Fondé en 1837 par John Deere, un forgeron américain qui avait développé une charrue spéciale puis lancé sa production de masse, le numéro un mondial du secteur des machines agricoles a présenté mi-février les résultats du premier trimestre de son exercice 2018-2019, entamé le 31 octobre dernier. Les agriculteurs américains s'inquiètent de plus en plus du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine et de son impact sur les exportations de produits agricoles. La hausse des ventes consécutives au renouvellement de parcs de tracteurs risque donc de s'interrompre cette année. Au trimestre écoulé, quelque 60% du chiffre d'affaires (CA) de Deere provenait des activités agricoles, et 40% des matériels forestiers et de travaux publics. Le groupe c...

Fondé en 1837 par John Deere, un forgeron américain qui avait développé une charrue spéciale puis lancé sa production de masse, le numéro un mondial du secteur des machines agricoles a présenté mi-février les résultats du premier trimestre de son exercice 2018-2019, entamé le 31 octobre dernier. Les agriculteurs américains s'inquiètent de plus en plus du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine et de son impact sur les exportations de produits agricoles. La hausse des ventes consécutives au renouvellement de parcs de tracteurs risque donc de s'interrompre cette année. Au trimestre écoulé, quelque 60% du chiffre d'affaires (CA) de Deere provenait des activités agricoles, et 40% des matériels forestiers et de travaux publics. Le groupe compte aussi un pôle financier axé principalement sur la location et la location-bail de machines agricoles. La part des activités agricoles diminue depuis le rachat de l'allemand Wirtgen Group (spécialisé dans les matériels routiers et la préparation du bitume) la plus coûteuse acquisition de l'histoire du groupe, mais qui a permis à Deere de réduire sa dépendance à un secteur agricole très cyclique. Au premier trimestre, le CA a augmenté de 15% (dont 11% attribuables à Wirtgen Group), à 7,98 milliards de dollars, contre 6,91 milliards de dollars sur la période novembre 2017-janvier 2018. Cette évolution correspond au consensus. Le résultat d'exploitation (Ebit) est mitigé: globalement, sa progression est bien plus nette que celle du CA (+21%, à 769 millions de dollars, contre 636 millions de dollars sur le premier trimestre 2017-2018). Mais le bénéfice d'exploitation des activités agricoles "pures" a baissé de 10% du fait de l'envolée des cours des matières premières (acier notamment) et des coûts de transport. En revanche, Wirtgen se révèle être un bon investissement, puisque sa rentabilité est supérieure à la moyenne du groupe. Le bénéfice ajusté par action (BPA) s'élevait à 1,54 dollar, contre 1,35 dollar au premier trimestre de l'exercice 2017-2018. Les analystes tablaient toutefois sur 1,75 dollar. Cela faisait deux ans (premier trimestre 2016-2017) que Deere n'avait plus aussi largement manqué le consensus. Le cours de l'action Deere a reculé à l'annonce des chiffres, mais aussi du fait des incertitudes suscitées par le conflit commercial sino-américain, qui ont éclipsé le rapport favorable publié il y a peu par Transparency Market Research, estimant que le marché des tracteurs dépasserait les 100 milliards de dollars en 2026 - soit une croissance moyenne annuelle de 4%. Malgré un premier trimestre décevant, la direction table toujours sur une hausse de 7% du CA et un bénéfice de 3,6 milliards de dollars pour l'exercice en cours. Sur cette base, les analystes attendent pour 2018-2019 en cours un CA de 36 milliards de dollars (contre 33,4 milliards de dollars à l'exercice précédent) et un BPA de 11,25 dollars (contre 9,39 dollars en 2017-2018, un record qui était venu surplanter le précédent établi en 2012-2013, à 9,09 dollars). Les analystes attendent un exercice record pour Deere. Or, l'action avait déjà atteint un plafond en février 2018 et reste en dessous depuis près d'un an. Nous pensons que l'excellent parcours de ces dernières années (le cours est passé de 80 à 175 dollars en deux ans) ne se répétera pas. A un rapport cours/bénéfice attendu de 14,5 et avec une valeur d'entreprise correspondant à 11 fois l'Ebitda, la valorisation de l'action semble juste - d'où notre conseil neutre.Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 164,86 dollarsTicker: DE USCode ISIN: US2441991054Marché: NYSECapit. boursière: 52,7 milliards USDC/B 2018: 17C/B attendu 2019: 14,5Perf. cours sur 12 mois : -1%Perf. cours depuis le 01.01: +10%Rendement du dividende: 1,8%