La forte hausse du dollar (USD), notamment face à l'euro (EUR), profite évidemment aux sociétés européennes qui réalisent une importante part de leur chiffre d'affaires (CA) en USD, comme c'est le cas de Delhaize. Le groupe de vente au détail réalise environ deux tiers de son CA en dollar, ce qui implique que chaque hausse du billet vert de 10% par rapport à l'euro se traduit par une augmentation du bénéfice par action (en EUR) d'environ 6%. Parallèlement, Delhaize oeuvre à l'amélioration de ses propres performances. Aux USA, le groupe est nettement plus avancé dans l'exercice, alors qu'en Belgique il vient de commencer à ...

La forte hausse du dollar (USD), notamment face à l'euro (EUR), profite évidemment aux sociétés européennes qui réalisent une importante part de leur chiffre d'affaires (CA) en USD, comme c'est le cas de Delhaize. Le groupe de vente au détail réalise environ deux tiers de son CA en dollar, ce qui implique que chaque hausse du billet vert de 10% par rapport à l'euro se traduit par une augmentation du bénéfice par action (en EUR) d'environ 6%. Parallèlement, Delhaize oeuvre à l'amélioration de ses propres performances. Aux USA, le groupe est nettement plus avancé dans l'exercice, alors qu'en Belgique il vient de commencer à rafraîchir ses points de vente, ce qui devenait urgent. En fin de compte, ses résultats semestriels sont supérieurs aux prévisions, même si la marge sous-jacente est encore sous pression et que le bénéfice opérationnel a en conséquence baissé de 11% à taux de change constants. Aux Etats-Unis, le repositionnement et les investissements dans les prix de Food Lion portent leurs fruits. Le CA comparable est en hausse depuis déjà 7 trimestres consécutifs, même si les ventes par mètre carré sont encore en retrait par rapport à celles de la concurrence. Food Lion souhaite en conséquence investir dans le concept du "simple, frais et abordable" pour réduire ce fossé. Les importants investissements dans les prix sont derrière nous, ce qui a permis déjà une légère amélioration de la marge sous-jacente au 1er semestre 2014. Entretemps, le redressement de l'économie américaine promet à Delhaize une poursuite de l'embellie de ses activités outre-Atlantique pendant les prochains trimestres. En Belgique, le chiffre d'affaires et la marge sous-jacente sont encore sous pression en raison de la concurrence vive, du handicap de coûts qui caractérise Delhaize et de la baisse de ses parts de marché. La direction a annoncé au printemps un important programme de transformation, prévoyant le licenciement de 2500 salariés et la fermeture de 14 antennes moins rentables. Les tensions sociales peuvent peser sur les résultats cet automne. En Europe du Sud-est, le groupe a pu accroître ses parts de marché en Grèce, en Roumanie et en Serbie, ce qui s'est traduit par une croissance du CA comparable de 5,3%. En Serbie, la tendance baissière des ventes a pu être interrompue mais Delhaize a encore opéré une dépréciation de valeur sur les enseignes à hauteur de 150 millions EUR, conséquence de l'affaiblissement de l'économie serbe. Grâce à ses cash-flows élevés, Delhaize allège très rapidement sa dette. La direction conserve quelques liquidités sous le coude pour financer d'éventuels investissements dans la stratégie de Food Lion. Mais si l'amélioration des ventes se poursuit aux USA, un rachat d'actions propres ou une augmentation du dividende est possible dans un avenir proche.ConclusionMalgré le rebond de cours, Delhaize capitalise toujours 12 fois le bénéfice sous-jacent, avec une sérieuse réduction par rapport à ses concurrents. Alors que la société a un programme clair pour compenser ce retard. Les cash-flows importants permettent de rémunérer les actionnaires.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B