Depuis la publication du rapport annuel le 28 février, l'action du groupe belge de dragage et de construction CFE a progressé de 30%. Des résultats supérieurs aux prévisions et d'excellentes perspectives expliquent ce rebond. Le chiffre d'affaires (CA) de DEME, le pilier du groupe, a pourtant reculé sur une base annuelle de 13,5%, à 1,98 milliard d'euros. Après six mois, le repli atteignait encore 31,5%, à 802,1 millions d'euros. On note donc clairement une amélioration au second semestre (CA : +3,8%). En outre, la base de comparaison est négative par rapport à l'année record 2015 en raison de la contribution exceptionnelle, à l'époque, du projet d'élargissement du canal de Suez en Égypte. Notons toutefois, et c'est plus important encore, le cash-flow op...

Depuis la publication du rapport annuel le 28 février, l'action du groupe belge de dragage et de construction CFE a progressé de 30%. Des résultats supérieurs aux prévisions et d'excellentes perspectives expliquent ce rebond. Le chiffre d'affaires (CA) de DEME, le pilier du groupe, a pourtant reculé sur une base annuelle de 13,5%, à 1,98 milliard d'euros. Après six mois, le repli atteignait encore 31,5%, à 802,1 millions d'euros. On note donc clairement une amélioration au second semestre (CA : +3,8%). En outre, la base de comparaison est négative par rapport à l'année record 2015 en raison de la contribution exceptionnelle, à l'époque, du projet d'élargissement du canal de Suez en Égypte. Notons toutefois, et c'est plus important encore, le cash-flow opérationnel (EBITDA) nettement supérieur aux prévisions, qui s'est tassé de seulement 8,5%, à 447,4 millions d'euros. Ce qui se traduit par une amélioration de la marge d'EBITDA de 21,4 à 22,6%. Début 2016, CFE prévoyait encore une érosion de cette marge. Le bénéfice net a reculé pour sa part de 22,8%, à 155,4 millions d'euros (+27,6%, à 101,3 millions d'euros au second semestre). La dette financière nette s'est allégée de 266,7 à 154,6 millions d'euros, en conséquence du report de paiements anticipés pour environ 100 millions d'euros sur les six navires en construction (investissement total de 500 millions d'euros), qui seront livrés progressivement à partir de 2017. Récemment, CFE a commandé deux navires supplémentaires (valeur totale, 500 millions d'euros également), qui seront livrés en 2019. Dans le pôle DEME, on est très confiant, d'autant plus que le carnet de commandes s'est accru l'an dernier de 19,3%, à une valeur record de 3,8 milliards d'euros. Et deux importants projets, d'une valeur de 750 millions d'euros, n'y sont pas encore intégrés - le parc éolien de Hohe See en Mer du Nord allemande et le tunnel immergé Fehmarnbelt Fixed Link, long de 18 kilomètres, qui reliera le Danemark à l'Allemagne. Le CA du pôle Contracting a progressé de 7,7%, à 770,5 millions d'euros, tandis que le bénéfice opérationnel (EBIT) s'est accru de 166,7%, à 20 millions d'euros. La marge d'EBIT s'est améliorée de 160 points de base, à 2,6% (3,4% au second semestre). Le pôle Construction, surtout, y a contribué grâce à l'amélioration de l'efficacité opérationnelle et une plus grande sélectivité dans les projets. Le carnet de commandes a renoué avec la croissance pour la première fois : de 836,3 millions d'euros fin 2015 à 850,5 millions fin 2016 (+1,7% ; 739 millions fin juin). Au niveau du groupe, on note un recul du CA de 13,7%, à 2,8 milliards d'euros, un repli de l'EBITDA de 7,7%, à 465,9 millions d'euros (amélioration de la marge d'EBITDA de 15,6 à 16,7%) et une baisse du bénéfice de 3,8%, à 168,4 millions d'euros, ou de 6,91 à 6,65 euros par action. Le dividende brut a été relevé en 2016 de 2 à 2,4 euros par action, mais est à présent abaissé à 2,15 euros. Pour cette année, CFE anticipe une sensible augmentation du CA de DEME, en direction des 2,5 milliards d'euros ou +25%, mais à EBITDA constant, et une évolution toujours positive du pôle Contracting. La valorisation de l'action CFE a beaucoup augmenté du fait de la nette augmentation de cours depuis la publication des chiffres annuels. À 20,6 fois le bénéfice attendu pour 2017 et une valeur d'entreprise (EV) de 7,2 fois le cash-flow opérationnel escompté pour 2017, l'action présente toutefois encore une valorisation acceptable sur la base des perspectives enthousiasmantes à long terme de DEME. Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2BDevise : euro (EUR)Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 3,25 milliards EURC/B 2016 : 19,3C/B attendu 2017 : 20,7Perf. cours sur 12 mois : +50 %Perf. cours depuis le 01/01 : +23 %Rendement du dividende : 1,7 %