique avec les partenaires commerciaux. Lorsqu'une couleur n'est pas disponible en magasin, par exemple, la cliente peut payer sur place et se faire livrer chez elle le produit dans la couleur choisie", expose Marleen Vaesen, la CEO du groupe.S'agissant du bénéfice opérationnel, les dégâts devraient être raisonnablement limités. Le cash-flow opérationnel à périmètre comparable a diminué de 31%, à 22,3 millions d'euros. Le groupe ayant réagi à la baisse de son chiffre d'affaires par une stricte politique de maîtrise des coûts (il a notamment eu recours au chômage temporaire), son bénéfice net s'établit à cinq millions d'euros. Malgré la crise, sa rentabilité reste correcte: la réduction des dépenses décidée l'an passé porte donc ses fruits. Le bénéfice pourrait par conséquent se redresser largement, à condition, bien sûr, que le chiffre d'affaires se rétablisse, ce qui n'est pas garanti. Confiant, Van de Velde vient de verser un dividende d'un euro brut par action et reprend son programme d'achats d'actions, pour une valeur de 15 millions d'euros - des largesses surtout autorisées par une trésorerie de 42,9 millions d'euros. Par les temps qui courent, un bilan sain constitue un atout majeur.La pandémie a brutalement interrompu les espoirs de retour de Van de Velde. Ce n'est certes que partie remise, mais une revalorisation de l'action ne sera possible que lorsque les ventes reprendront, une perspective qui, vu le contexte, reste floue. Le marché n'anticipe pas encore de reprise. Si, l'an prochain, le chiffre d'affaires renouait avec son niveau d'avant-crise, le ratio cours/bénéfice escompté pour 2021 serait de 10 à peine. Il est néanmoins trop tôt pour crier victoire. Nous conseillons donc de conserver le titre. Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2BCours: 20,95 eurosTicker: VAN:BBCode ISIN: BE0003839561Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 280 millions EURC/B 2019: 14C/B attendu 2020: 15Perf. cours sur 12 mois: -15%Perf. cours depuis le 01/01: -33%Rendement du dividende: 5%