Pour Peter Corijn, à qui Marleen Vaesen a cédé le flambeau en mai, un nouveau CEO se doit d'être humble et d'oser reconnaître que la stratégie fonctionne - les semestriels montrent effectivement qu'aucune révolution ne s'impose chez Van de Velde. Qui doit au rétablissement de ses relations avec les boutiques d'avoir renoué avec une croissance durable. Les ventes réalisées par ses 25 magasins et son site ont bondi de 19,1%, celles aux autres boutiques, de 16%. Le chiffre d'affaires (CA) à périmètre comparable, corrigé des ventes saisonnières anticipées ou tardives, a augmenté de 21,5% au 1er semestre. La rentabilité a progressé davantage encore, puisque le cash-flow opérationnel à périmètre constant s'est envolé de 30%. Le bénéfice net a grimpé de 26...

Pour Peter Corijn, à qui Marleen Vaesen a cédé le flambeau en mai, un nouveau CEO se doit d'être humble et d'oser reconnaître que la stratégie fonctionne - les semestriels montrent effectivement qu'aucune révolution ne s'impose chez Van de Velde. Qui doit au rétablissement de ses relations avec les boutiques d'avoir renoué avec une croissance durable. Les ventes réalisées par ses 25 magasins et son site ont bondi de 19,1%, celles aux autres boutiques, de 16%. Le chiffre d'affaires (CA) à périmètre comparable, corrigé des ventes saisonnières anticipées ou tardives, a augmenté de 21,5% au 1er semestre. La rentabilité a progressé davantage encore, puisque le cash-flow opérationnel à périmètre constant s'est envolé de 30%. Le bénéfice net a grimpé de 26%, à 22,9 millions d'euros, soit 1,75 euro par action. Plusieurs facteurs expliquent cette progression. Le retour des clientes dans les magasins physiques, pour commencer - rien ne remplacera jamais un essayage encadré par des vendeuses professionnelles. Van de Velde a par ailleurs écoulé davantage de parures situées dans des gammes de prix plus élevées, ou à prix plein. La fin de la crise sanitaire et, avec elle, la levée des restrictions sur les voyages, ont permis au segment balnéaire de se rétablir en grande partie également. Compte tenu du caractère temporaire de ces effets post-crise, des taux de croissance de 20% ne sont pas tenables, mais le CA et le bénéfice pourraient quoi qu'il en soit finir par battre de nouveaux records.Si les perspectives à long terme sont bonnes, nul ne sait comment les consommateurs vont réagir à l'augmentation de leur facture énergétique. Le groupe a émis des prévisions si prudentes pour le reste de l'année que son cours a réagi froidement aux bons résultats du 1er semestre. Les retombées qu'auront les incertitudes économiques sur sa croissance ne sont pas claires; la situation n'est pas dramatique, estime Peter Corijn, mais une certaine anxiété chez les clientes est néanmoins perceptible. Le groupe va répercuter l'envolée des coûts sur ses prix de vente, qui augmenteront donc de 5% cet automne et de 5% encore en 2023.L'expansion hors Benelux est un chantier important pour le nouveau CEO. Le modèle des boutiques indépendantes aux couleurs de la marque est unique en Belgique et donc, difficile à reproduire sur les marchés allemand ou français. L'installation aux Etats-Unis n'est pas encore concluante; les trois boutiques américaines sont rentables, mais aucune extension n'est à l'ordre du jour. Peter Corijn n'en est pas moins convaincu que l'entreprise et son magnifique produit devraient être en mesure de réussir sur cet immense marché. Grâce à ses excellents résultats opérationnels et à son absence de dettes, le groupe affiche un bilan très sain. Si sa trésorerie nette est passée de 73 à 54 millions d'euros, c'est parce qu'il a étoffé ses stocks pour soutenir sa croissance et payé un dividende, et qu'il applique son programme de rachat d'actions.Malgré des semestriels convaincants, l'action a cessé de suivre le redressement opéré par le CA et le bénéfice: les investisseurs craignent que la flambée de la facture énergétique n'affecte les ventes de lingerie. Mais le ralentissement de la croissance du CA ne peut être que temporaire et les perspectives à plus long terme restent favorables. Pour une société à l'excellent bilan et aux perspectives de croissance régulières, la valorisation, à un ratio cours/bénéfice de 12, est intéressante. Nous recommandons toujours d'acheter le titre.Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 35,6 eurosTicker: VAN:BBCode ISIN: BE0003839561Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 474 millions EURC/B 2021: 12C/B attendu 2022: 12Perf. cours sur 12 mois: +21%Perf. cours depuis le 01/01: +7%Rendement du dividende: 5,5%