Compte tenu, d'une part, de la hausse ultérieure de son chiffre d'affaires (CA) aux USA et d'autre part, d'un nouvel avertissement sur bénéfice en Belgique, la présentation des résultats annuels 2013 du groupe de distribution a reçu un accueil mitigé. Les investisseurs s'inquiètent de la pression sur les marges de Delhaize Belgique. La marge opérationnelle sous-jacente s'est encore tassée, à 3,9%, et au 4e trimestre, malgré les bonnes ventes de fin d'année, elle s'est établie à un maigre 3,8%. L'entreprise ne compte cependant pas rester les bras croisés. La concurrence demeure féroce en Belgique, ce qui la contraint à abaisser les prix et à lancer des campagnes promotionnelles. En outre, Delhaize renforce son assortiment...

Compte tenu, d'une part, de la hausse ultérieure de son chiffre d'affaires (CA) aux USA et d'autre part, d'un nouvel avertissement sur bénéfice en Belgique, la présentation des résultats annuels 2013 du groupe de distribution a reçu un accueil mitigé. Les investisseurs s'inquiètent de la pression sur les marges de Delhaize Belgique. La marge opérationnelle sous-jacente s'est encore tassée, à 3,9%, et au 4e trimestre, malgré les bonnes ventes de fin d'année, elle s'est établie à un maigre 3,8%. L'entreprise ne compte cependant pas rester les bras croisés. La concurrence demeure féroce en Belgique, ce qui la contraint à abaisser les prix et à lancer des campagnes promotionnelles. En outre, Delhaize renforce son assortiment de manière à se distinguer de la concurrence. Ces deux facteurs devraient avoir des retombées surtout au 1er trimestre de cette année. L'an dernier, Delhaize Belgique a représenté environ un quart du bénéfice opérationnel sous-jacent du groupe. Celui-ci accorde une moins grande attention aux activités en Europe du Sud-Est, mais dans cette région, on note une hausse de la marge et du CA. Conséquence : le bénéfice opérationnel sous-jacent a connu une progression de 9% l'an dernier, à 114 millions EUR. Au 4e trimestre, le bénéfice en Europe du Sud-Est fut presque identique à celui réalisé en Belgique, grâce à une croissance des volumes en Grèce et à une expansion en Roumanie. Cela dit, les chiffres de Delhaize dépendent étroitement des Etats-Unis, où il réalise deux tiers de son bénéfice. Outre-Atlantique, la marge sous-jacente s'est également érodée largement ces dernières années, à 3% à peine au 4etrimestre de l'an dernier, ce qui est légèrement inférieur aux prévisions. Toutefois, les investisseurs apprécient la hausse, depuis quelques trimestres, du CA de Delhaize America, résultat d'un repositionnement opportun de Food Lion. Au 4etrimestre 2013, les ventes ont progressé de 2,3%, bien que le niveau de prix moyen ait reculé de 0,4%. La direction fait entretemps mention de "tendances de ventes très solides" depuis le début de cette année, ce qui était déjà partiellement attribuable à l'hiver rigoureux. Delhaize entend consolider ce succès en profilant encore davantage les points de vente Food Lion, qui sont souvent très bien positionnés, comme des magasins de proximité attrayants autour du concept "Simple, frais et abordable". Delhaize projette également de continuer à investir dans Hannaford, dans des prix plus bas et une expansion plus rapide. Le budget d'investissements pour cette année a été relevé à 652 millions EUR, ce qui écrémera les cash-flows, certes abondants. La direction n'a plus avancé de chiffres, mais le bénéfice opérationnel sous-jacent pourrait atterrir cette année autour de 750 millions EUR, soit environ la même chose que l'an dernier. Pour y parvenir, Delhaize devra s'attarder sur plusieurs aspects stratégiques cette année. L'abaissement des coûts, notamment, à plus forte raison parce que la concurrence entre distributeurs ne devrait pas s'apaiser de sitôt. La discipline par rapport aux capitaux demeure cependant heureusement l'alfa et l'oméga de la nouvelle stratégie.ConclusionL'avertissement sur bénéfice pour Delhaize Belgique et la déception liée aux marges aux Etats-Unis se sont traduites par plusieurs corrections de cours. Ces accès de faiblesse constituent des opportunités d'entrée, car le titre s'échange actuellement à environ 12 fois le bénéfice et la valeur d'entreprise (EV), qui représente moins de 5 fois le cash-flow opérationnel (EBITDA). Autrement dit, la valeur est encore très intéressante.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B