Ces derniers mois, le relooking réussi des activités américaines, la vigueur du dollar et le redressement économique américain ont profité largement à Delhaize. Son action a en conséquence été soutenue au point que la situation difficile en Belgique a été presque reléguée au second plan. Delhaize produit, il est vrai, trois quarts de son bénéfice opérationnel aux USA. Or le chiffre d'affaires (CA) et les résultats temporaires du 4etrimestre ont confirmé le revirement de tendance outre-Atlantique. Le CA comparable y a progressé pour le 8etrimestre consécutif et le CA enregistré s'est même accru de 12,1%, grâce également à la contribution d'une 53esemaine. A intervalles rég...

Ces derniers mois, le relooking réussi des activités américaines, la vigueur du dollar et le redressement économique américain ont profité largement à Delhaize. Son action a en conséquence été soutenue au point que la situation difficile en Belgique a été presque reléguée au second plan. Delhaize produit, il est vrai, trois quarts de son bénéfice opérationnel aux USA. Or le chiffre d'affaires (CA) et les résultats temporaires du 4etrimestre ont confirmé le revirement de tendance outre-Atlantique. Le CA comparable y a progressé pour le 8etrimestre consécutif et le CA enregistré s'est même accru de 12,1%, grâce également à la contribution d'une 53esemaine. A intervalles réguliers, les distributeurs doivent en effet inclure une 53esemaine dans leurs comptes pour coïncider avec l'année calendrier. Cette semaine supplémentaire a fourni à Delhaize 300 millions EUR de CA et 25 millions EUR de bénéfice. Mais pour juger précisément l'évolution de Delhaize, il convient de ne pas tenir compte de cette 53esemaine. La hausse comparable du CA est ressortie à un appréciable 3,6%, exprimé en dollar (USD), résultat d'une conjugaison d'inflation positive et de croissance des volumes chez Food Lion et Hannaford. Le positionnement du groupe sur des produits "frais, faciles et abordables" porte manifestement ses fruits, soutenu par la confiance des consommateurs américains, qui est à son plus haut niveau des sept dernières années. Exprimé en euro (EUR), le CA américain comparable a même connu une progression de 12%. N'oublions pas à ce titre qu'au 4etrimestre de l'an dernier, le taux de change moyen s'établissait encore à 1,24 USD pour 1 EUR. Depuis lors, nous sommes revenus à 1,13 USD, ce qui lui procure un "bonus" supplémentaire de 10% sur les résultats américains transposés en euro. Hors Etats-Unis, le groupe a moins de chance, cependant. Compte tenu des grèves dans les points de vente belges et de la déflation commerciale, ainsi que de la concurrence vive, le CA comparable a reculé chez nous de 6,9%. Et le marché s'attendait à pire... En Serbie et en Grèce, le CA a reculé de 2,2%. Ce qui donne lieu, pour le groupe dans son ensemble, à une hausse du CA comparable de 1,3% au 4etrimestre et de 6,4% exprimée en EUR. Non seulement le CA au Q4 est supérieur aux prévisions, mais les investisseurs ont apprécié les perspectives de bénéfice favorables et la production de cash-flows solides. La direction évoque une marge opérationnelle sous-jacente relativement stable chez Delhaize America, ce qui est mieux que prévu. Cette stabilisation de la marge s'est traduite, sur 2014, par un bénéfice opérationnel sous-jacent (EBIT) de 739 millions EUR, sans compter la 53esemaine, et un cash-flow libre de 585 millions EUR (ou près de 6 EUR par action). C'est d'emblée une première indication que l'action n'est pas encore survalorisée. Un rapport cours/bénéfice de 16 et une valeur d'entreprise de 6 fois le cash-flow opérationnel (EBITDA) sont une autre indication que la valorisation est honnête.ConclusionCompte tenu de la forte hausse des dernières semaines, une pause, voire une correction ne serait pas illogique. Cela dit, la hausse est une réaction à la stratégie plus efficace et plus rentable, et a dès lors seulement effacé la décote. L'action peut poursuivre sur son élan, soutenue par ses prestations aux USA et la vigueur du dollar.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B