Si à long terme, la croissance d'Umicore reste intacte, à court terme, la crise du coronavirus affecte ses résultats. L'accent qu'a mis l'entreprise sur la mobilité propre est judicieux, mais la patience des investisseurs a récemment été mise à rude épreuve. En 2019, Umicore a souffert de la profonde récession dans l'industrie automobile. La baisse de la demande de matériaux pour les batteries, principalement imputable aux subventions moins généreuses de la Chine pour les voitures électriques, a pesé sur les résultats de la division Batteries, dont le bénéfice opérationnel a fléchi de 29% en 2019. Cela a temporairement brisé l'élan boursier, qui reposait sur la perspective d'une croissance rapide - même si les bonnes performances des autres divisions ont amené...

Si à long terme, la croissance d'Umicore reste intacte, à court terme, la crise du coronavirus affecte ses résultats. L'accent qu'a mis l'entreprise sur la mobilité propre est judicieux, mais la patience des investisseurs a récemment été mise à rude épreuve. En 2019, Umicore a souffert de la profonde récession dans l'industrie automobile. La baisse de la demande de matériaux pour les batteries, principalement imputable aux subventions moins généreuses de la Chine pour les voitures électriques, a pesé sur les résultats de la division Batteries, dont le bénéfice opérationnel a fléchi de 29% en 2019. Cela a temporairement brisé l'élan boursier, qui reposait sur la perspective d'une croissance rapide - même si les bonnes performances des autres divisions ont amené le bénéfice opérationnel de 2019 à un niveau proche de celui de 2018. Umicore a renforcé sa position sur le marché, mais le coût des investissements liés à l'expansion et la baisse du prix du cobalt ont amputé les marges.L'année 2020 promettait un nouveau départ, alors que l'économie mondiale semblait se remettre du conflit sino-américain. Mais le coronavirus a joué les trouble-fête. La production automobile a baissé en Chine en février et les usines automobiles européennes et américaines ont fermé leurs portes à partir de mars. Le secteur traverse une crise plus grave que celle de 2008-2009. Umicore table sur une baisse de 25% de la production automobile mondiale. Le redressement de la demande reste une inconnue, car la crise réduit sérieusement le pouvoir d'achat sur les grands marchés. Le Covid-19 n'a pas sensiblement impacté les résultats du 1er trimestre. Le bénéfice opérationnel fut même plus élevé qu'un an auparavant grâce à la division Recyclage, qui a bénéficié de la hausse des prix des métaux et d'un approvisionnement favorable en matériaux. A partir de mars, ces facteurs n'ont plus suffi à compenser la baisse des résultats dans les divisions Batteries et Catalyseurs. Chaque division représente environ un tiers du bénéfice opérationnel, si bien que ce dernier va refluer en 2020. Umicore n'a pas souhaité avancer de chiffres, mais une baisse des bénéfices de 10 à 20% est possible en 2020.Umicore prend des mesures pour atténuer le choc. Ainsi, 10% du personnel est temporairement au chômage. Les investissements prévus ont été reportés. Umicore va légèrement diminuer ses investissements annuels, à 553 millions d'euros cette année. La crise du coronavirus tombe mal pour le groupe, qui investit massivement dans une capacité de production supplémentaire de matériaux pour batteries. Bonne nouvelle toutefois: à 1,4 milliard d'euros fin 2019 (deux fois le cash-flow opérationnel, ou Ebitda), la dette nette ne pose pas problème: le bilan est suffisamment bon pour qu'Umicore maintienne les coûts de financement à un niveau bas et finance la croissance. L'entreprise dispose de 1,2 milliard de dollars en espèces pour affronter la tempête. L'annulation du dividende final (0,375 euro par action) offre une marge financière supplémentaire.Fournisseur d'un secteur automobile malmené, Umicore n'est pas épargné par la crise du coronavirus. Sa direction anticipe un repli du bénéfice opérationnel en 2020, mais les investisseurs restent confiants dans les perspectives à long terme, ce qui se traduit par une valorisation tendue. Sur la base du bénéfice opérationnel de 2020, le ratio cours/bénéfice s'élève à plus de 30 et la valeur de l'entreprise est 14 fois supérieure à l'Ebitda - trop pour y voir une opportunité d'entrée. Nous maintenons dès lors le conseil " conserver ". Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2BCours: 36,8 eurosTicker: UMICode ISIN: BE0974320526Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 9 milliards EURC/B 2019: 33C/B attendu 2020: 31Perf. cours sur 12 mois: +10%Perf. cours depuis le 01/01: -16%Rendement du dividende: 1,05%