Deux mil un fut faste pour Bekaert, qui ne devrait toutefois pas pouvoir aligner d'aussi bons résultats cette année. D'une importance majeure, le marché chinois des pneus a ralenti au second semestre, et le phénomène se prolonge. La guerre en Ukraine nuira à la reprise mondiale, voire provoquera une récession, dont les marchés du groupe ne seront pas préservés. Les goulots d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement et la hausse des coûts des transports n'épargnent pas non plus l'entreprise, qui reste, c'est compréhensible, vague dans ses prévisions; d'après la direction, le chiffre d'affaires (CA) devrait afficher une croissance organique de 3% et la marge bénéficiaire promise de 9% à 11% devrait être réalisable.
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Deux mil un fut faste pour Bekaert, qui ne devrait toutefois pas pouvoir aligner d'aussi bons résultats cette année. D'une importance majeure, le marché chinois des pneus a ralenti au second semestre, et le phénomène se prolonge. La guerre en Ukraine nuira à la reprise mondiale, voire provoquera une récession, dont les marchés du groupe ne seront pas préservés. Les goulots d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement et la hausse des coûts des transports n'épargnent pas non plus l'entreprise, qui reste, c'est compréhensible, vague dans ses prévisions; d'après la direction, le chiffre d'affaires (CA) devrait afficher une croissance organique de 3% et la marge bénéficiaire promise de 9% à 11% devrait être réalisable.Bekaert se prépare très sérieusement, depuis plusieurs années, à devoir faire face à une conjoncture difficile. En plus d'avoir renforcé l'efficacité de son organisation, il met l'accent sur les produits et les marchés présentant une valeur ajoutée suffisante et répercute les augmentations de coûts sur la clientèle. C'est ainsi qu'aidé par l'amélioration du climat économique, il a achevé l'exercice 2021 en beauté. Son CA a progressé de 28%, dont 9% sont attribuables à la croissance des volumes et de la part de marché, le reste, à une meilleure composition de la gamme de produits et à des hausses de prix. Le bénéfice opérationnel sous-jacent a bondi de 89%, grâce au passage de 7,2% à 10,6% de la marge bénéficiaire. Toutes les divisions ayant signé de bons résultats, ses choix stratégiques ont permis au groupe de tirer profit de l'augmentation de son CA. Notons qu'une partie de l'accroissement du bénéfice est due à la revalorisation du stock de fil d'acier: autorisée par l'envolée des cours, cette revalorisation a permis d'acter un bénéfice opérationnel de 120 millions d'euros, sur un total de 515 millions d'euros. L'opération ne sera pas reproductible chaque année, à moins que les cours des matières premières ne continuent de s'emballer, un scénario qui ne serait pas non plus à l'avantage de Bekaert. Sans cette revalorisation, la marge bénéficiaire serait restée de 10% au premier semestre et de 8% au second.La rentabilité se traduit par une intense génération de liquidités. L'entreprise disposait en fin d'exercice d'un cash-flow disponible de près de 300 millions d'euros, qu'elle peut consacrer à la rémunération des actionnaires et à l'allègement de sa dette. Son endettement net est tombé à 417 millions d'euros, 0,61 fois à peine le cash-flow opérationnel. Le dividende peut donc être porté à 1,5 euro par action (+50%). Bekaert rachète par ailleurs pour 120 millions d'euros d'actions propres, soit 5% environ des titres en circulation. La solidité de son bilan lui permet d'envisager de procéder à des acquisitions. D'après la direction, le ratio d'endettement peut augmenter jusqu'à atteindre trois fois le cash-flow opérationnel, à condition que la dette puisse être allégée en deux à trois ans ensuite; compte tenu de ces limites, l'entreprise dispose d'un trésor de guerre théorique de 1,5 milliard d'euros, utilisable pour des acquisitions ciblées.Bekaert a beau avoir achevé 2021 sur d'excellents résultats, son action est aussi chahutée que les autres depuis plusieurs semaines. La guerre en Ukraine pèse sur l'économie internationale, tandis que les goulots d'étranglement font grimper les coûts. Les fondamentaux sont néanmoins très bons et, à sept fois le bénéfice escompté pour 2022, l'action est très faiblement valorisée. Nous recommandons toujours d'acheter. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 37,1 eurosTicker: BEK BBCode ISIN: BE0974258874Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 2,25 milliards EURC/B 2021: 6C/B attendu 2022: 7Perf. cours sur 12 mois: +6%Perf. cours depuis le 01/01: -5%Rendement du dividende: 4%