13,85 USD - 5B Participer à l'offre/vendre
...

13,85 USD - 5B Participer à l'offre/vendreLa messe est dite : le fabricant d'ordinateurs Dell vit ses derniers jours en Bourse. L'entreprise fondée en 1984 par Michael Dell aura ainsi brillé sur les tables de cotation pendant environ un quart de siècle. Un communiqué de presse publié jeudi dernier par Dell révélait en effet qu'une majorité d'actionnaires s'étaient rangés derrière la proposition d'acquisition du directeur Michael Dell et de son partenaire financier Silver Lake. Le résultat du vote n'a pas surpris dans la mesure où l'actionnaire activiste Carl Icahn avait jeté le gant en début de semaine. Icahn est cependant parvenu à convaincre Dell et Silver Lake de revoir (légèrement) à la hausse l'offre initiale. En échange, Dell a cependant obtenu qu'on ne tienne compte que des suffrages exprimés. Dans la proposition initiale, les actionnaires qui ne votaient pas étaient supposés être opposés à l'offre. Depuis cette modification du mode de scrutin, il était acquis ou presque que la proposition de Dell s'imposerait. Les perdants, comme Icahn, n'ont cependant pas à se plaindre : la transaction va en effet leur rapporter un joli petit pactole. Outre les 13,75 USD en liquide, les actionnaires existants percevront un dividende extraordinaire de 13 centimes de dollar par action, ce qui porte le prix total de l'acquisition à 13,88 USD. La transaction atteint ainsi une valeur totale de 24,9 milliards USD. De plus, le dividende du trimestre en cours (8 centimes par action) sera distribué. Avec son groupe d'investisseurs, Michael Dell peut à présent mener la société à sa guise, sans les difficultés liées à la présence d'actionnaires publics et la pression que font peser les rapports trimestriels. Ainsi le groupe n'aura-t-il plus à se soucier des marges et pourra se lancer pleinement dans une guerre des prix. Un retour en Bourse n'est d'ailleurs pas exclu à terme. Comme tous ses concurrents ou presque, Dell est en difficulté sur le marché du PC. Le trimestre qui s'est clôturé en juillet était le septième d'affilée à s'être soldé par un bénéfice inférieur à celui enregistré durant la même période, un an plus tôt. L'entreprise américaine, qui a connu sa période de gloire dans les années 90, a jadis été le premier producteur de PC au monde. Aujourd'hui, elle est devancée par Hewlett-Packard et Lenovo. Dell s'est cependant montrée remarquablement performante sur le marché des serveurs ces derniers mois. Selon les chiffres de l'agence d'étude de marché IDC, ses ventes de serveurs auraient augmenté de 4,8% au 2e trimestre sur un marché global en contraction. Un résultat à mettre au crédit de l'excellente position du groupe dans le segment des serveurs compacts et peu gourmands en électricité utilisés dans les grands centres de données. En tant qu'entreprise privée, le groupe investira surtout dans les services (cloud computing), les logiciels et la sécurité, tout en cherchant à consolider sa présence sur les marchés émergents. Dell prévoit une période de transition de trois à cinq ans avant que la nouvelle stratégie porte ses fruits. Nous n'attendons donc pas de retour en Bourse avant cette échéance.Une majorité d'actionnaires a préféré la sécurité (le cash) à un avenir incertain pour l'entreprise. La recapitalisation proposée par Icahn n'offrait aucune garantie de succès, une impression encore renforcée par l'absence de plan concret pour l'avenir de l'entreprise. On pourrait gloser à l'infini sur le prix proposé par Michael Dell et Silver Lake, mais il est un fait que l'action a gagné 30% depuis l'émission de l'offre, et il est loin d'être certain que Dell aurait pu afficher un tel rendement sur la base de ses seuls résultats. La transaction devrait être finalisée pour la fin du trimestre fiscal en cours (fin octobre) et Dell disparaîtra alors des tables de cotation après 25 ans de présence en Bourse. Pour les investisseurs qui possèdent encore l'action, il n'y a plus d'autre choix que d'accepter l'offre (5B).