Deceuninck est de ces titres qui enregistrent cette année la plus forte hausse (+80% environ) sur Euronext Bruxelles. Ce qui, compte tenu de la nette croissance réalisée au premier semestre, est parfaitement justifié. Il a fallu attendre des changements sur le marché pour que les qualités de la direction se reflètent enfin dans la valorisation. Le Pacte vert pour l'Europe, en vertu duquel des fonds vont être massivement libérés pour la rénovation des bâtiments publics et privés, est une de ces mutations, qui soutiendra de surcroît le chiffre d'affaires (CA) et le bénéfice des prochaines années.
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Deceuninck est de ces titres qui enregistrent cette année la plus forte hausse (+80% environ) sur Euronext Bruxelles. Ce qui, compte tenu de la nette croissance réalisée au premier semestre, est parfaitement justifié. Il a fallu attendre des changements sur le marché pour que les qualités de la direction se reflètent enfin dans la valorisation. Le Pacte vert pour l'Europe, en vertu duquel des fonds vont être massivement libérés pour la rénovation des bâtiments publics et privés, est une de ces mutations, qui soutiendra de surcroît le chiffre d'affaires (CA) et le bénéfice des prochaines années. Deceuninck a achevé le premier semestre sur un CA de 404 millions d'euros, en hausse de 39,8% par rapport à un an plus tôt, mais aussi de près de 30% par rapport à deux ans plus tôt. Les analystes avaient misé sur la moitié de cette progression à peine. Le groupe doit ce résultat à l'extrême vigueur du marché de la construction résidentielle et à l'intégration, pour l'instant partielle, de la hausse des cours des matières premières. Traditionnellement à la traîne, l'Europe affiche cette fois une progression de 36,7% (de 147 à 200,9 millions d'euros) de son CA. En termes relatifs toutefois, c'est à la Turquie et aux marchés émergents que Deceuninck doit l'avancée la plus marquée (+64,3%, à 112,3 millions d'euros). Après avoir mené le jeu pendant plusieurs années, l'Amérique du Nord ferme la marche (+22,8%, à 90,7 millions d'euros). A la mi-août, Deceuninck a révélé les répercussions de l'évolution du CA sur le bénéfice. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) ajusté est passé de 27,8 millions d'euros au premier semestre de 2020 à 51 millions un an plus tard (+83,4%). Plus impressionnant encore: il était de 30,2 millions d'euros au terme du premier semestre de 2019. La marge d'Ebitda (Ebitda/CA) a augmenté de 9,6% à 12,6% en glissement annuel. Il s'agit de la marge la plus élevée depuis 2015, abstraction faite de celles des six premiers mois de 2020 (14,4%) et de l'ensemble de l'exercice 2020 (13,4%). C'est en Amérique du Nord, où la situation sur le marché de l'emploi est très tendue, que l'accélération de la marge d'Ebitda est la plus lente. L'Ebitda le plus élevé jamais enregistré par Deceuninck s'élève à 93 millions d'euros; Francis Van Eeckhout, le CEO et actionnaire de référence de l'entreprise belge, a laissé entendre qu'il serait très déçu si ce record n'était pas battu cette année. Il faudra en revanche patienter avant d'atteindre les 15% de marge d'Ebitda visés. Le bénéfice net s'établit à 20,6 millions d'euros (0,15 euro par action), à comparer avec la perte nette de 3,4 millions du premier semestre de 2020 et celle de 1,2 million du premier semestre de 2019. La dette financière nette a par conséquent pu être allégée, de 118,4 millions d'euros au 30 juin 2020 à 97 millions d'euros fin juin 2021, et le rapport dette financière nette/Ebitda (ajusté), passer de 2 à 0,9. Depuis la réintégration de Deceuninck dans le portefeuille modèle fin octobre, le cours a été multiplié par près de 150%. Le marché est extrêmement propice, mais il n'est pas certain qu'une marge record puisse être atteinte cette année. A plus de 15 fois le bénéfice, à 1,5 fois la valeur comptable et à un rapport valeur de l'entreprise (EV)/Ebitda de 7 escomptés pour 2021, l'action est correctement valorisée. A terme, son cours pourrait atteindre 4 euros, voire plus. Dans l'immédiat toutefois, nous abaissons (temporairement) notre conseil et prenons une partie de nos bénéfices. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 3,71 eurosTicker: DECB BBCode ISIN: BE0003789063Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 495,1 millions EURC/B 2020: - C/B attendu 2021: 15Perf. cours sur 12 mois: +141%Perf. cours depuis le 01/01: +82%Rendement du dividende: 1,4%