13,45 USD - 5b ↓
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13,45 USD - 5b ↓ Le sort de Dell comme entreprise cotée en Bourse sera bientôt scellé. Le 18 juillet, les actionnaires sont invités à se prononcer en assemblée générale extraordinaire sur les deux positions actuellement sur la table. Michael Dell, qui a créé l'entreprise en 1984 avant de disparaître quelques années de la scène pour reprendre le rôle de CEO en 2007, offre 24,4 milliards USD pour l'entreprise avec le groupe d'investissements Silver Lake Management. Il s'agit d'un leveraged buy-out, c'est-à-dire que les actionnaires existants voient leurs parts rachetées avec de l'argent emprunté. Les deux partenaires profitent donc des taux d'intérêt historiquement bas. L'offre correspond à 13,65 USD par action. C'est 25% de plus qu'avant la publication de l'offre à la mi-janvier, mais 27% en deçà du cours moyen de 2012. Michael Dell, qui possède lui-même 15,6% des actions (sans droit de vote d'ailleurs), veut transformer le groupe en une entreprise privée et continuer à le développer à l'abri de l'ingérence des actionnaires publics. Dell continue de croire dans le marché du PC et les services annexes (stockage, logiciels) et veut se concentrer sur les marchés émergents. On s'attend à ce qu'une fois sortie de la Bourse, Dell tente de reconquérir des parts de marché en utilisant le prix comme principal argument. En tant qu'entreprise non cotée en Bourse, le groupe ne subira pas la pression d'actionnaires soucieux de préserver les marges à niveau. La tâche de Michael Dell ne sera cependant pas aisée. Il sera en effet aux prises avec l'actionnaire activiste Carl Icahn, qui, avec son partenaire Southeastern Asset Management, possède près de 13% des actions. Icahn offre 12 USD par action. La principale différence est cependant que s'il obtient gain de cause, l'action restera cotée en Bourse. Icahn promet aux actionnaires un dividende élevé et la possibilité de profiter d'un nouvel essor du groupe. Le conseil d'administration de Dell recommande formellement l'offre du fondateur. Un troisième candidat s'était déclaré dans un premier temps, mais le groupe d'investissement Blackstone, qui avait émis une offre provisoire à 14,25 USD par action, a décidé de se retirer de la course en avril. Les actionnaires particuliers ne joueront qu'un rôle secondaire dans les débats. Outre Michael Dell, Carl Icahn et leurs partenaires respectifs, la plupart des actions sont en effet la propriété de fonds indiciels, de fonds de placement et d'ETF. De leur préférence dépendra la direction dans laquelle la balance finira par pencher. Les chances du camp Dell ont en tout cas augmenté depuis la publication des résultats trimestriels le mois dernier. Au cours de ces trois mois qui se sont clôturés début mai, le chiffre d'affaires a baissé de 2,4% sur base annuelle à 14,1 milliards USD. Un résultat certes meilleur que prévu, mais acquis aux dépens de la rentabilité. Le bénéfice net a ainsi plongé de 80% à 130 millions USD, et le bénéfice ajusté par action a diminué de moitié à 0,21 USD. Les ventes de la division PC ont reculé de 9% à 8,9 milliards USD, et le bénéfice opérationnel s'est effondré de 65% pour atteindre 224 millions USD. Icahn accuse Dell de présenter délibérément la situation sous le jour le plus négatif possible pour convaincre les actionnaires d'accéder à son offre. Les investisseurs préféreront-ils "un tiens" (offre de Michael Dell) à "deux tu l'auras" (offre de Carl Icahn) ? Le plan qui prévoit le maintien de la cotation en Bourse est potentiellement plus lucratif pour les actionnaires, mais aussi plus risqué. Les fonds qui détiennent une participation dans Dell devront en tout cas annoncer la couleur lors de l'assemblée générale extraordinaire. Un échec de l'offre de Michael Dell déclencherait un regain d'incertitude. Dans ce cas, un décrochage de l'action n'est pas inimaginable. Le cours actuel fluctue autour du prix proposé. Ceux qui préfèrent la sécurité ne doivent pas attendre le résultat du 18 juillet et peuvent déjà "vendre" l'action en Bourse (5B).A VENDRE